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Ah, si j’étais ruche…

Ah, si j’étais ruche…

Alors que 2021 s’annonce comme une année noire pour les apiculteurs français, l’association de L’abeille olivetaine, présente dans le Loiret depuis plus de dix ans, continue d’assurer formations théorique et pratique.
Hugo De Tullio
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2 500 heures de bénévolat, plus de 130 membres, près de 700 ruches et 25 € d’adhésion annuelle… Voilà quelques chiffres qui résument l’activité de l’association de L’abeille olivetaine qui forme, pour le loisir, des apiculteurs depuis 2010. Son objectif ? « Créer et informer », selon son président Raphaël Willaert, qui s’occupe des abeilles depuis l’âge de 12 ans. Aujourd’hui, ce septuagénaire continue d’assurer les formations théoriques composées de six ou sept séances de deux heures et démarrant chaque année au mois de novembre. Y sont notamment enseignées l’identification des abeilles, l’apiculture, la législation, l’exploitation de la ruche et la commercialisation des produits. Actuellement, le groupe est composé de 40% de femmes, une tendance à la hausse par rapport aux années précédentes. La formation est complétée par une partie pratique, qui consiste à développer sa propre ruche ou à aider d’autres apiculteurs. Raphaël Willaert précise que cette phase d’apprentissage dure « le temps qu’on veut. Ça peut être un, deux, voire trois ans. » Les ruches sont mises à disposition par l’association et peuvent être installées au domicile de l’apiculteur en herbe, ou, si ce n’est pas faisable, sur un emplacement appartenant à L’abeille olivetaine. L’idée étant que l’apprenant devienne autonome sur le long terme. En parallèle, le collectif anime aussi des séances d’animation auprès des groupes scolaires au Parc floral, des parcs naturels du Loiret et des entreprises. 

Également technicien sanitaire apicole pour le compte de la Préfecture et du Groupe de Défense Sanitaire Centre pour les abeilles, Raphaël Willaert confirme que 2021 est la pire année de l’apiculture française depuis des décennies. « C’est l’année la plus curieuse que j’ai connue dans ma vie d’apiculteur, poursuit-il. Le début d’année a été très satisfaisant, puis il y a eu le gel d’une grande partie des acacias et des fruitiers, et la nourriture a disparu. » À cause de ces dérèglements climatiques, les abeilles ont dû déstocker et consommer, provoquant cet été une récolte quasi-nulle pour les apiculteurs : « 0% pour certains, de 10 à 20% pour d’autres », précise le président. 

Le monde à l’envers

Preuve que l’année a définitivement été inédite, Raphaël Willaert a dû… nourrir des ruches pour qu’elles puissent survivre au mois de mai : « les abeilles qui n’ont pas eu le soutien des apiculteurs ont disparu. C’est une situation paradoxale : normalement, c’est l’homme qui récupère un excédent de miel pour se nourrir… » Une situation « catastrophique » qui s’est vérifiée au sein de l’association, dans laquelle un très grand nombre de membres ont vu leur colonie souffrir de disette. Ces conditions météorologiques singulières ont tout de même eu un avantage : l’absence de frelon asiatique. « Vu qu’il faisait mauvais temps, il n’y avait pas d’insectes disponibles pour la nourriture des frelons… », explique Raphaël Willaert, qui rappelle que ces derniers étaient l’un des prédateurs majeurs des abeilles l’an passé. 

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