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4 M€ en plus pour CO’Met
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4 M€ en plus pour CO’Met

4 M€ en plus pour CO’Met

La semaine dernière, le conseil métropolitain a acté deux nouvelles rallonges budgétaires pour CO’Met. Pourtant, certains élus tentent de rassurer sur l’avenir de cet équipement et les bienfaits qu’il apporterait, déjà, au territoire…
Benjamin Vasset
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Les semaines passent, et CO’Met passe de plus en plus pour le fossoyeur des économies de la Métropole. C’est certes un peu réducteur, mais il est difficile, aujourd’hui, ne pas envisager ce grand équipement en fonction du prix qu’il va coûter à la collectivité : environ 150 M€, contre 120 prévus initialement. La semaine dernière, Charles-Éric Lemaignen, vice-président d’Orléans Métropole aux grands équipements, a expliqué publiquement qu’il allait falloir remettre 3,4 M€ supplémentaires au pot pour doter CO’Met d’équipements digitaux, de rideaux de jauge, d’une ambiance « noire salle », de friteries, de cuisines et… de toilettes pas prévues au programme initial. Des « éléments d’aménagement » qui font suite à la décision de la Métropole, à la fin de l’année 2020, de faire de la grande salle de CO’Met une salle de spectacles, et non plus exclusivement de sport. De tels « rajouts », qui paraissent aujourd’hui surprenants, renvoient à la façon dont ce dossier a été géré jusqu’à présent.

Serge Grouard ne se prive pas pour dire, en public, à quel point ce chantier et les coûts supplémentaires qu’il engendre l’agacent au plus haut point. « J’espère que l’on en a terminé aujourd’hui des négociations difficiles pour reprendre les insuffisances antérieures… » lance, acerbe, le maire d’Orléans, qui a visiblement son prédécesseur dans le viseur. Jean-Philippe Grand, candidat malheureux à la mairie d’Orléans en juin dernier, s’étouffe lui aussi devant ces nouveaux dépassements, rappelant qu’à l’époque de la prise de décision, il avait émis de lourdes réserves…même s’il avait voté pour. « Nous buvons aujourd’hui le calice jusqu’à la lie », soupire-t-il, avant de mettre lui aussi sur la table la question des responsabilités : « Nous ne pouvons pas être, aujourd’hui, dans la peau de ceux qui découvriraient cette situation ! »

Bouygues, ça passe mal

Les élus communistes de Saran montrent eux aussi les dents, à commencer par leur maire, Maryvonne Hautin, que cette nouvelle « laisse sans voix ». Son courroux est d’autant plus fort que la Métropole va également devoir lâcher 650 000 € à Bouygues, le maître d’œuvre du chantier, en raison de la suspension de celui-ci, l’an dernier, lors du premier confinement, entre le 17 mars et le 26 avril. Le groupe demandait au départ à son maître d’ouvrage 1,4 M€ de dédommagements ; étaient notamment compris, dans cette requête, des coûts liés « à la perte de productivité » et à l’allongement des délais, estimés par Bouygues à 827 000 €. Même si un « protocole transactionnel » a été acté entre les deux parties et permettra à la Métropole d’économiser environ 800 000 € dans ce dossier, les élus saranais s’étranglent du chèque fait au constructeur, dont ils rappellent qu’il est membre du « CAC 40 ». « A-t-on demandé à Bouygues combien d’argent il touchait du CICE, d’aides publiques en tout genre, et le montant des dividendes qu’il lâche à ses actionnaires ? » s’inquiète le conseiller communiste Matthieu Gallois.

Reste également la question de savoir si ces frais aujourd’hui engagés pour la livraison des bâtiments seront ou non les derniers, ou si d’autres avenants seront signés dans les mois qui viennent. Charles-Éric Lemaignen indique qu’il ne devrait plus y avoir de mauvaises surprises, alors que Serge Grouard souligne que la Métropole va devoir très sérieusement se pencher sur la question de l’accessibilité. « Si l’on a des soirs lors desquels deux-trois équipements de CO’Met fonctionnent en même temps, ce sera ingérable ! prévoit le maire d’Orléans. Il va falloir anticiper cette difficulté lourde. Mon sentiment personnel, c’est d’envisager des trémies sous le carrefour d’Auchan et du Zénith. » Au sein même de ses soutiens, cette solution ne semble toutefois pas, aujourd’hui, faire l’unanimité : d’une parce qu’elle serait probablement très coûteuse ; de deux parce qu’elle nécessiterait de bloquer la circulation de la ligne A du tram pendant au moins six mois, et de trois parce qu’un aménagement de ce type ne ferait, selon certains, que déplacer les problèmes de circulation un peu plus loin. Sur ce point de l’accessibilité, Charles-Éric Lemaignen dit pour sa part travailler « à un accès de CO’Met par la zone de la Chèvre-Noire dans les deux sens, nord-sud et sud-nord ».

Aimez le bébé !

Ne plus regarder CO’Met que par la lorgnette financière et par les difficultés qu’il engendre, c’est donc la petite musique qui monte en ce moment. Christophe Chaillou tente, lui, d’en jouer une autre, un peu plus guillerette. « Nous devons assumer CO’Met, nous l’approprier et le valoriser, insiste le président de la Métropole. Il faut essayer de se projeter dans quelques années. Cet équipement est évidemment coûteux, il nécessite un budget conséquent, mais regardez ce qu’il apporte dès à présent au territoire : il y a énormément d’entreprises locales qui travaillent sur le chantier ; ce sont 150 M€ qui viennent irriguer l’économie locale. » Matthieu Schlesinger, le maire d’Olivet, se montre moins catégorique : « La Fédération Régionale du Bâtiment me dit que le chantier ne bénéficie pas assez aux entreprises du territoire. Il faut demander le montant des sous-traitances à Bouygues. » Christophe Chaillou se dit « très surpris » par cette assertion et continue de défendre un équipement qui, avant même d’avoir montré son visage poupin (accouchement prévu pour juin 2022, ndlr), apparaît pour le moment mal né, ou tout du moins mal-aimé. 

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