|
|
Amazon, le vrai du faux
|
|
Amazon, le vrai du faux

Amazon, le vrai du faux

Installé à Saran depuis 2007, Amazon, le géant américain de la logistique, a été montré du doigt durant la crise du coronavirus. Depuis le 2 juin dernier, le centre loirétain a pourtant recommencé à tourner à plein régime. L’occasion de se faufiler dans les longs couloirs de stockage du site et d’aller vérifier si, oui ou non, on avait bien affaire au grand méchant loup du capitalisme mondial…
Benjamin Vasset
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur whatsapp

Un mail envoyé à la mi-mai comme une bouteille à la mer à la communication d’Amazon France, un coup de fil le lendemain même, et une visite organisée dans les dix jours suivants : au premier abord, le géant mondial de la logistique n’est pas tout à fait l’Alcatraz qu’on s’imaginait en termes d’accès aux médias… comme au public. En effet, Amazon accueille régulièrement des curieux pour leur faire découvrir ses installations. Selon la direction saranaise, 4 800 visiteurs ont ainsi franchi les portes de l’énorme entrepôt loirétain en 2019. « Le tourisme logistique marche vraiment bien, explique-t-on en interne. Pas loin, Dior et Deret le font aussi. Ce sont des gens qui achètent des choses chez nous et qui veulent voir comment ça fonctionne. » 

Visiblement, Amazon a donc envie de communiquer et de montrer au monde qu’il n’est pas le Grand Satan du capitalisme tant décrié par les syndicats, certains partis politiques de gauche et même par quelques salariés… 

« Amazon, c’est pas le bagne »

Le 3 juin, rendez-vous est donc pris pour pénétrer dans La Mecque loirétaine de l’un des quatre « GAFA » de l’économie mondiale. L’idée ? Aller voir, « pour de vrai », ce qu’a fait Amazon pour protéger ses salariés lors de la crise du coronavirus. Au tout début du confinement, le géant américain a en effet été dans l’œil du cyclone, accusé de faire travailler ses salariés sans se soucier de leur sécurité sanitaire. À Saran, cinq cas de Covid ont ainsi été signalés au mois de mars, mais la machine a quand même continué à tourner. Mi-avril, la Justice française a ordonné à Amazon qu’elle limite son activité aux produits dits essentiels. Peu de temps après, la direction du groupe décida finalement de fermer tous ses sites en France. Celui de Saran a commencé à réouvrir partiellement ses portes le 19 mai. 

Le 3 juin, son directeur provisoire, Raphaël Delrue, nous accueille donc pour procéder à une visite des lieux. Tellement naturel, sans costard ni cravate, qu’on ne se rend compte qu’à la fin du tour du propriétaire que nous avons eu affaire, pendant une heure et demie, au maître des lieux : comme quoi, l’habit ne fait pas (toujours) le moine… À l’entrée, on nous prie d’enfiler notre masque et de respecter automatiquement les deux mètres de distance réglementaires. On nous montre ensuite le système mis en place pour contrôler la température des personnels à l’entrée : une caméra thermique dernière génération, dont les syndicats déplorent que le système ait été acheté aux Chinois, et qu’il ait initialement servi à réprimer les Ouighours. On ne sait si l’assertion est vraie, mais à Saran, elle permet en tout cas d’afficher la température de tous ceux qui se dirigent vers les espaces de travail. Au-dessus de 37,5°C affichés, un contrôle humain est réalisé et, si la température est vraiment trop haute, la personne doit retourner illico chez elle. Plus loin, la capacité de la salle de pause a été revue à la baisse : 64 personnes sont autorisées à s’y restaurer, au lieu de 200 en temps normal. Partout, des panneaux et des signalétiques pour rappeler les sens de circulation. Les fontaines à eau ont été remplacées par des bouteilles, des bornes de gels hydroalcoolique sont disposées à intervalle régulier ; dans la partie « réception » des colis, un poste sur deux est condamné et, surtout, des Safety Angels, salariés chargés de passer les consignes sanitaires, doivent aussi faire remonter des problèmes éventuels. « Nous avons revu 150 process, résume le directeur, Raphaël Delrue. Depuis le début de la crise, le site est absolument sans danger. Les salariés vous diront tous qu’ils se sentent plus en sécurité ici qu’au supermarché. » « Ça, c’est vrai, répond un syndicaliste de Sud-Solidaires. Globalement, les mesures de sécurité sont rassurantes. Par contre, la distanciation, dans certaines zones, est impossible à tenir. Et le masque n’est pas toujours facile à porter sur le plan de la respiration, parce que le boulot est très physique. »

« Amazon est très respectueux de la loi »
Raphaël Delrue, directeur du site de Saran

