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Deux centres de vaccination et mille doses par semaine

Deux centres de vaccination et mille doses par semaine

Deux centres de vaccination destinés aux plus de 75 ans et à certains publics fragiles ont ouvert ce lundi à Fleury-les-Aubrais et La Source. Mais pour le moment, le manque de doses ne permet que de vacciner environ 200 personnes par jour sur la métropole orléanaise.
Benjamin Vasset
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« Ça y est, on est sauvé ! » Lundi après-midi, à la sortie du centre de vaccination de La Source, deux retraités laissent deviner un sourire de contentement sous leurs masques. Pour eux qui viennent de se faire administrer leur première injection en un peu moins d’une heure, c’est la promesse de lendemains moins angoissants. Bien sûr, il leur faudra encore faire preuve de prudence et de patience avant une seconde injection de rigueur, d’autant que, selon les autorités sanitaires, il faut attendre entre 12 et 18 jours pour que le vaccin dépasse les 50 % d’efficacité.

La vaccination « grand public » a ainsi débuté le 18 janvier en France et dans la métropole. Depuis lundi, deux centres de vaccination – la Passerelle de Fleury au nord, la salle Pellicer au sud – ont ouvert leurs portes aux personnes de plus de 75 ans ainsi qu’à celles présentant « une forme grave de maladie »*. À La Source, pour transformer cet endroit polyvalent en centre de vaccination, les équipes de la mairie ont bûché tout le week-end. Un temps, d’ailleurs, il a été question de réquisitionner le Zénith d’Orléans, une hypothèse vite repoussée par les pouvoirs publics. « Il y avait trop de normes et c’était surdimensionné ; cela aurait été du gaspillage d’argent public », justifie Thierry Demaret, le secrétaire général de la Préfecture. Pour Florent Montillot, maire-adjoint orléanais à la Santé, la salle Pellicer pourra, quand la situation le permettra, vacciner entre 800 et 1 000 personnes par jour et faire tourner à plein ses huit box. Lundi, seuls quatre étaient en service.

« Fiasco » ou pas ?

En début de semaine, les deux centres de vaccination métropolitains ne fonctionnaient pas, en effet, au maximum de leurs capacités d’accueil. La raison ? Le manque de doses disponibles : il n’y en a que 200 par jour pour le « grand public » sur l’agglomération orléanaise. Ce chiffre maigrichon a énervé Serge Grouard, qui l’a fait remarquer avec vigueur en fin de semaine dernière. « Le fiasco est total », a-t-il tonné, alors que la campagne de vaccination « grand public » n’était pourtant pas entamée. Mais le maire d’Orléans n’est pas le seul à être en rage : dans toute la France, à gauche comme à droite, des maires pointent l’incurie du Gouvernement sur le sujet de la commande de vaccins, accusant l’État d’inertie quand ce n’est pas d’incompétence. Le conseiller régional LR Guillaume Peltier a lui aussi chaussé ses gros sabots en dénonçant la « bureaucratie triomphante qui, enveloppée d’arrogance, continue à faire de la France la championne du monde de la non-vaccination. »

Si l’on ne peut exclure le fait que certains élus locaux se servent de la situation actuelle pour rejouer la fable du pot de terre (les collectivités courageuses) contre le pot de fer (l’État imbécile et ingrat, pour faire simple), la plupart des citoyens ont, aujourd’hui, du mal à comprendre qu’on leur demande d’attendre quelques jours, voire quelques semaines, avant de prendre rendez-vous pour faire leur piquouse. Les représentants de la Préfecture ont ainsi du mal à dire clairement aux gens qu’il ne sert à rien, en l’état actuel des choses, de se ruer sur les lignes téléphoniques ouvertes et sur les plateformes Internet. « Il n’y a pas urgence à être vacciné dans la minute », exprime pour sa part la députée du Loiret (LaREM) Stéphanie Rist. « Nous allons mettre deux mois à vacciner les 75 ans et plus », prévoit-elle cependant, tablant sur l’arrivée prochaine, en France, des vaccins Moderna (il sera disponible fin janvier sur tout le territoire selon le Gouvernement) et AstraZenecca (son autorisation de mise sur le marché devrait être décidée le 29 janvier), deux vaccins dont les conditions de conservation sont moins contraignantes que celles du Pfizer, aujourd’hui utilisé. « Si on arrive à vacciner plus de 60 % de la population au mois de juin, normalement, à l’automne, on devrait être plus tranquille », veut même croire Stéphanie Rist. Deux conditions à cet horizon, selon elle : que le vaccin agisse bel et bien sur la transmission du virus, et que les variants anglais et sud-africains de la Covid-19 ne viennent pas tout remettre en cause…

Sur ce calendrier, Florent Montillot ouvre grand les yeux : « il faut un discours de transparence : faire croire que toute la France sera vaccinée fin juin, c’est faux, argue le maire-adjoint d’Orléans à la santé. Si on a terminé de vacciner les plus de 65 ans à cette date, ce sera vraiment le maximum. Quand on sera en décembre 2021, il faudra encore plusieurs mois de vaccination. » Du côté de la Préfecture, on rappelle que, « pour le moment, on ne travaille qu’avec un seul vaccin. Quand on en aura d’autres, on pourra vacciner par la médecine de ville. »

Pas de cohue

En attendant de voir qui aura raison dans ses pronostics, lundi soir, tout se déroulait dans le plus grand calme au centre de vaccination de La Source. Devant la salle Pellicer, aucune scène d’émeutes ou de personnes agglutinées dans le froid de l’hiver orléanais. En fin d’après-midi, le docteur Raphaël Serreau, médecin-coordinateur de l’endroit, se satisfaisait de voir que la première journée s’était bien passée, même si la police municipale avait dû intervenir en matinée alors que le centre de vaccination n’était pas encore ouvert : certains n’avaient visiblement pas compris que la salle Pellicer n’était pas accessible sans rendez-vous… À 16h45, un quart d’heure avant la fermeture des portes, 64 personnes avaient, en tout cas, déjà reçu leurs premières doses.

* Les personnes atteintes de cancer et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie, les personnes atteintes de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dyalisés, les transplantées d’organes solides, les transplantées par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques, les personnes atteintes de polypathologies chroniques, avec au moins deux insuffisances d’organes, celles atteintes de certaines maladies rares et de trisomie 21.

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