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C02 : qui sont les mauvais élèves ?
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C02 : qui sont les mauvais élèves ?

C02 : qui sont les mauvais élèves ?

Le 15 novembre dernier, Charles Fournier, vice-président de Région délégué au climat et aux transformations écologiques, a présenté le bilan carbone du territoire dans le cadre de la COP 21 Centre-Val de Loire. Un état des lieux qui a mis en exergue le rôle de l’agriculture et des transports dans le volume des émissions de carbone au niveau local.
gaëla messerli
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C02 qui sont les mauvais élèves ?-HEBDO-ORLEAN-359

Au lendemain du bilan mitigé de la COP 26 de Glasgow, Charles Fournier, vice-président de la Région délégué au climat et aux transformations écologiques, a présenté le bilan carbone du Centre-Val de Loire. Il l’a introduit en soulignant que le dérèglement climatique était déjà perceptible sur le territoire : « alors que la première famine due au réchauffement climatique vient d’être reconnue par l’ONU à Madagascar, on observe aussi des signaux en région comme les inondations de 2016, puis les divers épisodes de sécheresse. Ces événements se répètent de plus en plus. En 2040, l’indice de risque-incendie de la Brenne, dans l’Indre, sera comparable à celui d’aujourd’hui dans les Landes… »

L’élu écologiste a ensuite rappelé la stratégie « zéro carbone » au niveau national jusqu’à 2050, qui implique d’ici là une division par six des émissions de carbone. Dans cette optique, les collectivités – comme la Région Centre-Val de Loire – ont, selon Charles Fournier, un grand rôle à jouer, puisqu’elles sont directement responsables, par leurs activités directes, de 12 % des émissions au niveau national. D’après l’élu écologiste, elles pourraient également agir sur le sujet via leurs politiques et marchés publics sur plus de 50 % des émissions. Un levier loin d’être négligeable, donc… 

Dans les faits, quid de notre territoire régional en termes d’émissions de CO2. Tout d’abord, « les chiffres indiqués sont assez similaires au niveau national ». Ensuite, le bilan dressé par le cabinet Eco Act (données de l’année 2019, ndlr) fait d’abord état de 10,3 tonnes équivalent CO2 par habitant (hors changement d’affectation des terres et couvert végétal), soit 26,6 millions de tonnes équivalent CO2 à l’échelle du territoire régional. À titre de comparaison, cela correspond à 2,6 millions de tours du monde en voiture diesel 6 CV… Au tiercé des postes les plus émetteurs de carbone, l’agriculture, qui produit 6 004 kilotonnes-équivalent (kteq) CO2 (23 % des émissions du territoire), se place en tête. 45 % des émissions sont liées au travail des sols et à fabrication des engrais. 1,9 millions d’hectares sont en effet cultivés en région Centre-Val de Loire. C’est la culture de blé tendre et d’épeautre qui représente le plus de surfaces cultivées, mais aussi la plus grande contribution en termes de gaz à effet de serre. Ensuite, 42 % des émissions de carbone sont liées à l’élevage (10 millions d’animaux, dont 6 % de bovins) et 13 % à la consommation d’énergie sur les exploitations. 

L’importation en troisième position

Arrive ensuite, sur la deuxième marche du podium, le transport de personnes, avec 4 442 ktéq CO2 (17 % des émissions et même 23 % si l’on ajoute le transport de marchandise, ndlr). Les transports routiers, largement majoritaires dans le volet mobilité, sont responsables de 99 % des émissions de gaz à effets de serre, et le volet « transport » correspond ainsi à 1,8 téq CO2 par habitant. En contrepoint, le bilan carbone de la Région indique que les flux d’échanges en matière de fret routier sont assez équilibrés, tant en tonnages qu’en tonnes-kilomètres (tkm), entre les entrées dans la région (27,1 millions de tonnes ou 5,7 milliards de tkm) et les sorties (27,5 millions de tonnes ou 5,9 milliards de tkm). L’importation d’alimentation et de biens se classe en troisième position (4 251 kéq CO2), responsable de 16 % des émissions. Suivent ensuite les postes de consommations énergétiques liées aux secteurs résidentiel (3 260 kéq CO2), industriel (2 934 kéq CO2) et la construction et voirie (1 693 kéq CO2). 

Après avoir présenté ces chiffres, Charles Fournier a prévenu que, pour restreindre les émissions de CO2, « les acteurs publics et les collectivités devaient prendre leur part. Il faut la mobilisation de toutes les parties prenantes. Au niveau du bois-énergie, une charte a été ainsi signée entre les métropoles d’Orléans, de Tours, l’ONF… Nous devons aussi créer des coalitions avec une structuration des filières, comme pour les matériaux biosourcés ». L’élu a également rappelé que les « terres agricoles devaient d’abord servir à nous nourrir ». Parmi les leviers mis en évidence par ce bilan carbone, il y a également l’enjeu de la rénovation énergétique du parc résidentiel : la performance énergétique en région Centre-Val de Loire est de 24,7 kgéq CO2 / m² en moyenne pour les logements résidentiels, soit la valeur d’une étiquette D… Les réseaux de chaleur régionaux sont aussi une piste. Aujourd’hui, ils sont approvisionnés en énergie renouvelable à hauteur de 65 %. Les dernières orientations budgétaires ont en outre permis d’annoncer un investissement important sur le ferroviaire, mesure qui va dans le sens d’une décarbonation. « Il y a aujourd’hui une coalition autour du frêt ferroviaire, un engagement concret », indique Charles Fournier. Selon l’élu, « la Région se positionne aussi autour de la reterritorialisation de l’économie et (compte) développer l’économie circulaire. » En outre, un budget participatif pour le climat devrait être lancé pour permettre au citoyen de participer. 

Cette présentation du bilan carbone de la région s’est conclue par le rappel de quelques initiatives émanant d’acteurs privés du territoire, à commencer par le groupe La Poste, qui a témoigné de son action avec le remplacement progressif de ses véhicules thermiques (aujourd’hui, il fait rouler 1 300 véhicules au gaz vert en région, ndlr), tandis que l’entreprise Swiss Krono, à Sully-sur-Loire, qui fabrique des panneaux avec du bois local, dit avoir a modifié son process en investissant dans une installation lui permettant de réutiliser sa propre biomasse pour ses séchoirs à basse température.

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