Des aides trop éparses, la région reprend la main

Pour faire cesser le fouillis d’initiatives et de soutiens aux entreprises, la Région Centre-Val de Loire souhaite centraliser les dossiers d’aides. Mais pour garantir une certaine sécurité économique à long terme, la collectivité va aussi investir dans la jeunesse et l’apprentissage.
C.S
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur whatsapp

Le taux de chômage explose : en Centre-Val de Loire, on enregistre ces derniers mois « une hausse de 3 % des demandeurs d’emploi de catégories A, B et C ». Les plus impactés ? Les intérimaires et les contrats à durée déterminée (CDD). Malgré les soutiens financiers aux entreprises, la situation économique et sociale reste préoccupante, encore un mois après la sortie effective du confinement. « À la mi-mars, les recrutements se sont brutalement arrêtés, explique Harold Huwart, vice-président délégué au développement économique à la Région Centre-Val de Loire. Cela aboutit parfois à des suppressions d’emplois, ce qui réduit à néant des efforts d’environ trois ans. »

Des chefs d’entreprise perdus

Au 1er avril, les différents fonds d’aides étaient déjà en partie consommés, alors même que la vague de la crise économique ne fait que débuter. « Les collectivités sont déjà au maximum de leurs capacités », souligne encore Harold Huwart, inquiet, voire alarmé, par cet état des lieux régional. Quant aux initiatives territoriales (Région, métropoles, communes, départements, chambres consulaires et économiques…), leur dispersion perd totalement les chefs d’entreprise, si bien qu’ils ne sont qu’un tiers à bénéficier de tel ou tel dispositif d’accompagnement : en Centre-Val de Loire, « 10 à 12 000 entreprises » ont ainsi bénéficié du Prêt garanti par l’État ; « 70 à 80 000 » ont bénéficié d’un fonds national de solidarité. Trop peu, selon la Région.

« Un axe région / départements pour plus de fluidité ? »

La clef serait, pour le conseil régional, de travailler avec les chambres départementales pour concentrer et prendre en charge tous les dossiers. Ceux-ci seraient ensuite fléchés vers les dispositifs adéquats afin qu’ils bénéficient à toutes les entreprises en demande. Pour compléter les aides existantes, un fonds pour les micro-entreprises a été lancé le 15 mai dernier dans la région. Ce « nouveau démarrage » doit engager une « phase d’activités humaines » plus dense que les derniers mois. Mais il met aussi en avant une autre problématique économique, celle de la proximité et de la relocalisation des entreprises sur nos territoires. « Celle-ci doit s’accompagner d’une transition écologique et environnementale, martèle, depuis plusieurs semaines, François Bonneau, le président de la Région. Nous devons nous mobiliser et faire attention aux mutations à venir. »

Formation : le spectre de 2008

La crise économique qui nous touche devrait s’étaler dans le temps. Il n’est pas évident que tous les secteurs d’activités repartent « comme avant » à la rentrée de septembre. Mais cette crise se mêle à une autre, celle de l’enseignement et de l’apprentissage, voies qui mènent à l’emploi. « Pour les jeunes, le confinement a été révélateur de précarité et d’isolement » affirme Cathy Munsch-Masset, vice-présidente déléguée à l’éducation à la Région Centre-Val de Loire.

Ainsi, pour les élèves en apprentissage, le conseil régional se fait du souci. Selon la Région, les modalités pour sécuriser les contrats des apprentis et leurs statuts ne sont pas encore en place. Le problème se pose ainsi pour les apprentis actuels et ceux de la rentrée prochaine. Pourtant, la formation professionnelle est l’un des leviers pour combattre la crise économique. Jusqu’à présent, les quelque « 6 000 formés » de la région ont pu obtenir un maintien de salaires et « 70 % ont pu continuer à suivre leur cursus pendant le confinement ». À court et moyen termes, l’objectif est donc bien d’éviter le coup de frein de l’apprentissage et la fragilisation des organismes de formation. Les moyens devraient être réorganisés, notamment grâce à un « nouveau programme » régional de formation et d’apprentissage, en cours de réalisation. La plateforme de La Bourse de l’apprentissage, mise en ligne début mai, doit également assurer l’avenir en mettant en lien des jeunes apprentis et des entreprises locales proposant des contrats. « L’apprentissage est un investissement d’avenir, assure-t-on à la Région. Si on ne prépare pas les compétences de demain, il y aura de nouveau un fort manque de personnel qualifié, comme après la crise économique de 2008. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres ARTICLES a lire
Orléans Métropole : Christophe Chaillou (PS) élu au prix d’un « consensus » avec Serge Grouard
Jeudi soir, Christophe Chaillou, le maire PS de Saint-Jean-de-la-Ruelle, a...
Des fêtes johanniques au format réduit !
En raison du Covid-19, Serge Grouard, maire d’Orléans depuis samedi...
Serge Grouard est redevenu, ce samedi, maire d’Orléans
Après la victoire de sa liste dimanche dernier à l’issue...