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Il a transformé le métro aérien suspendu de châteauneuf-sur-loire !

Il a transformé le métro aérien suspendu de châteauneuf-sur-loire !

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L’origine des RAMI remonte à 2003. D’abord il y eut Jazz Bourgogne, un festival dédié au jazz, musiques improvisées et à la poésie, qui animait les bars de la rue de Bourgogne. Puis Jazz au Jardin Groslot, puis une succession de concerts intimistes et de poésies acoustiques dans des lieux divers. Il y a cinq ans, les RAMI sont véritablement nées. Elles se partagent entre plusieurs lieux artistiques orléanais, autour d’une programmation plurielle et inventive. Gérard Bedu, directeur artistique et programmateur, aime en effet provoquer des rencontres et les faire se croiser pour des propositions artistiques uniques comme GiedRé et Hugues Vincent, qui mêlent le violoncelle à la poésie érotique. « Parfois, ces rencontres se pérennisent et c’est un beau cadeau, dit Monsieur Gé. En général, je me laisse porter par les musiques proposées, j’évite de trop intellectualiser ma programmation. Elle doit sonner à mon oreille comme la lecture d’un poème, être rythmée, sonnante, cognante, légère… ». Faisant de son événement un laboratoire artistique, Gérard Bedu veut montrer que la musique improvisée est accessible à tous. « Mais attention au non-sens : la musique improvisée n’est pas liée qu’à l’improvisation. Elle porte assez mal son nom, d’ailleurs ». En effet, elle regroupe un ensemble de courants et de pratiques hérités du free jazz, des musiques électro-acoustiques et musiques du monde.

Difficile de ne pas être émerveillé devant cette habitation insolite, blottie près d’un étang et bordée d’arbres aux couleurs chatoyantes de l’automne. Un décor digne d’un film, qui nous rappelle d’ailleurs que cet habitat a, en son temps, séduit François Truffaut, qui a tourné quelques scènes de Fahrenheit 451 à l’intérieur de cette cabine. Un film où l’on peut d’ailleurs voir le métro aérien suspendu de Châteauneuf-sur-Loire (voir encadré) en marche…

Histoire d’une récup’…

L’histoire de cette habitation nichée entre Loire et Sologne n’est pas banale. « Mon père, Michel Guérin, voulait créer un musée des transports non abouti à Saran, avec le prototype de l’aérotrain et la cabine du métro aérien de Châteauneuf-sur-Loire, raconte Francis Guérin. Il a retrouvé et acheté cette cabine en 1994, chez un ferrailleur, à Huisseau-sur-Mauves. Deux jours avant son transfert, le prototype de l’aérotrain a brûlé, et l’idée de musée a été abandonnée… » Francis Guérin s’est alors lancé dans la transformation de la cabine de feu le métro aérien de Châteauneuf-sur-Loire. « Il y a deux ans, après la lecture dans la presse d’un article sur le métro aérien suspendu, je me suis dit que cela ferait une très bonne habitation, raconte-t-il. J’en ai parlé à mon père, qui m’a dit que la cabine nous appartenait et qu’elle se trouvait stockée chez Baudin Châteauneuf. » La nouvelle vie du métro aérien suspendu venait de commencer.

Après le rapatriement de la cabine dans la propriété familiale, Francis Guérin, « jardiniste » (un terme qu’il revendique, antérieur à celui d’architecte paysagiste, ndlr) de profession, se lance dans la transformation de l’engin en habitation. Passionné de transport, il rappelle qu’enfant, il « allait déjà voir l’aérotrain en vélo, deux fois par semaine. » Il est d’ailleurs aujourd’hui un fervent militant du projet Spacetrain (voir ci-contre), mais ceci est une autre histoire.

De l’Orient… à l’Orient-Express

Avant de transformer la cabine de l’ex-métro aérien, Francis Guérin a vécu au Maroc : on retrouve d’ailleurs ce lien avec ce pays du Maghreb à l’entrée de l’habitat, à travers deux poteaux sculptés dans des ateliers d’artisans locaux. « Ce sont des éléments que j’utilise dans les jardins », commente l’homme, qui n’hésite pas à détourner les objets et les éléments pour composer cette maison. À l’intérieur, on retrouve le thème du voyage et celui des transports, avec un côté Orient-Express et une touche Belle Époque qui sont évoqués par les peintures d’esprit Mucha réalisées par une cousine. Le tissu utilisé pour réaliser, sur-mesure, les banquettes et guéridons, vient lui de Christian Lacroix. « Il a habillé la SNCF », mentionne Francis Guérin, qui a en outre fait appel à son ami Lavrat pour réaliser les guéridons, en utilisant des barres de la cabine pour les pieds.

Le chêne de la grande table vient aussi des wagons. Un fil conducteur que l’on peut retrouver aussi avec les traverses de chemin de fer réutilisées pour cacher des arrivées d’eau en extérieur, ou encore les feux de trains, dont Francis Guérin a juste remplacé les ampoules par des leds pour éclairer la terrasse. Récupération et « chine » sont en effet le parti pris de celui qui a créé un joli cocon pour accueillir famille et amis. Des amis qui ont aidé Francis Guérin dans son aventure. « Les rideaux comme les coussins ont été réalisés par une amie, Marie Wolf », dit-il. Le bar de 1920 vient quant à lui de Montargis et a été offert par une amie sensible à sa démarche.

Le voyage n’est pas terminé

Le lieu est cependant loin d’être un cabanon, car il dispose d’une vraie salle de bains avec W.C et d’une chambre, le tout avec eau, électricité et un magnifique poêle pour le chauffer. Aujourd’hui, l’endroit, qui peut accueillir jusqu’à six personnes, est confortable. Mais Francis Guérin continue de peaufiner sa réalisation, puisqu’il cherche encore un frigo américain vintage et veut retapisser les fauteuils cet hiver. À l’extérieur, le jardiniste compte aussi bien mettre sa patte en plantant fougères, bruyères et rhododendrons. Le voyage n’est donc pas terminé à bord du métro aérien suspendu… 

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