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CO’Met : des éléments « n’ont pas été budgétés »
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CO’Met : des éléments « n’ont pas été budgétés »

CO’Met : des éléments « n’ont pas été budgétés »

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Ce 9 octobre au matin, Christophe Chaillou, président d’Orléans Métropole, nous a accordé une longue interview au cours de laquelle nous avons évoqué, avec lui, plusieurs sujets, dont celui du dépassement financier de CO’Met. Retrouvez ici l’échange que nous avons eu avec Christophe Chaillou sur ce sujet précis; échange qui suit alors une question sur la situation financière de la Métropole...

Beaucoup de gens se disent : si la Métropole est dans une situation si chaotique, pourquoi n’ont-ils rien dit, rien fait avant, alors que la majorité des vice-présidents actuels était déjà en place ?

Personne n’a parlé de situation chaotique : c’est votre expression. La situation, pour moi, est tendue. Oui, une partie -mais une partie seulement- des vice-présidents qui sont là aujourd’hui était là avant. Mais sous la mandature précédente, jamais nous n’avions imaginé qu’une épidémie mondiale aurait un tel l’impact, qu’elle nous amènerait à mettre 10 M€ en plus sur les transports urbains ou que le manque à gagner de la Cotisation Foncière des Entreprises se chiffrerait à 6-7 M€. 17 M€ sur un budget de fonctionnement, c’est énorme ! Et puis, je précise que sur un certain nombre de projets, comme CO’Met, nous n’avions pas l’ensemble des éléments financiers. J’assume ma part de responsabilité : sans doute, à un certain moment, n’avons-nous pas posé assez de questions. Il y a quelques mois, le surcoût de CO’Met n’était pas une donnée évidente pour beaucoup d’élus. Nous n’en mesurions pas l’ampleur. Et c’est d’ailleurs pour cela que nous avons fait faire un audit interne.

Que dit cet audit ?

Que nous serons au-dessus des 140 M€. Il y a l’équipement en lui-même, qui est fait dans le cadre d’un « marché global de performance » -en gros, ce sont les travaux-, mais CO’Met ne peut fonctionner que s’il y a un parking, des voieries, un parvis. Or les chiffres de ces éléments-là -en tout cas les crédits- n’étaient pas budgétés.

Comment est-ce possible ?

C’est la réalité. Sans doute ceux qui portaient le projet se sont concentrés sur la structure elle-même, sans peut-être accorder d’urgence immédiate à l’aspect des parkings, notamment. Aujourd’hui, le chantier avance bien, les calendriers sont à peu près tenus et la salle devrait ouvrir à l’été 2022 au plus tard. Mais elle ne peut pas ouvrir sans parking, ni voies d’accès. Aujourd’hui, notre responsabilité, à la Métropole, c’est donc de dire : nous prenons en compte l’ensemble des coûts liés au projet. Nous avons ainsi donné à tous nos collègues maires les éléments de l’audit dont je vous parlais, nous recensons tous les coûts liés à CO’Met et nous trancherons sur un certain nombre de sujets, notamment celui de l’évolution de la grande salle en salle polyvalente (voir plus loin). Il avait été acté que la grande salle allait passer de 8 000 à 10 000 places, mais uniquement pour des activités sportives. L’un des débats qui nous occupe depuis plusieurs semaines, c’est de savoir si l’on va vers la polyvalence pour créer un équipement qui accueille de grandes manifestations qui ne soient pas seulement sportives ? Si nous allons vers ça, cela entraîne des contraintes supplémentaires d’aménagement, de sécurité, etc, et donc un surcoût. Nous avons choisi de dire que nous allions jusqu’au bout, en prenant le pari d’un équipement fondamental pour l’attractivité métropolitaine. Même si oui, cet équipement sera coûteux, et même plus coûteux que prévu.

Est-ce que CO’Met sera mal né ?

Replongez-vous dans les débats qui évoquaient la construction du Zénith. Or aujourd’hui, le Zénith marche bien et est même excédentaire. À un moment, il y a des paris comme ça, et CO’Met, c’est un pari. Nous affirmons notre ambition d’être une métropole qui va se positionner pour accueillir de très grands événements. Alors dire ça aujourd’hui, dans un contexte où on ne peut pas réunir des gens, ça peut paraître un peu surréaliste, mais nous allons bien, un jour, sortir de cette période…

Si, comme vous le dites, les vice-présidents de l’ancienne mandature n’ont pas été mis au courant de la situation autour de CO’Met, à qui en revient la faute ? À Olivier Carré, l’ancien président de la Métropole ? À Philippe Pezet, l’élu qui avait en charge le projet ? Qui donc aurait dissimulé des éléments d’information ?

