C’est la guerre des vannes !

Il y a du rififi sur les rives du Loiret : d’un côté, des riverains mécontents des conséquences de l’actuelle expérimentation d’ouverture des vannes de crue sur la rivière. De l’autre, plusieurs interlocuteurs comme le Conseil syndical, gestionnaire de la rivière, qui veut la poursuite de l’expérience. Qui aura le dernier mot ?
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Rien ne va plus sur les bords du Loiret, depuis que les vannes de crue sont ouvertes et font baisser le niveau de la rivière. Le passant se pose des questions ; quelques riverains et usagers de la rivière, constitués en association (ASBPUL) sont vent debout contre cette expérimentation, et les gestionnaires de la rivière sont, eux, partisans de l’ouverture. En attendant, cela chauffe quelque peu dans le sud de la métropole…

Une ouverture… pour quoi faire ?

Cette expérimentation est partie d’un constat, exprimé par Isaline Bard, responsable du service Eau et Environnement Forêt à la Direction Départementale des Territoires du Loiret : « À la base, il y a un problème de fonctionnement au niveau de la rivière : le cours d’eau accumule les sédiments. Nous avons fait la proposition de changer la façon de gérer les vannes de crue qui, historiquement, ne servaient que dans ce cas. Cela pourrait faire évoluer les prérogatives du Préfet, qui datent de 2014, en tenant ainsi compte de la gestion sédimentaire. » 

« Le loiret est malade de ses dépôts de vase »
L’association Syndicale du Loiret

Pierre-Louis d’Illiers, président de l’association syndicale du Loiret, gestionnaire de la rivière et des vannes, abonde : « le Loiret est malade de ses dépôts de vase, de sable et de matières organiques dans ses bassins amont, du parc floral au pont d’Olivet puis jusqu’au Moulin de Saint Samson, sur le sentier des Prés. Des sables lourds se sont déposés suite aux inondations de 2016. Pour évacuer les vases et matières organiques, la seule méthode efficace et naturelle est de favoriser le débit et la vitesse de l’eau. On obtient cela en ouvrant largement les vannes en période de hautes eaux, comme actuellement. Cette vitesse de l’eau et la quantité de matière évacuée est en cours de mesure par les ingénieurs des services de l’État. » Pierre-Louis d’Illiers rappelle que les représentants des riverains ont voté pour cette expérimentation, le 6 décembre dernier, notamment avec l’idée de pouvoir, au final, curer la rivière. Cette opération de curage, estimé à 30 000 € par l’association, pourrait, si elle est autorisée (voir encadré), avoir lieu au mois de septembre. Mais avant cela, il faut « conduire proprement l’expérimentation en cours. » 

Les riverains ont peur

Cette expérimentation ne fait cependant pas l’unanimité, loin de là… Vice-président de l’association syndicale du Loiret, Bernard Leleu est propriétaire d’un des jolis hangars à bateaux du XIXe siècle qui se nichent sur les bords de la rivière. Il estime être victime de l’opération réalisée actuellement sur le Loiret. « La continuité écologique est ici un prétexte pour la Commission locale de l’eau (CLE), dit-il. L’expérience se base sur des affirmations non vérifiées. Depuis toujours, les sédiments ont été enlevés de manière mécanique dans le Loiret. » 

Pour lui, l’ouverture des vannes de crue a surtout créé un déséquilibre entre les pressions de la masse d’eau de la rivière et la nappe souterraine. Un soutirage qui génèrerait une multitude de petites résurgences au pied de son hangar à bateaux, et créerait des dégâts. Mais Bernard Leleu rejette l’idée qu’il défend uniquement son bien dans cette affaire : « La baisse de niveau provoque un désordre au niveau des pressions qui s’exercent habituellement sur les berges. On risque d’avoir des murets qui s’écroulent, et des arbres qui vont pencher ! » Depuis l’ouverture des vannes, Bernard Leleu a d’ailleurs déposé plainte auprès du Procureur de la République et a envoyé un courrier à l’Architecte des Bâtiments de France. 

« On risque d’avoir des murets qui s’écroulent ! »
Bernard Leleu, un riverain

Pas de risques ?

Pierre-Louis d’Illiers estime pour sa part que le cours d’eau est « mieux encadré aujourd’hui que cet été ». Il affirme ici que l’expérimentation sera stoppée net « si les limites sont atteintes au niveau du Moulin de Saint-Samson. » En effet, l’association gestionnaire du Loiret a validé en décembre cette expérimentation d’ouverture des vannes avec la Direction Départementale des Territoires du Loiret, en la conditionnant à un niveau minimum d’eau à la vanne de décharge du Moulin de Saint-Samson, mais aussi à un niveau minimal pour le bassin des Tacreniers. « On a mis ceinture et bretelles, continue ainsi Pierre-Louis d’Illiers. Il y a aujourd’hui de l’eau dans le Loiret et il y en aura encore plus d’ici un mois et demi ! » Celui-ci veut d’ailleurs communiquer d’ici quelques semaines au public les résultats des mesures effectuées. 

Du côté de la DDT, on n’est pas en mesure de spéculer, aujourd’hui, sur les conséquences d’une baisse des niveaux d’eau : « La Commission Locale de l’Eau semblait vouloir réaliser une étude géologique, énonce Isaline Bard, la responsable du service Eau et Environnement Forêt. Pour ce qui est des fondations plus à jour aujourd’hui, on travaille avec le service des Monuments historiques France, qui recommande la prudence et des études. Mais, surtout, tout dépend de l’état initial du bâti. » Quant à des résurgences induites par la manœuvre des vannes, il n’y a, selon elle, « aucun lien de cause à effet. » Pour rappel, l’ouverture des vannes est prévue jusqu’au 31 mars. Il risque donc de couler encore beaucoup d’eau dans le Loiret avant la fin de cette polémique…

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