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Il faut Sauver le soldat tourisme !
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Il faut Sauver le soldat tourisme !

Il faut Sauver le soldat tourisme !

La crise sanitaire risque d’ébranler le secteur touristique en Centre-Val de Loire et dans l’Orléanais. À leurs échelles, deux des autorités compétentes en la matière, la Région et la Métropole, ont mis en place des stratégies pour sauvegarder l’emploi et les retombées générées par le tourisme. Ces efforts seront-ils suffisants ? 
Benjamin Vasset
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Il a accueilli l’an dernier plus d’un million et demi de visiteurs, et a déjà annoncé des pertes colossales pour l’année 2020. Le 20 avril dernier, le Zoo de Beauval, dans le Loir-et-Cher, a indiqué s’être assis sur près de 15 M€ de recettes. Les 10 000 animaux du parc devant continuer à être nourris et soignés, 200 salariés ont continué à travailler pendant le confinement. En février dernier, le zoo avait également inauguré un nouveau dôme rutilant, qui avait nécessité un investissement de 40 M€. Tout cela mis bout à bout, on peut comprendre que les propriétaires aient d’ores et déjà crié… au loup.

L’exemple de Beauval, dont la renommée dépasse de loin les frontières de la région, est le plus symbolique des difficultés que pourrait connaître, à moyen terme, le secteur touristique en Centre-Val de Loire. Sur le plan économique, celui-ci est un joyau à préserver : en 2014, il représentait près de 3,4 milliards d’euros de retombées. Et au 31 décembre 2016, il générait pas moins de 33 000 emplois sur l’ensemble de la région. À son niveau, la métropole orléanaise comptabilisait, elle, en 2019, plus d’un million de nuitées dans les établissements de son territoire. C’est donc un pan vital de l’économie régionale et métropolitaine que le confinement menace, dans les mois qui viennent, de faire tomber.

« Des campagnes « massives » d’affichage »

Assez vite cependant, les autorités ont compris qu’il ne faudrait pas traîner pour sauver le soldat tourisme. À l’échelle de la Région, François Bonneau dit ainsi avoir dialogué très tôt avec Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État au tourisme, pour lui faire comprendre les « spécificités du tourisme en Centre-Val de Loire ». « Par la suite, je lui ai adressé les propositions d’un protocole sanitaire précis pour pouvoir rouvrir certains sites », poursuit le président du conseil régional. Lequel a également sollicité Stéphane Bern afin de plaider la cause du Centre-Val de Loire auprès de personnalités haut placées. Hasard ou coïncidence, la Région a fini par obtenir, début mai, la réouverture de trente sites touristiques pour le début du confinement. « Il fallait une évaluation département par département, site par site, précise François Bonneau. Nous avons mené un travail de grande proximité, qui a pu être crédible. » Si l’Indre-et-Loire a vu ses châteaux, musées et jardins rouvrir en premier, le Loiret lui a rapidement emboîté le pas. Le château de Meung-sur-Loire – une structure privée – a par exemple accueilli de nouveau du public dès le 16 mai, bientôt suivi par les châteaux et musées du Département du Loiret, ainsi que par le Parc Floral de La Source : tous ont commencé à « renaître » à la date du 20 mai. Le tout en suivant des règles sanitaires draconiennes afin, notamment, de fluidifier la circulation ou de nettoyer les installations très régulièrement.

Touriste à domicile !

Si plusieurs structures ont pu rouvrir, rien ne garantit cependant qu’elles survivront toutes à la crise. « Quand deux mois de recettes manquent à l’appel, l’aspect est forcément dégradé au niveau financier », convient François Bonneau. Aussi, avec son Fonds Renaissance, la Région explique vouloir accompagner les acteurs du secteur touristique à hauteur de 4 à 5 M€, par le biais d’avances remboursables. En termes d’aides directes, le Fonds TPE de la Métropole d’Orléans, que celle-ci abonde en compagnie du Département, s’adresse également aux entreprises du secteur touristique. Il représenterait une « force de frappe de 400 000 € ». Au-delà de ces gestes de premier secours, si l’on peut dire, le Conseil régional a quant à lui décidé de « mettre le paquet » en termes de communication, par la grâce d’une campagne d’affichage principalement destinée à la région parisienne, mais aussi à d’autres grandes métropoles françaises que sont Nantes et Bordeaux. « C’est une campagne de communication massive et puissante, à travers journaux, télés, radios, précise François Bonneau. Elle est portée par la Région, les Départements, les intercommunalités et les Métropoles. » Son budget : entre 600 000 et 700 000 €.

« Un tourisme de nature apte à séduire ? »

À son échelle, la Métropole d’Orléans a elle aussi décidé de se vendre auprès d’une « clientèle de proximité », selon les mots d’Axel de Beaumont, le directeur général d’Orléans-Val de Loire Tourisme, l’office de tourisme de la Métropole. Ainsi, entre fin juin et début juillet, une autre campagne d’affichage sera déployée à Paris et en Île-de-France, autour d’un slogan simple : « Heureux de vous retrouver ». Alors que les professionnels du tourisme tablent sur le principe de vacances « relocalisées » lors des prochains mois d’été, Orléans veut capter une clientèle située dans un rayon de 200 à 250 km. Mais elle n’a pas envie d’oublier non plus les vrais autochtones, dont la Métropole souhaite qu’ils consomment, eux aussi, du tourisme local. « Combien d’Orléanais ont, par exemple, été boire un verre au bar de la marine de Combleux ? », demande Axel de Beaumont. Celui-ci ajoute qu’à l’automne, une autre campagne sera menée pour élargir l’audience à l’ensemble de la France et aux pays européens limitrophes. Au niveau des supports utilisés, l’attention sera notamment portée sur le volet du digital, sur lequel l’État a déjà demandé un effort particulier. « On sait qu’il s’agit d’un élément majeur, car 70 % des gens choisissent désormais leur destination sur Internet », appuie Axel de Beaumont. Pour séduire cette clientèle, Orléans Val de Loire Tourisme sait qu’il faut notamment appâter certains blogueurs ou influenceurs, qui se chargent, sans en avoir l’air, de faire la promotion d’un territoire.

Du reste, les élus sont tous persuadés que, dans cette période de crise, le Centre-Val de Loire et l’Orléanais pourront tirer leur épingle du jeu. Parce que le « tourisme de nature » qui est notamment proposé sur notre territoire, ne sera pas le plus mis à mal par les règles de sécurité, et parce que les Français auraient, selon eux, une grande envie de verdure. Malgré cet élan d’optimisme, l’impatience gronde déjà, notamment chez les restaurants ou les bars, qui piaffent d’impatience de rouvrir et proposent déjà, pour certains, quelques services de nourriture et/ou de boissons à emporter flirtant avec les limites sanitaires autorisées. « Mais je suis satisfait de ce que les restaurants ont prévu de mettre en place pour la reprise, rappelle Axel de Beaumont. Il y a beaucoup d’ingéniosité de leur part ; certains prévoient notamment de placer des panneaux de séparation entre chaque table. » Et le directeur du tourisme métropolitain de conclure : « De toute façon, dans le tourisme, on ne gagne une guerre que si les acteurs sont fiers de leur territoire… »

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