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Construction : des nuages à l’horizon

Construction : des nuages à l’horizon

Malgré une reprise soutenue l’an dernier des ventes et des mises en chantier, l’activité de la construction commence a marqué le pas en région Centre-Val de Loire et pourrait même se dégrader si certains indicateurs comme la hausse du coût des matériaux, également pointée par les professionnels du bâtiment (voir ci-contre), se confirmait… 
P.N.
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« Jusqu’ici tout va bien… » On pourrait ainsi résumer l’état du marché de la construction et de la promotion immobilière en se fondant sur le dernier baromètre de l’Observatoire du logement neuf en région Centre-Val de Loire (OCELOR)*. Après une année 2021 marquée par une forte reprise, le premier trimestre 2022 a aussi affiché des résultats solides. Ainsi, sur l’ensemble de la région, on a noté l’an passé un fort rebond des autorisations (ou permis de construire accordés) avec une hausse de 53 % au total, pour 16 700 logements autorisés. Pourtant, quand on observe un deuxième indicateur, à savoir les logements mis en chantier ou les constructions commencées, l’horizon de la construction n’est pas aussi dégagé, puisqu’il existe un différentiel important entre le nombre de logements autorisés (+ 53 %, donc) et le nombre de mises en chantier qui ne grimpe que de 22 %, soit 700 maisons individuelles et 1 800 logements collectifs pour 2021…

Un effet ciseaux ?

S’agit-il des premiers signes d’un ralentissement de l’activité ? Le président d’OCELOR, Olivier Henry, reste prudent : « S’ils se conjuguent, plusieurs facteurs pourraient donner un coup de frein sur l’activité. Par exemple, les prix évoluent tellement rapidement que nous ne sommes pas à l’abri d’une inflation des coûts le temps du chantier. » L’inflation des prix des matériaux pourrait donc changer la donne à très court terme. « Il faut attendre encore un ou deux trimestres pour voir quelle sera la tendance lourde, précise Olivier Henry. Mais nous devons déjà absorber la hausse liée à la nouvelle norme RE 2020, qu’on évalue à 8 %. Si l’on ajoute donc le coût des matières premières, cela va poser problème. Si les coûts grimpent trop, on ne pourra pas les répercuter intégralement. » Le risque serait donc de proposer des programmes trop chers à la vente ou même de « ne pas faire », ce qui ne serait pas une bonne nouvelle pour le marché, car les prix pourraient encore continuer à croître. Or, la France a besoin de 500 000 logements neufs par an, 400 000 pour faire face à l’accroissement de la population et 100 000 supplémentaires pour rattraper le retard des deux dernières décennies, selon OCELOR.

En région Centre-Val de Loire, des communes comme Chartres ou Orléans évoquent la possibilité de limiter le nombre de deux-pièces à 30 % des programmes, pour 50 % de T3. « Or ce sont précisément le type de biens qui intéressent les investisseurs et qui se vendent le mieux, s’inquiète Olivier Henry. Le risque est que l’on se retrouve avec des surfaces qui ne se vendent pas, parce qu’elles ne sont pas celles que veulent les acquéreurs. Or, c’est quand même le marché qui décide : si les clients veulent majoritairement des T2, on ne vendra pas des trois ou quatre-pièces ! » Un autre nuage à l’horizon pour les professionnels du neuf : jusqu’à cette année, les banques étaient plutôt généreuses dans l’attribution des crédits immobiliers. Sauf que depuis début 2022, elles ont durci les conditions d’attribution, notamment parce que les taux d’intérêt augmentent (ils passent parfois les 2 % contre moins de 1,5 % l’an passé). Ces conditions plus sévères restreignent ainsi l’accès des ménages les plus modestes : en mars-avril, les banques ont d’ailleurs délivré 14,5 % de crédits en moins par rapport à la même période l’an passé. La crainte d’un effet ciseaux (prix trop élevés et acheteurs moins nombreux) est donc bien réelle en Centre-Val de Loire…

* Le baromètre Ocelor prend en compte les quatre principales aires urbaines de la région Centre-Val de Loire : Blois, Chartres, Orléans et Tours.

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