Apprendre l’arabe à Orléans : pas impossible, mais difficile !

En décembre dernier, le président de la République s'est exprimé via le média Brut sur sa volonté de remettre à l'école l'enseignement de l'arabe afin que sa pratique ne soit pas détournée. À Orléans, s'il est possible d'apprendre cette langue aujourd'hui au sein de structures privées, ce n'est plus le cas au sein des établissements scolaires publics…
Gaëla Messerli
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Il y a une dizaine d’années encore, l’arabe pouvait être choisi comme troisième langue au lycée Pothier à Orléans et être aussi pratiqué en classe préparatoire. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas : il est, d’ailleurs, également absent des langues enseignées à l’université d’Orléans. Du côté du rectorat de l’Académie d’Orléans-Tours, on indique qu’actuellement, sur le territoire, l’arabe n’est enseigné à Luisant (Eure-et-Loir) qu’en Langue Vivante C, à Blois dans un collège REP+ et un lycée, avec potentiellement un autre collège l’année prochaine. Cette langue est également proposée à Tours dans un collège et un lycée, et à Saint-Pierre-des Corps dans un collège.

Via des mosquées ou des associations

Lorsque l’on vit dans la métropole orléanaise, il est cependant possible d’apprendre l’arabe via des cours proposés en lien avec des mosquées, mais aussi via des associations ou en passant par des entreprises spécialisées dans l’apprentissage des langues étrangères. C’est le cas de l’association France-Liban 45 qui proposait, avant les problématiques dues au contexte sanitaire, une initiation pour les enfants. Elle s’est aussi lancée depuis près de trois ans dans la création d’un centre d’apprentissage à destination des adultes. « Nous avions des demandes d’un public professionnel pour un usage commercial, explique Rita Berger, présidente de l’association dont les activités sont suspendues, pour l’heure, en raison du contexte sanitaire. Par exemple, nous recevions des hôtesses de l’air faisant régulièrement des escales dans les émirats arabes ou à Dubaï, mais aussi des professeurs de lycée qui souhaitent apprendre l’arabe pour mieux accompagner certains élèves. Nous avions aussi des demandes de retraités qui voyagent et connaissent le Moyen-Orient. » Rita Berger poursuit : « volontairement, nous avons une approche qui n’est pas religieuse, car le Liban est constitué de chrétiens comme de musulmans. L’arabe enseigné est l’arabe littéral. On peut être compris ainsi dans tous les pays du Moyen-Orient, au contraire de l’arabe dialectal. »

Peu de demandes…

Pour les enfants, l’association France-Liban 45 commence en théorie l’apprentissage dès 5 ans, « si les parents parlent un peu à la maison. » Côté financement, s’il s’agit plus d’une découverte sous forme de repas partagés, l’adhésion à l’association suffit. Pour les adultes qui veulent se former dans un but professionnel, c’est un système de cours qui est mis en place, et il faut compter entre 45 et 50 € de l’heure.

Du côté de Prestige Interlanguage, entreprise spécialisée dans l’apprentissage des langues étrangères installée à Saint-Jean-de-Braye, l’arabe est, même en dehors de la crise liée à la Covid-19, une langue « peu demandée », observe la directrice, Mireille Rubio. « Au niveau professionnel, nous avons eu des demandes de personnes qui souhaitaient travailler avec Dubaï, ajoute cette dernière. Nous avons aussi eu le cas d’une personne qui souhaitait communiquer avec la famille de son gendre. »

Si l’envie vous vient de passer par cet organisme pour apprendre l’arabe, il vous faudra compter près de 1 600 € pour une vingtaine de cours. Néanmoins, ceux-ci sont éligibles à un financement via votre compte personnel de formation. « Aujourd’hui, les personnes ne sont plus obligées de demander l’autorisation de leur patron pour choisir ces formations, indique Mireille Rubio. On voit d’ailleurs, pour des langues comme le portugais, des demandes de personnes qui approchent de la retraite et souhaitent aller vivre dans ce pays par la suite. Avec le contexte économique actuel, la maîtrise d’une langue étrangère est également un vrai atout sur le marché de l’emploi. Nous travaillons d’ailleurs beaucoup avec Pôle Emploi et les cabinets de recrutement. » Espérons qu’après la crise, les Orléanais n’auront pas perdu l’envie de se former à l’usage des langues étrangères ! 

Plus d’infos :
Association France Liban 45 : rita.berger.pro@gmail.com
Prestige Interlanguage : www.ecole-de-langues-orleans.com

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de 11 h à 21 h
10
Oct
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samedi 17 h, samedi 21 h et dimanche 16 h
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