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Karim Hechmi, Chacun sa route
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Karim Hechmi, Chacun sa route

Karim Hechmi, Chacun sa route

Presque sans diplôme mais doté d’une volonté de fer, Karim Hechmi incarne à la perfection l’expression de self made man. À travers son entreprise de conseils RH FindYourWay, ce jeune homme devenu fraîchement Fleuryssois l’été dernier souhaite faire de la réussite des autres sa mission principale.
hugo de tullio
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Karim Hechmi-Chacun sa route-ORLEAN-359 copie 2

Au commencement, chaque existence est baignée par une lumière maternelle. La mère de Karim Hechmi lui donne naissance le 20 septembre 1991 à Orléans. Il suit dans la cité johannique l’ensemble de sa scolarité et passe au lycée Benjamin Franklin un bac Sciences de l’Ingénieur. L’ado a très envie d’être pilote d’avion, mais se trouve être « une bille » dans les matières scientifiques. « Et puis, dit-il, je n’avais pas 80 000 € à mettre sur la table… » Malgré un brevet d’initiation aéronautique avec mention obtenu à 16 ans à Saint-Denis-de-l’Hôtel, le garçon doit regarder les choses en face : il ne sera pas pilote. 

Étudiant, vendeur, intervenant périscolaire…

Après le lycée, Karim Hechmi file à l’Université d’Orléans. « Ma mère avait très envie que je fasse une fac de Droit, et comme j’aime beaucoup ma mère, j’y suis allé… » Il y reste trois ans, n’obtient pas sa Licence, et les inégalités au sein du campus le marquent : « c’est très connoté pour ceux qui avancent dans le cursus. Ce sont toujours les mêmes têtes, les mêmes origines sociales, les mêmes couleurs de peau », observe-t-il. En parallèle, l’étudiant multiplie les petits boulots pour joindre les deux bouts. Vendeur à la fois chez Brice et OllyGan, Karim Hechmi travaille aussi pour la mairie en tant qu’intervenant périscolaire dans les écoles primaires « où personne ne voulait aller. Les enfants étaient turbulents mais ils m’écoutaient et étaient hyper-gentils. J’aimais l’idée de les aider, j’en garde un très bon souvenir ».

 Après ces trois ans passés à l’Université, le jeune homme prend une lourde décision : « ça m’a frustré, car je savais que ma mère aurait voulu que je réussisse, mais j’ai décidé de partir à Paris parce que j’avais besoin de prendre mon envol ». Pour payer son appartement de 20 mètres carrés à Noisy-le-Grand, il devient alors agent immobilier. Un an plus tard, il se fait licencier : « ça s’est fait du jour au lendemain, alors que j’allais commencer à toucher mes primes, raconte-t-il. Ça m’a traumatisé, je me suis fait avoir une fois, et je me suis dit que plus jamais de ma vie une telle chose ne m’arriverait. » 

Karim Hechmi reprend alors la direction du droit, s’inscrit dans une formation d’assistant juridique pendant neuf mois et trouve un stage dans un cabinet spécialisé dans le droit des étrangers. « J’ai été pris parce que je parlais arabe, se rappelle-t-il. Je gagnais 900 € par mois, je survivais, mais j’étais hyper-content ». Il enchaîne ensuite sur un deuxième cabinet dans le droit immobilier. Mais l’expérience, qui consiste à rédiger les mises en demeure et préparer des dossiers de plaidoirie, n’est, de son propre aveu, « pas géniale » : il part à la fin de sa période d’essai. Son arrêt suivant le transporte sur les Champs-Élysées, dans un cabinet prestigieux porté sur le droit des affaires. Au bout de trois ans et demi, Karim Hechmi fait un burnout et lâche tout : « je faisais 9h-22h tous les jours, ce n’était pas humain. En plus, il n’y avait ni merci, ni reconnaissance… »

Son entreprise à 26 ans

Jamais à court d’idées ou de connaissances, le Parisien d’adoption ne baisse pas les bras et se lance alors dans le milieu du recrutement, grâce à une rencontre « qui sut (lui) donner envie ». « On m’a proposé un poste large où j’ai fait ce que j’ai voulu pendant quatre ans ». Le jeune homme finit d’ailleurs directeur des opérations conseils au quotidien des entreprises dans leurs choix de recrutements : « il y avait un côté très humain dans cette profession », raconte-t-il. Le revers de la médaille, c’est que Karim Hechmi se rend compte des problèmes de discrimination liés au monde de l’entreprise : « chez certains de mes clients, il y avait des critères éliminatoires de couleurs de peau, d’âge, de genre… » Fort de son expérience, il décide ainsi de monter sa propre structure en 2017 et de faire des étudiants sortis d’écoles privées sa cible principale. « J’ai redonné une partie de ce que j’aurais aimé avoir à l’époque et que je n’ai pas eu, comme un accompagnement à la fac ». Il n’en oublie pas pour autant les entreprises et les aide à recruter d’une autre manière, en choisissant des candidats différents. Chaque semaine, il organise des conférences et des évènements pour aider les étudiants à trouver leur chemin. D’où le nom de sa boîte : FindYourWay. Malgré un carnet d’adresses conséquent et un agenda rempli sur plusieurs mois, la grève des transports vient perturber l’activité de Karim Hechmi. « Je galérais, car je bougeais partout pour faire mes événements, mais j’arrivais à me relever… jusqu’à la crise du Covid ». Toutes les écoles ferment alors : un second coup derrière la tête du jeune homme, qui voit ses contrats fondre comme neige au soleil. Mais après un retour au bercail d’un mois à Orléans et une remise en question poussée, il parvient encore à s’adapter et proposer de nouveaux concepts à ses clients en digitalisant ses offres. Et FindYourWay retrouve son activité d’avant la crise. 

Cette petite décennie passée à Paris éreinte néanmoins le trentenaire, qui ne supporte plus « le métro, le monde, les bousculades » et aspire à « retrouver de la sérénité ». Il revient alors au bercail, dans la métropole d’Orléans et plus précisément Fleury-les-Aubrais, où il achète une maison en août dernier. « Je remonte beaucoup à Paris pour le boulot, et avec la gare des Aubrais à côté, c’est très simple… » Dans un avenir très proche, il aimerait faire des interventions à Fleury, pour « aider des personnes faisant partie des minorités, car elles doivent se sentir un peu mises à l’écart ». Reconnaissant lui-même qu’il gagne aujourd’hui très bien sa vie, Karim Hechmi a aussi acheté une maison pour sa maman à Orléans. Comme pour prouver une fois pour toute que cette fameuse lumière maternelle continue d’illuminer son parcours, encore aujourd’hui. λ

+d’infos
https ://findyourway.io

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