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Des piques, des violettes et des pastèques

Des piques, des violettes et des pastèques

P.A
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Après des mois sans pluie, il tombait quelques gouttes sur la ferme de la Tuilerie lorsque débuta, samedi dernier, la Fête de la Violette, à La Marolle-en-Sologne. Frédéric Jaffré, agriculteur et maître des lieux, se disait : « bonne affaire, un député qui fait tomber la pluie qu’on attend, c’est inespéré ! On aurait dû programmer la rencontre dès le mois d’août ! »

Un seul objet à cette Fête de la Violette : le lancement de la campagne des régionales pour le mouvement LR, dont toutes les composantes étaient présentes. En effet, ce fut une démonstration bien orchestrée d’unité de façade de la classe politique de la maison républicaine régionale. De Serge Grouard à Philippe Briand (l’ancien président de l’agglo de Tours), les élus des villes de la région étaient venus adouber Guillaume Peltier. Pas de pointure nationale pour donner un peu de lustre et d’éclat médiatique à la fête, Jean-Louis Borloo, annoncé au préalable, ayant par malheur été en contact avec une personne positive.

Un trou de génération ?

Il manquait pourtant aussi un petit quelque chose pour que la fête masquée soit belle et convaincante. Ce petit rien, c’était la foule des militants des grands jours. Était-ce la menace de la pluie, la crainte de la Covid ou une volonté délibérée d’abstention ? L’assistance, moins nombreuse que l’annonçaient les réservations, était composée majoritairement de fidèles retraités et d’une frange de très jeunes militants.

Entre ces deux générations, un grand trou et une grande absente, la société civile : les chefs d’entreprise, les artisans, les représentants de la classe active brillaient par leur absence. Peu représentés également, les propriétaires de Sologne, ceux qui ont le pouvoir de faire ou surtout de défaire une élection. C’est donc devant une foule de nostalgiques que se sont exprimés les orateurs, applaudis quand ils évoquaient la mémoire de Chirac et de De Gaulle. Tous avaient pour mission de faire un tir de barrage contre « l’écologie d’extrême-gauche », l’écologie « pastèque, verte sur l’enveloppe, rouge à l’intérieur, sans compter les méchants pépins ».

Guillaume Peltier, lui, a décliné les grands classiques de la droite régionale. Un fonds de commerce bien sécuritaire, un peu d’écologie de droite, à savoir nucléaire et pesticides, une couche d’anti-islamisme convaincant, un zeste de populisme en direction des Gilets jaunes, la main sur le cœur et les verts comme têtes de Turcs. Pas grand-chose de nouveau dans le discours, si ce n’est qu’avant de briguer une candidature présidentielle, il lui faudra passer par une victoire sans bavure aux régionales. Le chemin bordé de violettes est encore long, mais La Marolle-en-Sologne fut une première étape sans anicroche.

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