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C’est vacciné près de chez vous

C’est vacciné près de chez vous

Alors que dans la métropole, le « vaccinodrome » d’Olivet et les centres de Fleury et de La Source font figure de grosses machines, des centres de vaccination éphémères s’installent également chaque semaine depuis le 31 mai dans plusieurs villes du département. C’était aisni le cas la semaine dernière à Neuville-aux-Bois : l’occasion de comprendre comment les vaccins sont mis à la disposition des Loirétains.
hugo de tullio
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C’est vacciné près de chez vous

Ça faisait longtemps que je l’attendais… » À 50 ans, Paula est venue de Pithiviers pour se faire vacciner. Elle n’avait, jusque-là, trouvé aucun rendez-vous près de chez elle. Installé dans la salle des fêtes de Neuville-aux-Bois pendant quatre jours, le centre de vaccination éphémère où elle s’est rendue prend des airs de salles d’examens, avec ses chaises séparées de deux mètres. Le lieu accueille environ 250 personnes au quotidien. Il s’agit d’un public « un peu âgé, relativement loin des réseaux sociaux », résume Adrien Thevelein, directeur opérationnel départemental adjoint à la Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme (FFSS), qui coordonne les dix centres de vaccination dans le Loiret. 

L’objectif est « d’aller au plus près des personnes, car là où elles sont, elles n’ont pas forcément de voiture ». On croise aussi, en ce lundi après-midi, des habitants plus jeunes qui profitent du télétravail pour s’absenter trente minutes et aller se faire vacciner. Les prises de rendez-vous se font sur le site Doctolib ou via les mairies, également en charge de communiquer sur la présence du centre de vaccination éphémère.

Ouvert le lundi de 14 h à 17 h et du mardi au jeudi de 9 h 30 à 12 h et de 13 h 30 à 17 h, ce centre est composé de quatre professionnels de santé (médecin et infirmiers) chargés des piqûres et de trois membres de la FFSS45 rattachés à la gestion du site, proposant exclusivement des vaccins Pfizer. À quelques minutes de se faire vacciner et malgré la crainte d’effets secondaires, Willy, un Neuvillois de 43 ans, n’a pas d’appréhension : « Je veux être tranquille pour pouvoir partir un peu cet été… »

Stocké sur le long terme à – 80 °C, le vaccin Pfizer, une fois récupéré par la FFSS45, est conservé entre 2 et 8 °C. Deux à trois fois par semaine, la Fédération fait ses commandes et s’approvisionne au CHR d’Orléans, la plateforme logistique des vaccins fournie par l’Agence nationale de santé publique. Les doses sont ensuite transportées par l’intermédiaire d’une glacière alimentée dans le véhicule de l’association pour éviter la rupture de la chaîne du froid. Ensuite, une partie des flacons est apportée au centre de vaccination éphémère, tandis que le reste de la commande est conduit dans les locaux de la FFSS, à l’intérieur d’un frigo sécurisé. « On apporte directement les vaccins sur le centre pour ce qu’il faut dans la journée, uniquement, éclaire Adrien Thevelein. Par exemple, si on a 100 personnes inscrites, on prévoit 100 doses dans la journée pour qu’il n’y ait pas de doses qui dorment dans le frigo le soir. » Il faut dire que toutes les conditions sont mises en place pour proposer le vaccin le plus sûr possible au patient. « Ce vaccin arrive pur et il faut le diluer, continue Adrien Thevelein. Il y a un petit peu de liquide à l’intérieur du flacon, on le mélange avec du sérum physiologique pour le reconstituer. Cela est fait sur place par les professionnels de santé, dans les seringues qui vont permettre les injections. » Une fois reconstitué, chaque flacon, qui comporte sept doses de vaccin, peut être gardé six heures. Pour éviter tout gaspillage, les équipes médicales préparent à l’avance moins de seringues que de personnes inscrites, au cas où certaines se désisteraient à la dernière minute. Le coordinateur des centres de vaccination poursuit : « On rouvrira ensuite les flacons un par un pour être sûr qu’il n’y ait pas de pertes au fur et à mesure des derniers arrivés. » Une organisation méticuleuse, d’autant plus que le vaccin Pfizer n’est pas disponible en pharmacie et doit donc être obligatoirement utilisé dans ces centres.

Neuville, Olivet… Même combat

Gérant également le vaccinodrome d’Olivet, Adrien Thevelein assure que le processus est exactement le même là-bas, mais à une échelle bien différente : quand environ plus de 220 flacons sont utilisés par jour dans la deuxième ville du Loiret, seuls 120 sont exploités… par semaine dans les centres éphémères. Une dizaine de postes pour enregistrer les personnes inscrites constituent le vaccinodrome, alors qu’un seul est nécessaire à Neuville-aux-Bois… « C’est presque le côté facile de la chose, sourit Adrien Thevelein. Maintenant, on est rodés… » Sinon, le circuit reste similaire : les gens doivent aller au secrétariat, vérifier leur rendez-vous, répondre à un questionnaire, se faire vacciner, et attendre enfin quinze minutes en cas de réactions allergiques. Une situation que ne paraît pas connaître David, 46 ans, qui s’est fait vacciner il y a quelques minutes et semble en bonne forme. Il raconte avoir agi « sur un coup de tête. Je n’avais pas prévu de me faire vacciner, mais je n’ai pas de soucis avec les aiguilles ». Il faut dire que le monsieur est tatoueur, alors forcément…

Tandis que les personnes mineures ont désormais l’autorisation de se faire vacciner si elles ont l’accord de leurs parents, Adrien Thevelein ne sait pas encore si les plus jeunes se feront vacciner en masse : « C’est la grande inconnue. Pour le moment, il n’y a pas de grosse envolée des rendez-vous. » Le coordinateur des centres éphémères évoque la statistique de 90 % de personnes vaccinées pour que la population française atteigne l’immunité collective : « Tant qu’il y aura de la demande, on sera là. Si on veut reprendre une vie normale, [la solution] c’est la vaccination. » 

Un argument que Jessica semble avoir parfaitement compris, puisque cette maman de 42 ans compte bien vacciner ses trois enfants « pour plus de tranquillité ». Cela n’empêche pas cette mère de famille d’avoir un peu peur de possibles effets secondaires. Mais la FFSS45 se veut rassurante, en affirmant qu’il y a généralement davantage de réactions déplaisantes lors de la deuxième dose. « Et c’est tant mieux, dit-on à Jessica, car cela veut dire que votre organisme travaille et que votre système immunitaire est en état ! »

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