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À Orléans, le privé toujours prisé
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À Orléans, le privé toujours prisé

À Orléans, le privé toujours prisé

Même si le Loiret n’est pas un bastion traditionnellement fort de l’enseignement privé catholique, celui-ci ne voit pas ses effectifs chuter et connaît même, dans l’Orléanais, une forte demande…
Gaëla Messerli
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L’an dernier, 15 151 élèves, répartis dans 51 établissements (27 écoles, 12 collèges et 12 lycées), étaient inscrits dans l’enseignement privé catholique du Loiret. « Les chiffres pour cette rentrée 2022 ne sont pas encore arrêtés, mais ils devraient être du même ordre », estimait, mi-août, Jean-Pierre Bonnet, directeur interdiocésain de l’enseignement catholique Berry-
Loiret. Dans le département, environ 8 % des élèves du premier degré sont scolarisés dans le privé ; ils sont 12 % dans le second degré. Alors on est certes loin des chiffres proches des 40 % que l’on peut observer sur la côte Atlantique, mais les données sont plutôt en légère progression depuis quelques années. Jean-Pierre Bonnet précise en outre qu’il existe de réels contrastes entre Gien, Montargis et Orléans : « En résumé, Orléans est la “locomotive”, avec des établissements qui font le plein, même si on constate une légère stagnation au niveau des écoles en raison de la baisse des naissances. Par contre, il existe une progression au niveau des collèges : le collège Assomption-Saint-Marc, par exemple, a ouvert des classes tout comme Saint-Charles depuis trois ans, c’est aussi le cas de La Providence. » Quant à l’échelon suivant, « le lycée général se porte bien, et pour le lycée professionnel, tout dépend des cartes de formation. L’apprentissage se développe avec quatre centres de formations des apprentis et trois antennes. Nous pouvons d’ailleurs le remarquer à Saint-Paul-Bourdon-Blanc, qui compte désormais des centaines d’apprentis alors qu’auparavant, ce n’était pas leur cœur de métier ». 

 « Dans certains établissements, note Jean-Pierre Bonnet, si nous voulions ouvrir de nouvelles classes, nous pourrions les remplir, mais nous travaillons à moyens constants et devons être présents également ailleurs dans le diocèse. » En clair, l’enseignement privé catholique souhaite continuer à être présent dans tout le Loiret même si, aujourd’hui, Pithiviers et Montargis constituent pour cet enseignement des points de fragilité. « Il y a une forte “concurrence”, avec deux nouveaux collèges publics dans le Pithiverais. Sur l’est du département, un établissement est cependant en train de reconstruire son projet éducatif en le recentrant sur Montargis. » 

Pourquoi le privé ?

Qu’est-ce qui motive (toujours) les familles à faire le choix du privé, alors que la religion catholique semble drainer de moins en moins de fidèles dans les églises ? Même si la raison religieuse n’est plus le motif premier pour toutes les familles, « il demeure une dimension pastorale dans les établissements privés catholiques sous contrat avec l’État : cela va de l’éveil à la Foi jusqu’à la préparation des sacrements. Aujourd’hui, nous avons différents publics et nous nous en réjouissons, car c’est une mission d’Église, celle d’une conversion. Certaines familles viennent inscrire leurs enfants sans savoir vraiment pourquoi elles le font, mais elles savent pourquoi elles restent ! » Cela étant dit, les raisons de l’attrait continu de l’enseignement privé catholique sont à chercher dans d’autres réponses : « Dans le public, on est affecté à un établissement en fonction d’un lieu d’habitation, explique ainsi Jean-Pierre Bonnet. Chez nous, il y a un projet d’établissement auquel les familles choisissent d’adhérer. Chacun a sa particularité. Par exemple, à Saint-Paul-Bourdon-Blanc, on valorise l’accompagnement des élèves en situation difficile d’apprentissage, à Saint-Charles, on travaille sur le bilinguisme… À notre niveau, nous voulons cependant éviter la concurrence malsaine entre les établissements. » Pour les familles, l’argument de la proximité reste pourtant important, car l’école privée est parfois celle du quartier. « Au lycée, la carte des formations joue beaucoup », ajoute le directeur interdiocésain de l’enseignement catholique Berry-Loiret, qui indique par ailleurs que les écoles catholiques accueillent également des élèves d’autres confessions, notamment musulmane, bien que leur nombre reste minoritaire mais stable.

De plus en plus cher 

En moyenne, dans le Loiret, une année dans l’enseignement privé coûte 1 580 € en maternelle, 1 104 € dans le primaire, 2 284 € au collège et 2 285 € en lycée général (3 218 € en enseignement technique). « La contribution financière des familles – ou frais de scolarité – est souvent ajustée aux revenus des familles, mais pour les établissements, ce sont les “à côtés” qui sont coûteux, comme la restauration, la garderie ou l’internat », explique Jean-Pierre Bonnet, qui souligne la difficulté d’équilibrer leurs comptes pour les petites écoles, car les charges sont importantes. Si, dans le privé sous contrat, les enseignants sont payés par l’Éducation nationale, les infrastructures et les frais de fonctionnement le sont par la contribution des familles ainsi que par un forfait annuel versé par les communes pour les élèves domiciliés sur leur territoire, que l’enseignement privé catholique voudrait voir évoluer, pour qu’il « soit plus juste ». Contrairement aux écoles publiques, le tarif de la restauration scolaire ne bénéficie en outre d’aucune subvention des communes : « Il n’y a qu’au niveau des collèges qu’il existe une aide du Conseil départemental. » 

Comme dans le public, cependant, la crise des vocations professorales n’épargne pas non plus l’enseignement privé. En effet, selon la direction interdiocésaine de l’enseignement catholique Berry-Loiret, 9 % des postes sont non pourvus dans le second degré, contre 2 % dans le premier degré. Pas d’inquiétude cependant concernant l’accueil des élèves en cette rentrée, car celle-ci sera partout assurée en ayant recours, au besoin, à des personnels contractuels. Comme chez les « copains » du public…

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