Le Loiret semble bien résister

Avec des prix qui se maintiennent voire augmentent dans l’ancien, une offre commerciale équivalent à un an au niveau du neuf, le marché immobilier loirétain semble plutôt bien résister à la crise. Néanmoins, les professionnels du secteur ont quelques inquiétudes pour l’avenir…
Gaëla Messerli
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Alors que la fédération des promoteurs immobiliers au niveau national annonce un risque de pénurie de stocks, le marché immobilier loirétain neuf et ancien pour l’heure semble globalement s’en sortir. Néanmoins, les professionnels manquent de visibilité.

Ancien : les prix se maintiennent  

Dans l’ancien, maître Julien Sounalet, notaire délégué à l’immobilier pour la Chambre des notaires du Loiret, estime qu’il « y a eu une reprise très significative post-confinement, mais ses effets commencent un peu à s’essouffler. Il est difficile, pour l’heure, de dire s’il y a eu un effet de rattrapage. » Côté prix, on est cependant loin de l’effondrement. « Ils se tiennent, voire ont augmenté dans certains secteurs », affirme maître Sounalet.

Au niveau des chiffres arrêtés au 30 juin par la Chambre des notaires du Loiret, on observait ainsi une augmentation moyenne des prix de 2,7 % sur l’ensemble du Loiret pour les appartements dans l’ancien, et de 2,5 % au niveau des maisons. Cela se traduisait, par exemple, par une hausse de 18,9 % du prix des maisons anciennes dans le secteur Barrière-Saint-Marc ou à Fleury-les-Aubrais, et de 19 % pour l’est de Saint-Jean-de Braye. « La métropole orléanaise reste un aimant très important », explique Julien Sounalet, pour qui il y a également une attractivité forte au niveau du nord-est de la métropole et de la forêt d’Orléans, sur des communes comme Boigny, Chanteau ou Marigny, qui attirent des acheteurs en lien avec les zones d’activités du nord de l’agglomération. « Il y a une recherche de qualité de vie et de campagne, avec des prix inférieurs à ceux du reste de la métropole. » Attention cependant aux effets d’annonce : pour le moment, les « changements de vie » post-confinement n’ont pas encore entraîné, selon le notaire, de fièvre acheteuse. « J’ai seulement eu un cas », constate Julien Sounalet, qui a par contre a vu tout son stock de biens se vendre dans son étude de La Ferté Saint-Aubin. « Mais ce sont des gens qui avaient déjà un projet immobilier », exprime-t-il.

« Zéro vente dans le neuf à orléans en avril dernier ! »

Dans l’ancien, la maison avec jardin reste clairement le produit recherché. « Les acheteurs s’éloignent un peu plus qu’avant, mais de là à redynamiser les petits villages… C’est trop tôt pour le dire. Avant 2008, nous avions eu le cas à Sennely, en Sologne, mais avec la crise, les banquiers ont intégré les pleins d’essence aux simulations… » C’est bien la crainte du notaire : l’accessibilité aux crédits. En effet, un petit durcissement se fait déjà sentir au niveau des banques, selon lui : « nous n’avons pas eu de refus, mais des dossiers qui passaient facilement avant sont un peu moins simples aujourd’hui… »

Neuf : en attendant la loi…

Du côté du neuf, « après une année 2019 qui a été la meilleure depuis presque dix ans, on a déjà remarqué une petite inflexion sur le premier trimestre 2020, avec 174 logements vendus, contre 200 à 220 depuis deux ans », indique Olivier Henry, le président d’Ocelor, l’Observatoire du logement neuf en région Centre-Val de Loire. Du reste, la suite des événements s’est traduit par zéro vente à Orléans en avril dernier ! Même si les ventes sont reparties au mois de juin, « il y a eu un mouvement de peur au deuxième trimestre, avec 40 % de désistement à Orléans », poursuit Olivier Henry. Au niveau des stocks, la situation régionale semble moins catastrophique qu’au niveau national. « Au niveau d’Orléans, il y a une offre commerciale de 825 lots, cela correspond à un stock d’un an. Les prix à Orléans restent également les mêmes qu’en 2019. »

Mais pour le président d’Ocelor, l’avenir reste incertain. « Nous attendons les annonces de la Loi de finances 2021 concernant le PTZ et le PINEL. Nous avons besoin de visibilité. » L’autre facteur d’inquiétude est plus local : en raison des élections, des décisions concernant des ZAC sont en stand-by. C’est aussi un tournant pour les promoteurs, entre les changements de PLU, le PLUM (Plan local d’urbanisme métropolitain) et la RT 2020, « qui va au-delà du thermique et touche la décarbonation ». Ces plans impliquent de nouvelles contraintes à intégrer, comme dans le PLU orléanais, qui impose 55 % de logements supérieurs au T2. « Or, si l’on se base sur les chiffres de l’Insee et sur ce que nous vendons depuis dix ans, 70 % de la population n’a pas besoin de plus d’un T2… » Olivier Henry craint donc qu’avec les nouveaux programmes, il y ait trop de T3 sur le marché. « Cela sera à surveiller dès cette fin d’année, car les programmes commencent à être mis en vente. » Premières conclusions dans six mois.

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