|
|
Des anti-pass devant la justice
|
|
Des anti-pass devant la justice

Des anti-pass devant la justice

Cinq manifestants contre le pass vaccinal, et notamment la leader du collectif Le citoyen La citoyenne, organisatrice de la manifestation du 12 mars 2022 à Orléans, ont comparu mardi au Tribunal judiciaire pour avoir tenté de brûler des palettes sur les voie du tram et outragé les forces de l'ordre.
Gaëla Messerli
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur whatsapp

Des anti-pass vaccinal à la barre du Tribunal judiciaire d’Orléans : mardi, dans une salle d’audience pleine, les débats se sont déroulés dans une ambiance oscillant entre cours d’instruction civique et intervention disciplinaire de la présidente du Tribunal face à un auditoire chahutant. Il faut dire que les premières minutes de l’audience avaient été filmées au portable par l’un des auditeurs… Ce qui, rappelons-le, est interdit. L’apprenti documentariste s’est d’ailleurs vu confisquer son téléphone et a fini en garde à vue. 

Sur le fond du dossier, cinq manifestants anti-pass étaient mis en cause. Le 12 mars dernier, leur manifestation avait pris un itinéraire différent que celui autorisé par la Préfecture. Mais surtout, ils avaient déposé des palettes et tenté d’y mettre le feu à la croisée des trams, place de Gaulle. Face à l’intervention des forces de l’ordre, plusieurs procès-verbaux -et des vidéos réalisées par les manifestants eux-mêmes- avaient fait état d’insultes à l’égard des policiers. On avait pu entendre des amabilités comme « j’adore ton petit bâton comme les nazis à l’époque nazie » ou « bande d’enfoirés, collabos, nazis ». 

Prison avec sursis réclamée

La leader du mouvement, Sarah Bertran, a expliqué avoir spontanément changé d’itinéraire car celui autorisé par la Préfecture passait par des boulevards déserts. « Or, notre but était d’informer la population, a-t-elle justifié. C’était une injustice permanente, très dure à accepter ». Pour ce qui est des palettes brûlées, l’objectif n’était pas, selon elle, d’incendier la ville, car « les palettes étaient mouillées ». Mais il s’agissait d’« un symbole : la flamme de la résistance.» Ses propos à l’encontre des forces de l’ordre ? « J’ai dit cela en plaisantant, cela fait bâton de nazi. C’est l’objet (la matraque télescopique, ndlr) qui m’a choquée ». L’un des deux autres manifestants jugés s’est dit « outré, car les policiers gazaient les manifestants ». Ayant tenté d’incendier les palettes avec de la vodka, un autre a essayé de convaincre la cour que l’allume-gaz présent dans ses affaires lui servait… pour ses cigarettes. S’étant interposé violemment face aux policiers afin d’empêcher l’interpellation de Sarah Bertran, un autre anti-pass a expliqué « avoir paniqué » en cette période où « à Paris, des violences policières avaient lieu. » 

Côté défense, l’un des avocats a plaidé la volonté manifeste de mettre un terme aux manifestations. Il a également rappelé que le collectif avait bien suivi la marche déclarée en Préfecture, mais que le directeur de cabinet avait modifié l’itinéraire. La Procureure de la République a malgré tout réclamé 8 mois de prison avec sursis simple à l’encontre de Sarah Bertran ainsi que de l’homme qui s’était interposé à son interpellation, mais aussi une interdiction de manifester pendant 2 ans, de port d’armes pendant 3 ans et d’entrer en contact avec ses co-prévenus pendant 2 ans. Pour le manifestant qui avait insulté les forces de l’ordre, le Parquet a requis 210 heures de travail d’intérêt général ainsi qu’une interdiction d’entrer en contact avec les autres prévenus. La Procureure a aussi demandé, pour deux autres prévenus ayant participé au transport et à l’allumage des palettes, une peine de 6 mois de prison avec un sursis simple, ainsi que les mêmes interdictions de manifester, de port d’armes ou d’entrer en contact avec les autres prévenus. Le délibéré est attendu le 7 juin à 13h30.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres ARTICLES a lire
Christophe Liony, médecin des âmes : le nouveau curé de la paroisse Saint-Vincent à Orléans
Depuis la rentrée, la paroisse Saint-Vincent à Orléans compte un...
Fool System célèbre ses 10 ans d’existence avec la sortie de son dernier album de rock franc « L’Heure bleue » – un succès pour le groupe Orléanais
Le groupe orléanais Fool System célèbre ses dix ans d’existence...
Réouverture du Théâtre Gérard-Philipe après des travaux de rénovation – Amélioration de l’isolation, de l’accès et de la sécurité à La Source
Au terme de trois mois de fermeture et de travaux...