Je ne pense pas qu’il y ait eu une volonté de dissimuler. Je le redis : à un moment donné, ceux qui portaient le projet étaient concentrés sur la structure elle-même. Et puis, nous sommes aussi rentrés dans une période électorale, et ce sont rarement des moments où l’on est objectif… On communique rarement des chiffres qui sont en ligne avec ce qui avait été annoncé.

Là, vous faites preuve de diplomatie…

Non, mais à un moment donné, il faut qu’on puisse avancer. Je le redis : nous ne disposions pas de tous les chiffres. Et moi, en tant que vice-président, je n’ai sans doute pas été assez curieux.

Michel Martin, lui, n’était donc pas au courant de cette situation ? Il était vice-président aux Finances, il était là au début du projet… Et il n’aurait jamais alerté qui que ce soit, Olivier Carré ou d’autres maires ?

Demandez-lui, je ne suis pas son porte-parole.

Mais vous-même, vous n’avez jamais eu de discussion avec lui ?

À quel titre aurais-je évoqué CO’Met avec Michel Martin ?

Il y a des réunions, des rencontres informelles, et le téléphone qui peut fonctionner.

Entre Michel Martin et moi, les sujets de nos discussions n’étaient pas, avant tout, sur CO’Met. Je le dis très honnêtement. Et collectivement, ce n’était pas un sujet qui est venu en débat, pour un certain nombre de raisons. Oui, il y a eu des avenants qui ont été validés, notamment celui qui permettait d’aller d’une salle de 8 000 à 10 000 places. Je me souviens même d’un débat que nous avons eu entre vice-présidents à ce sujet. Le principe avait été acté, mais sans doute nous n’avons pas été suffisamment curieux pour connaître les conséquences de cet arbitrage, qui consistait en gros, pour que ça rentre dans l’enveloppe initiale, de retirer à l’époque certaines prestations qui, de toute façon, étaient des prestations indispensables.

Quel type de prestations ?

Le parvis.

Ça paraît énorme !

Je le redis, nous n’avons sans doute pas été assez curieux pour regarder l’ensemble des éléments. À l’époque, ceux qui portaient le projet n’avaient pas la volonté de dire : « on cache des choses », mais « on se concentre sur la structure et on permet une évolution ».  

Il n’y aura aucune suite judiciaire à ce que vous venez de dire ?

Mais non, il n’y a pas de délit. C’est juste une responsabilité collective dans laquelle moi, j’assume ma part.

Donc, CO’Met sera une salle polyvalente…

Oui, la grande salle de 10 000 places pourra accueillir des grands concerts, de stars nationales ou internationales, et de très grands événements. Ce choix, qui a été fait hier soir et qui a été validé par les maires, va permettre d’aller vers une évolution de ce projet. Oui, cela va avoir des conséquences financières, mais c’est un élément qui va permettre d’assurer le succès de cet équipement, qui va évidemment être géré dans le cadre d’une délégation. Et pour qu’il soit le plus rentable –ou en tout cas le moins déficitaire possible- il faut qu’il attire une large gamme d’événements. Or, une salle uniquement sportive n’offre pas ces éléments de valorisation : par exemple, on loue plus facilement des loges dans le cadre d’une salle qui n’accueille pas uniquement des événements sportifs. Pareillement le naming, même si la question n’est pas tranchée, est plus facile à obtenir si CO’Met est une salle polyvalente. Avec cette évolution, elle coûtera moins et l’investissement sera amorti sur une dizaine d’années : on devrait d’ailleurs le retrouver dans les équilibres financiers à venir. Attention, cependant : ce ne sera pas une salle des fêtes, car 140 millions pour une salle des fêtes, ce serait un peu cher… Nous restons sur une salle de manifestations de grande qualité. J’insiste enfin sur un point : CO’Met, ce n’est pas que la grande salle. Le Zénith s’inscrit par exemple dans cet ensemble, et devra continuer à accueillir des événements sur la jauge qui est la sienne.

Il ne va donc pas faire doublon ?

Non, il n’y aura pas de concurrence. Cela permettra juste de répartir différemment en fonction des prestations.

Interives, transports, eau, gouvernance de la Métropole… : retrouvez l’intégralité de l’interview de Christophe Chaillou dans notre numéro de la semaine prochaine, à paraître le 15 octobre.

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