Cette dernière remarque nous fait sortir du contexte de la crise sanitaire pour évoquer les conditions de travail générales chez Amazon. Raphaël Delrue, le directeur du site saranais, ne nie pas que celles-ci restent difficiles, avec « beaucoup de piétinement » et des distances parcourues qui peuvent atteindre les 10 km par jour. « Et même parfois jusqu’à 20 ou 25 sur le centre de tri d’Ormes », ajoute notre source syndicale. La direction indique qu’elle fait pourtant tout pour que le salarié souffre le moins possible, en expliquant par exemple que la température, dans le gigantesque entrepôt, ne doit pas dépasser les 21°C. « La société est très centrée sur ses salariés », insiste Raphaël Delrue. Les syndicats décrivent, quant à eux, un système où la productivité des personnels est contrôlée par le biais, notamment, des outils connectés sur lesquels ils travaillent. « Avec la crise, ces contrôles ont été arrêtés, note notre syndicaliste. C’est un point sur lequel on veut discuter après : on veut montrer que sans flicage, les gens travaillent plus librement. »

Malgré un cadre très à l’américaine, avec tableaux sur les murs pour annoter ses revendications, Amazon ne plaisante pas avec la discipline : les personnels sont soumis à des contrôles de sécurité poussés pour vérifier qu’ils ne font sortir aucun objet du site. « Tout ce qui est vendu par Amazon doit être laissé dans son casier » : c’est la consigne dispensée à tout salarié ou intérimaire qui travaille sur site. Début juin, celui de Saran embauchait environ 1 900 salariés, et faisait appel à une centaine d’intérimaires. Entre 500 et 600 viennent à la rescousse en temps normal ; ils se chiffreraient à entre 2 000 et 2 500 en période de pointe, c’est-à-dire avant les fêtes de fin d’année. Le recours aux intérimaires est d’ailleurs quasi-institutionnalisé à Saran, où trois boîtes d’intérim ont des bureaux intégrés au sein même du site, pour recruter en temps réel la main d’œuvre qui s’adaptera aux besoins. Les syndicats aimeraient que cette part d’intérimaires soit revue à la baisse, autant pour pérenniser l’emploi que pour protéger ces ouvriers, dont les conditions de travail seraient, de loin, les moins enviables.

Un départ mystérieux

Le recours aux intérimaires aurait d’ailleurs été l’une des causes du départ de la directrice du site saranais en mars. Selon des informations reprises en boucle sur la toile, celle-ci aurait refusé d’en embaucher au début du confinement, ce qui aurait précipité son départ d’Orléans et son remplacement par Raphaël Delrue. « Non, elle avait des soucis de santé, rétorque ce dernier. Elle devait retourner chez elle, au Portugal, et ne se voyait pas travailler à distance. » Pour les syndicats, Ana Fernandes s’est élevée contre sa direction et en a payé le prix : « si elle avait pu, elle aurait fermé le site. Son seul levier d’action, c’était de stopper l’embauche d’intérimaires. » Nous avons sollicité auprès d’Amazon une interview de l’intéressée : on nous a répondu que cela était impossible, puisqu’Ana Fernandes serait retournée au Portugal. Même quand on s’appelle Amazon, la transparence a ses limites.

Une réponse

  1. Bonjour,

    Cet article intéressant s’appuie sur des réalités…Les rumeurs journalistiques/syndicalistes(au-secours!)plombent à vue!…Ce qui dérange? Le dynamisme des Etats-Unis, car en finalité… Amazon concurrence les services « établis » français comme la poste(au-secours!)et favorise le commerce …Donc dévaste le commerce viellissant en place!…En voulant le moderniser(Librairie au-secours)…Beaucoup de détracteurs utilisent les services d’Amazon et, comme en politique lors d’un vote secret, se mimétisent ensuite pour des critiques acerbes concernant leur sauveur…J’exagère un peu mais, à peine… Protectionnisme, il en faut mais …Jusqu’a un certain point…Celui de la connerie..

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres ARTICLES a lire
Bonjour la vie
Avant d’arriver à Saint-Jean-de-Braye, ce « théâtreux » de 74 ans a tout...
Sans Jacques Martinet !
Deux jours avant l’officialisation de la candidature de Marc Fesneau...
Les Républicains dévoilent leur jeu
Les Républicains du Loiret ont investi de nombreux candidats sortants...
Événements de la semaine
13
Mar
11
Mar
Saint-Jean-de-la-Ruelle Médiathèque Anna-Marly puis dans tous les quartiers de la ville
#
11
Mar
Orléans – Palais de Justice – 44, rue de la Bretonnerie
#
14
Oct
Orléans – Théâtre Gérard Philipe
à 15 h
11
Oct
Orléans – Salle de l’institut
à 10 h 45
ARTICLES RÉCENTS
lovely indian porn indianpornmovies.info incredible india collage telugu gay.sex chat xxxlib.mobi sxe video indian sunny leone nude pics 2016 fuckindiantube.mobi ssrmovies xhmester indian porn justindianporn.net sexy indian girl gets fucked jiggle boobs tubetria.mobi kutty movie collections
love making pics hindipornvideos.info tamil aunty nude photo indian sex 3gb dirtyindianporn.info tamil xxx indian sexy hd video hd xxxindianporn.pro college girls xnxx sex vedios kowalsky go-indian.pro sesvidio sex videos in tamil nadu justindianporn.me forced defloration
free desi sex scandal pornfactory.info bur ki chudai naked kerala desipornx.mobi mumbai hotel sex indian girl ki chut indianpornvideos.mobi sex videosfreedownloads xnxx condom watchhindiporn.com x videos beautiful sonytvlive hdthaisex.com real mms sex videos photocopy machine sobazo.com olx guntur