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Conseil municipal d’Orléans : La sécurité fait causer

Conseil municipal d’Orléans : La sécurité fait causer

Comme prévu, les chiffres de la délinquance ont occasionné un débat animé lors du dernier conseil municipal de la mandature. Les élections municipales, toutes proches, étaient évidemment en toile de fond.
Benjamin Vasset
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Une multitude de chiffres, et un constat posé par Olivier Geffroy, maire-adjoint en charge de la Tranquillité publique : Orléans a connu un recul de la délinquance générale en 2019 (-8,5 %) par rapport à 2018, ainsi qu’une baisse de la délinquance de la proximité (-12 %). Parmi les indicateurs marquants – et positifs – Olivier Geffroy a insisté sur la baisse du nombre de cambriolages, des vols d’automobiles, des dégradations/destructions et des coups et blessures. La majorité a aussi fait son miel de l’augmentation du nombre d’interpellations de la Police municipale. Lundi, ses agents auront été brossés dans le sens du poil, tous les élus louant la qualité de leur travail. D’ailleurs, pour contrecarrer les attaques fréquentes des proches de Serge Grouard quant au fait que plusieurs agents de la Police municipale d’Orléans auraient quitté la Ville ces dernières années, Olivier Geffroy a même expliqué que leurs compétences et leurs formations avaient attiré l’attention d’autres « grandes villes » de France. Florent Montillot, dans sa barbe, maugréait : « Saint-Jean-le-Blanc, Saint-Jean-de-Braye ? Des grandes villes ? »

Cependant, Olivier Geffroy a tout de même consenti à étayer quelques points noirs, comme ceux des violences aux personnes. 32 vols avec violence ont ainsi été répertoriés à Orléans par la Direction Départementale de la Sécurité Publique dans le Loiret (218 en 2019, contre 186 en 2018). « C’est un sujet qui monte et qui me préoccupe, a déclaré l’élu. Il y a une évolution de la société qui tend vers la violence. »

« Immodestie » et « spécialiste intergalactique »…

Une fois cette présentation passée, le débat a pu s’engager. Et alors qu’on aurait pu s’attendre à un feu croisé des « Orléanais au cœur », ceux-ci sont montés au front en ordre dispersé. François Lagarde a de nouveau ouvert les hostilités en rappelant la fameuse agression de l’agent de la Police municipale et intercommunale des Transports en août dernier, demandant si l’auteur de l’agression, toujours aperçu près de la gare, allait enfin être pris en charge d’une manière ou d’une autre. « Il a été déclaré pénalement irresponsable », lui a répondu Olivier Geffroy, confiant qu’« on se trouvait, pour l’instant, dans un angle mort » au niveau juridique. Au même François Lagarde, qui l’interrogeait sur sa position en matière d’armement de la Police municipale, Jean-Philippe Grand (EELV) a ensuite répliqué qu’il y était favorable, « au vu du grand professionnalisme » dont avaient fait preuve les agents de la PM depuis 2015, année où la Ville a décidé de les armer (en cinq ans, une arme a été utilisée une seule fois par les agents, ndlr).

Puis c’est Florent Montillot, discret jusque-là, qui a fait monter le volume, en évoquant des « erreurs manifestes » de chiffres et de dates, en appuyant sur des « items qui n’apparaissaient pas » dans la présentation de ces chiffres, en pointant la baisse de maîtres-chiens ou en tapant sur la mauvaise gestion humaine – supposée – de la Police municipale. « Augmenter le nombre de policiers municipaux ? C’est une bonne idée, a lancé Florent Montillot. Mais il faudrait déjà stopper l’hémorragie. Sur les deux dernières années, plus de 40 % des agents sont partis. Ils ont été remplacés par des fonctionnaires détachés. Tout cela relève d’un problème de gouvernance, administrative ou politique. » L’ancien adjoint à la Sécurité sous Serge Grouard était alors repris de volée par un Olivier Geffroy ironique : « Aucun des chiffres qui ont été donnés cet après-midi ne sont des remises en causes de ce qui a été fait précédemment, même si vous (Florent Montillot) êtes réputé comme le spécialiste intergalactique des questions de sécurité… »

Un enjeu électoral

Olivier Carré et ses proches savent que la sécurité – et le sentiment d’insécurité – font partie des éléments sur lesquels les électeurs vont faire leur choix, le 15 mars prochain. Dans le sondage que nous avions publié le 13 février avec France Bleu Orléans, 31 % des Orléanais énonçaient ce thème comme l’une de leurs préoccupations majeures. Serge Grouard, qui avait flairé le coup, avait attaqué très tôt sur le sujet. Dans son programme, présenté fin janvier, il parlait déjà d’« urgence sécurité », expliquant vouloir notamment, entre autres propositions, « renforcer la Police municipale », « accentuer la lutte contre les trafics » ou « renforcer la lutte contre les fraudes, les incivilités et l’immigration illégale ». Dans son programme paru la semaine dernière, Olivier Carré lui a répondu, en déclarant pour sa part souhaiter « renforcer les effectifs de Police municipale », « créer une brigade de chiens dressés à détecter les stupéfiants », « installer une nouvelle instance avec l’État et le Département pour coordonner la lutte contre l’immigration clandestine » et « intensifier la lutte contre la fraude »… Sur ce thème, les deux anciens amis se marquent à la culotte. Le conseil municipal de lundi en a été le dernier exemple.

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