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La naissance d’une Université Paysanne
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La naissance d’une Université Paysanne

La naissance d’une Université Paysanne

En partenariat avec la ferme-conservatoire de Sainte-Marthe, en Sologne, l’université de Tours va créer un nouveau diplôme en janvier 2023. Les cours pratiques de cette « université paysanne » auront pour objectif de « cultiver » des paysans-écocitoyens. 
Patrice Naour
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Tout n’est peut-être pas perdu. En annonçant en mai dernier la création d’un DU d’agroécologie paysage et civilisation, l’université de Tours a montré que le champ de la formation s’adaptait aux enjeux climatiques de l’époque. À travers ce nouveau diplôme, il s’agira en effet de former de futurs paysans – ainsi que des paysans déjà en activité qui souhaiteraient opérer une reconversion en agriculture écologique – à une nouvelle agriculture plus respectueuse de la Terre. L’objectif est -rien que ça !-, de « favoriser l’émergence d’une nouvelle civilisation issue de la transition écologique ». Deux hommes sont à l’initiative de cette démarche : d’abord Philippe Desbrosses, pionnier de l’agriculture bio en France et fondateur il y a bientôt cinquante ans de la Ferme conservatoire des mille variétés anciennes (aussi connue sous le nom de Ferme de Sainte-Marthe), à Millançay, en Sologne, spécialisée dans l’agroécologie et la production de semences bio de toutes les variétés du terroir. Philosophe franco-suisse spécialiste des questions environnementales, Dominique Bourg a également apporté son concours à cette « université paysanne ». Les deux hommes se sont rapprochés de la fac de Tours avant d’obtenir le soutien financier de la Région Centre-Val de Loire. Si elle s’inscrit dans le cadre universitaire, cette nouvelle formation sera dispensée principalement sur le terrain, dans les locaux et les champs de la ferme de Millançay.

« La civilisation paysanne qui assure notre alimentation est aujourd’hui en danger, explique Philippe Desbrosses. Et si les paysans disparaissent, c’est la civilisation qui disparaît… » Le défi est énorme, car plus de la moitié des exploitations agricoles seront à reprendre au cours de la prochaine décennie. 

20 à 40 apprenants par promotion 

Devant ce danger de voir une terre se vider de ses paysans et de ses surfaces agricoles, il faut donc, selon ces spécialistes, faire changer de cap à « ce Titanic agroalimentaire ». Et pour eux, l’espoir réside dans la formation de paysans capables de travailler différemment. « Nous devons attirer des jeunes bien formés, dont l’idéalisme et l’intérêt pour la nature peuvent apporter une véritable innovation dans la vie rurale et les activités agricoles, ajoute Philippe Desbrosses. La formation est un levier essentiel pour répondre aux défis qui se présentent à nous : c’est pour cela que l’enseignement doit être pluridisciplinaire, avec une approche scientifique et globale de tous les aspects de l’agroécologie. » Ainsi, au-delà des techniques agricoles, le contenu pédagogique s’articulera autour de plusieurs axes : la biodiversité et les sciences du vivant, le recyclage, la production d’énergies, la gestion de l’eau, la production d’une alimentation plus durable pour limiter le gaspillage, etc. Chaque promotion accueillera entre 20 et 40 apprenants selon la demande. Les initiateurs de cette formation sont confiants car depuis la pandémie, l’engouement est fort pour ces professions nourricières qui donnent du sens au travail. « Nous ne formerons que quelques dizaines d’agriculteurs, mais si cela permet de revenir à une agriculture paysanne qui ne triche pas et de rompre avec les pratiques funestes mises en œuvre depuis plus d’un demi-siècle, nous aurons apporté notre modeste pierre à l’édifice… » Le grand intellectuel Edgar Morin s’est d’ailleurs proposé pour devenir le parrain de cette nouvelle formation.

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