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« Ça ne peut pas durer comme ça », prévient le patron de la Scène Nationale d’Orléans
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« Ça ne peut pas durer comme ça », prévient le patron de la Scène Nationale d’Orléans

« Ça ne peut pas durer comme ça », prévient le patron de la Scène Nationale d’Orléans

En marge de la présentation de la saison 2020-2021 de la Scène Nationale d’Orléans, son directeur, François-Xavier Hauville, a fait quelques annonces retentissantes : la non-reconduction du festival Jazz or Jazz au printemps prochain, mais aussi son départ prochain. Entre les lignes, il a aussi –et surtout- dit son agacement de devoir payer pour d’autres… Comme s’il attendait avec gourmandise la prochaine stratégie de la Ville et de l’Etat pour la Scène Nationale en particulier, et le Théâtre d’Orléans en général.
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Jazz or Jazz, clap de fin

Créé sur les cendres du festival Orléans Jazz, le festival Jazz or Jazz a lieu depuis 2016, au printemps, dans les murs du Théâtre d’Orléans. Cette année, il n’a pas pu se dérouler pour cause de Covid-19. Et il n’y aura pas, non plus, d’édition 2021 en avril prochain. Car même si Jazz or Jazz avait trouvé son public à Orléans, il était difficile à soutenir financièrement pour la Scène Nationale, qui l’organisait. « Le budget de cet événement était de 240 000 € environ, et la Ville nous en a donné 80 000 € la première année, puis 100 000 € ensuite. En clair, cet événement était un peu sous-financé ; c’était un peu un casse-tête pour nous. »

Que pense alors François-Xavier Hauville d’un nouveau festival de jazz annoncé durant la campagne par Serge Grouard ? « Il l’avait arrêté en 2014 dans une sorte de réaction au mouvement des intermittents du spectacle, et ça peut se comprendre. Après, voilà, il a vu que c’était une erreur, il veut remettre ce festival et c’est très bien. » Le directeur de la Scène Nationale d’Orléans a par ailleurs expliqué qu’il n’avait pas encore rencontré Serge Grouard, ni depuis son élection, ni pendant la campagne.

L’organisation actuelle au Théâtre : « ça ne peut pas rester comme ça »

Jusqu’en 2015, la subvention annuelle de la Ville d’Orléans à la Scène Nationale était de 1,8 M€. Il y a 5 ans, elle a été amputée de 250 000 €. Une somme qu’elle n’a, depuis, jamais retrouvée. François-Xavier Hauville espère-t-il que la situation changera sous la nouvelle mandature ? « Ce théâtre, c’est leur théâtre (sous-entendu : à la Ville), exprime-t-il. Nous, on fera avec ce qu’on nous donnera. D’ailleurs, personne ne s’est rendu compte que depuis 2015, on nous donnait moins. » Un sourire en coin, il incite cependant les élus à se montrer volontaristes : « Les politiques doivent savoir qu’ils ont le droit d’avoir des envies… S’ils veulent par exemple qu’il n’y ait plus qu’une billetterie au Théâtre, il n’y aura qu’une billetterie… »

Puis François-Xavier Hauville enchaîne sur un constat plus profond : « Le problème est moins ce que nous donne la Ville que le fait que le dispositif ne soit pas assez financé pour toutes les structures. Je m’explique : le CDN a un budget de fonctionnement, et c’est la Scène Nationale qui paye : les fluides, les techniciens, etc. Alors que moi, il y a des choses que j’aimerais faire et que je ne peux pas faire, comme de la production. Ce problème, ça fait 12 ans que j’en parle à la Ville et à l’Etat, que je leur explique que ça ne peut pas continuer comme ça. La DRAC a proposé une solution complètement à côté de la plaque, alors que, dans l’idéal, il faudrait que le CDN soit doté d’un vrai lieu de création, comme le Centre Chorégraphique National. »

Cannes 39 à Orléans : « on a beaucoup souffert de ce festival »

Le festival Cannes 39 à Orléans, qui a eu lieu en novembre 2019, a été un relatif succès populaire, mais fut aussi un vrai gouffre financier. La Scène Nationale d’Orléans n’était pas organisatrice, mais a dû mettre à disposition des salles. Mais elle a quand même mis la main à la patte, ce que tient à rappeler, en termes choisis, François-Xavier Hauville : « ce festival a bien marché parce qu’on a fait le boulotMais vous ne pouvez pas imaginer l’état d’impréparation dans lequel il s’est déroulé. Du coup, ça nous a demandé une énergie considérable. On a beaucoup souffert de ce festival. Les relations ont été désastreuses avec François Caspar, le directeur de Cannes 39 à Orléans. De plus, le Cercle Jean Zay n’a pas fini de nous payer la location des salles. Combien ? Je ne vous dirai pas. Disons qu’on nous doit encore un peu d’argent… »

Son avenir : « je serai parti dans un an »

Arrivé à Orléans à la fin des années 2000 pour s’occuper de la Scène Nationale locale, François-Xavier est atteint, paraît-il, par la limite d’âge. « L’an prochain, j’aurai 72 ans et je partirai », dit-il, avant de glisser, l’œil qui frise : « mais peut-être que je serai parti avant s’il y a un désaccord profond avec je ne sais pas qui… Je tiens cependant à dire que si je reste, c’est parce que ce que je fais me passionne toujours. »

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