Debout et unis face au fanatisme

Deux jours après le massacre de Samuel Paty à Conflans Sainte-Honorine, Orléans s’est rassemblée pour célébrer la mémoire du professeur disparu et pour dire, aussi, son refus de l’obscurantisme et du terrorisme islamiste. Des discours qui nous ramenaient plus de cinq ans en arrière, lorsque la foule s’était réunie suite à l’attaque de Charlie Hebdo…
Benjamin Vasset
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Dimanche dernier, le masque sur la bouche mais certainement pas bâillonnés, les Orléanais ont répondu présent. Ils étaient un millier à être là, place de la République, avec des choses à exprimer : un recueillement, d’abord, une Marseillaise, ensuite, et puis une très longue et émouvante minute d’applaudissements pour saluer la mémoire de Samuel Paty, professeur massacré, vendredi dernier, à la sortie de son collège des Yvelines.

En France, en octobre 2020, un homme a donc eu la tête tranchée en pleine rue pour des raisons religieuses et politiques. Cinq ans plus tôt, des journalistes et des dessinateurs avaient été criblés de balles pour les mêmes motifs. Abject bégaiement de l’histoire, qui a appelé dimanche dernier aux mêmes mots et aux mêmes appels à la résistance. À ceci près que le « Je suis Charlie », cri de ralliement en 2015, s’est vu adjoindre dimanche dernier une autre invocation – « Ils ne passeront pas ! » – lancée quelques jours plus tôt par le président de la République. Dimanche, cette incantation a été répétée plusieurs fois par la foule, sans doute pour évacuer une peur bien palpable. Il serait d’ailleurs ridicule de la nier et de faire comme si elle n’existait pas, témoins ces deux professeurs présents déployant une banderole, à qui l’on demandait permission de les photographier. « Non, ça ne va pas être possible », répondaient-ils. La crainte d’être des cibles, certainement. Mais comment leur en vouloir ?

En ce jour de rassemblement partout en France, une dizaine de personnes se relayait à Orléans au porte-voix. Qui pour dire sa douleur, qui pour expulser sa colère. Aucun élu de la République ne prenait la parole, et ce n’était sans doute pas plus mal : il fallait laisser ce rassemblement au peuple. Des élus, pourtant, il y en avait : de la députée LaREM Stéphanie Rist en passant par une large part de maires socialistes de la métropole (Christophe Chaillou, Carole Canette, Jean-Vincent Valliès…) jusqu’au président de la Région Centre-Val de Loire, François Bonneau. Jean-Philippe Grand (EELV) et des représentants de la France Insoumise étaient également là. Les élus de la majorité orléanaise brillaient, eux, par leur absence, puisqu’on ne vit pour ainsi dire sur place que le seul Pascal Tebibel.Même si un autre rassemblement était organisé trois jours plus tard, mercredi 21 octobre, à l’initiative de Christophe Chaillou et de Serge Grouard, comment interpréter la carence des élus LR ce jour-là ? Sans doute fallait-il y voir une ligne commune tracée par le parti, que justifiait au niveau national Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat. Dans la journée de dimanche, celui-ci indiquait ainsi ne pas vouloir se rendre au rassemblement place de la République, à Paris, parce qu’il y avait déjà eu « trop d’attaques sans vraies ripostes, trop de marches suivies de trop de reculs, trop d’hommages sans courage (…) Je sais où est d’abord la place des Républicains authentiques : elle est aux côtés de professeurs qui, à l’école, portent à bout de bras la République ». 

« Depuis vendredi, j’ai mal »

Justement : des enseignants et des parents d’enseignants, il y en avait quelques-uns, dimanche dernier, place de la République, à Orléans. Le père d’un « professeur d’histoire dans le 93 » livrait ainsi un discours puissant : « mon fils me dit que le problème, c’est d’abord l’absence de soutien aux professeurs. Et puis, il faut savoir nommer les choses : nous ne sommes pas ici contre une terreur non nommée, mais contre une terreur islamiste. Il nous faut apprendre l’histoire de l’islam et soutenir les Musulmans qui luttent pour leur émancipation. Les Musulmans laïcs sont menacés : si nous ne les soutenons pas, ne nous étonnons pas de ce qui nous arrive. » Un prof orléanais d’histoire-géo – et d’enseignement moral et civique – continuait : « mon métier, c’est de transmettre, de partager et de discuter. J’ai appris cette semaine qu’une personne est morte pour cela. Depuis vendredi, j’ai mal. »

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de 11 h à 21 h
10
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samedi 17 h, samedi 21 h et dimanche 16 h
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