Portrait

Louis Maurin : Les inégalités au cœur

En 2003, il créait l’Observatoire des inégalités pour transcrire en données chiffrées ces fameuses inégalités dont on parle tout le temps mais qu’il n’est pas toujours facile de mesurer et quantifier. En juin dernier, il publiait le Rapport sur les Riches en France, une première dans notre pays qui a eu un écho important. Mais malgré la médiatisation croissante de l’organisme qu’il a créé, Louis Maurin, plus observateur que m’as-tu vu, cultive la discrétion...
Patrice Naour
1968 : Naissance à Rouen
1989 : diplômé de Sciences Po
1994 : débuts au magazine Alternatives Économiques

Nul n’est prophète en son pays » est un adage qui pourrait s’appliquer parfaitement à Louis Maurin. Connu et reconnu dans certaines sphères publiques sur le plan national pour les travaux menés par l’Observatoire des inégalités qu’il a créé en 2003, il est très peu visible sur la scène tourangelle. Et c’est pour cela que nous voulions le rencontrer, pour faire davantage connaissance avec ce journaliste de profession, né en Normandie il y a 54 ans, Tourangeau d’adoption depuis 1998 et qui ne se pousse pas du col malgré la notoriété croissante de l’Observatoire des inégalités qu’il a créé en 2003 avec le philosophe Patrick Savidan. « L’idée est née à la suite de l’élection présidentielle de 2002 qui avait vu Jean-Marie Le Pen arriver au second tour, raconte-t-il. C’était un véritable séisme pour la France et nous avons pensé qu’il manquait un lieu pour analyser les inégalités. Des dizaines d’instituts produisent des chiffres et statistiques sur tout mais rien n’existait sur les inégalités, alors que nous avions la conviction qu’elles étaient à l’origine de ce séisme ou qu’elles pouvaient l’éclairer. C’est pour combler ce vide que nous avons décidé de créer l’Observatoire des inégalités… Si, quand nous l’avons lancé, on m’aurait dit que nous en serions là aujourd’hui, et même que nous serions encore là, je ne l’aurais pas cru… » Et pourtant, 17 ans après sa création, non seulement l’Observatoire des inégalités est toujours là et bien là, mais il est devenu un centre de production de données qui font référence au plan national et chacune de ses publications reçoit un écho de plus en plus important à chaque fois. Comme ce Rapport sur les Riches en France paru en juin dernier qui n’est pas passé inaperçu. Ce dont se félicite Louis Maurin car « nous nous sommes assigné la mission de mettre à la disposition du plus grand nombre, les citoyens, les associations, les étudiants, les chercheurs, les journalistes, des données fiables et sourcées sur les inégalités pour que le maximum de personnes alors, quand une de nos publications rencontre un écho favorable, on ne peut que s’en féliciter, cela montre que notre travail est utile. Nous sommes satisfaits de distiller dans la société française des données importantes que trop peu de gens connaissent mais qui sont indispensables pour appréhender notre pays… »

Une équipe de 5 salariés aujourd’hui

Pas de posture idéologique ou de combat politique derrière tout ça, simplement la volonté d’informer, de documenter, de dresser un état des lieux de la société française. « Nos valeurs sont juste celles de la République et si on laisse les inégalités se creuser, c’est notre société, notre démocratie qui seront en danger… » D’où l’importance de bien les appréhender et de suivre leur évolution au sein de la société française. Pour ce faire, l’Observatoire des inégalités peut aujourd’hui compter sur une équipe de 5 salariés mais aussi sur les bénévoles et donateurs qui apportent leur soutien à l’association dont les revenus proviennent quasi exclusivement des dons et financements participatifs ainsi que du produit des ventes des publications. Quand il n’a pas la tête aux inégalités, Louis Maurin s’est longtemps occupé de sa famille et de ses trois enfants. Aujourd’hui ils ont grandi – le plus jeune a 18 ans – et il a davantage de temps à consacrer à la course à pied et aux joies du marathon qu’il a découvert sur le tard et qu’il a hâte de retrouver dès que la situation sanitaire le permettra. « J’en ai fait trois seulement mais j’adore la course à pied, nous avons un cadre de vie unique ici et j’apprécie de courir sur les bords de Loire qui est vraiment un cadre magique » s’enthousiasme celui qui, arrivé en Touraine il y a 22 ans pour accompagner sa femme, nommée à l’université François Rabelais, ne l’a plus quittée. Il s’est parfaitement accommodé de la douceur de vivre tourangelle, discret observateur de la société française qu’il est…

Pour découvrir les publications et apporter votre soutien à l’Observatoire : www.inegalites.fr

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