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Conflit ouvert au conseil municipal
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Conflit ouvert au conseil municipal

Conflit ouvert au conseil municipal

Les fêtes de Jeanne d'Arc 2021 ne sont pas près d'être oubliées... La semaine dernière, pendant plus d'une heure, le conseil municipal d'Orléans a été occupé par le sujet via une communication qui a viré au pugilat verbal, et s'est terminée par un départ de la gauche.
Gaëla messerli
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C’est donc au point 7 du conseil municipal d’Orléans que les débats ont commencé à se tendre. Après la présentation d’un court extrait du film qui avait fait polémique avant sa diffusion, les hostilités ont été ouvertes par la majorité, avec à la manette Quentin Defossez criant « au procès d’intention », William Chancerelle ne comprenant pas « que l’opposition puisse s’émouvoir de la dépense de 25 000 € pour un documentaire de cette qualité » et Chrystel de Filippi citant Voltaire au sujet de la « censure » dont la majorité s’est estimée victime, après que France 3 Centre-Val de Loire a refusé la diffusion dudit documentaire. « Pourquoi la gauche a-t-elle un problème avec la liberté ? », a ensuite interrogé un Michel Martin sortant l’artillerie lourde. 

« Censure » et « instrumentalisation »

Y allant crescendo, Charles-Éric Lemaignen s’est ensuite exclamé : « Peut-on parler sérieusement « d’instrumentalisation » (de la part de la majorité, ndlr) au sujet de ce documentaire ? Dans celui-ci, y avait-il un seul mot à retirer ? Le seul reproche qui a été fait est qu’une ancienne Jeanne soit devenue journaliste dans un média contesté par des médias* ! Mais il y a quelques années, l’invitée des fêtes était Audrey Pulvar ! » Le tout avant de demander à Dominique Tripet, en tant qu’élue communiste, de s’excuser concernant un communiqué de la section orléanaise du PC qui avait pour titre : « Serge Grouard met en danger le directeur régional de France 3 Centre-Val de Loire. » 

Face à ces premières attaques, Baptiste Chapuis (PS) a déclaré, au sujet du documentaire, qu’il y manquait un élément important selon lui, « les gens du milieu associatif. Jeanne d’Arc est une icône d’engagement. Elle n’est ni de gauche ni de droite, et encore moins d’extrême-droite. C’est une icône féministe, notre patrimoine commun. » Pour l’opposition toujours, Emmanuel Duplessy (Génération.s) a ensuite dénoncé une « hystérisation du débat » et défendu un « choix éditorial de France 3 », avant de rappeler que la seule victime de menaces de mort dans cette affaire était le directeur de France 3-Centre-Val de Loire. Son intervention s’est terminée par une critique acide à destination de Serge Grouard : « Vous avez une image de plus en plus sulfureuse et vous avez de plus en plus de mal à défendre l’image d’Orléans ! » Pour l’écologiste Jean-Philippe Grand, la première pierre de cette polémique était à rechercher dans le vote de « la charte de la laïcité », au début de l’année, qui officialisait, selon lui, le fait que les membres de la majorité affirment vouloir se rendre, au moment des fêtes johanniques, dans la cathédrale Sainte-Croix ceints de leurs écharpes d’élus de la République. 

Visée par la majorité, Dominique Tripet (PC), a pris la parole : « Je ne m’excuserai ni en mon nom ni en le leur, rétorqua-t-elle au sujet du communiqué qu’on reprocha à son parti. Au parti communiste, les militants n’ont pas le doigt sur la couture du pantalon. Ils peuvent s’exprimer sans en référer à la conseillère municipale que je suis ! » 

« Attaques personnelles »

« Vous n’avez pas eu un mot sur ce qui est une censure ! », concluait pour sa part Serge Grouard en citant le courrier de France 3 Centre-Val de Loire, où il était mentionné la présence d’« une journaliste considérée comme appartenant à la droite identitaire ». « C’est une appréciation que je laisse libre à chacun, mais c’est une appréciation politique qui fait que l’on refuse la diffusion de ce film, répétait le maire d’Orléans. Ce n’est pas une ligne éditoriale, mais un choix politique. Je suis un peu déçu que vous, l’opposition, n’exprimiez rien sur cette question. » 

Du côté du groupe d’opposition composé des derniers fidèles à l’ancienne liste d’Olivier Carré**, Stéphanie Rist ne voulut justement pas remettre « un euro dans la machine à polémique. » De son côté, après une demande de suspension de séance, le groupe des élus de gauche d’opposition « RCGE Orléans » décida de quitter la salle « face aux attaques personnelles envers Dominique Tripet. » Un peu plus tôt, Jean-Philippe Grand les avait précédés en claquant bruyamment la porte du conseil…

« une « hystérisation » des débats ? »

Après cette escarmouche, Ludovic Bourreau fut le seul à intervenir au sujet de la conseillère communiste Dominique Tripet, après qu’elle et son groupe eurent quitté l’assemblée. « Elle mérite le respect », réagit le conseiller d’opposition « Ensemble pour Orléans ». Le reste du conseil municipal ne fut ensuite plus qu’un exercice de validation des points à l’ordre du jour. Il n’y eut que quelques remarques et questions de Ludovic Bourreau en matière de subventions culturelles, e de Stéphanie Rist au sujet du mode de sélection des questions directes des Orléanais, posées désormais en fin de conseil municipal. Le concept d’« instrumentalisation » flotta cependant jusqu’à la fin, avec une remarque de Charles-Éric Lemaignen concernant les questions des Orléanais retenues : « on est sûr que c’est une question qui n’a pas été instrumentalisée ! », constata l’ancien président
de l’Agglo. 

À l’issue des débats, le maire d’Orléans tint une conférence de presse pour revenir sur ce conseil municipal pour le moins houleux, et sur le fait que Dominique Tripet ait été visée. «À partir du moment où il y a un communiqué, avec l’entête du Parti Communiste français, dans lequel il est indiqué que je mets en danger le directeur de France 3, je suis en droit de demander, quand il y a un membre du Parti communiste dans l’assemblée, de quoi il s’agit ! », s’expliqua Serge Grouard. Pour lui, l’opposition avait, au cours de ce conseil, « refusé le débat ».

*Charlotte d’Ornellas, Jeanne 2002 et journaliste à Valeurs Actuelles, était l’une des voix off du documentaire.

**Olivier Geffroy, Christel Royer et Gérard Gautier ont rejoint officiellement la majorité jeudi et des délégations ont été octroyées à Christel Royer et Gérard Gautier.  

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