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Le Loiret, terre à risques

Le Loiret, terre à risques

Il y a cinq ans, des inondations touchaient les habitations de plusieurs centaines d’habitants du Loiret. Moins spectaculaires, d’autres risques existent dans le département, comme ceux liés aux mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols. Des catastrophes naturelles qui pourrissent, sur le long terme, la vie de nombreux sinistrés du Loiret… 
Gaëla messerli
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Le 7 mai dernier, la Préfecture du Loiret indiquait la reconnaissance de catastrophe naturelle pour plusieurs communes du Loiret pour sécheresse – réhydratation des sols (« mouvements de terrain différentiels »). Elle concernait la période allant du 1er juillet au 30 septembre 2020. Seize communes y figuraient, dont Orléans, Boigny, Fleury, Saran, Saint-Jean-de-Braye… Les assurés avaient dix jours pour déclarer leur sinistre à leur assureur et faire jouer la garantie « catastrophe naturelle ». Autant dire qu’il ne fallait pas traîner ! « Comme ce sont les communes qui font la demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, elles préviennent en général leurs administrés concernés », tempère Magali Bertrand, directrice de l’ADIL du Loiret.

Cette association loi de 1901 peut, d’ailleurs, renseigner gratuitement les habitants concernés par ces sujets. « En 2016, avec les inondations, nous avions eu beaucoup d’appels, poursuit la directrice. Pas seulement de propriétaires, mais aussi de locataires qui nous demandaient s’ils devaient continuer à payer leur loyer… » Ce terrible épisode dont se souviennent nombre de Loirétains avait également engendré la création de l’ADASI 45 (Association d’assistance aux sinistrés du Loiret) afin de venir en aide aux personnes touchées par les catastrophes naturelles. Cinq ans après les intempéries, « les dossiers sont clôturés, mais 3 % des 900 adhérents n’ont pas eu gain de cause* », indique Alexandre Thibaudeau, président fondateur de l’ADASI 45.

Conséquences à long terme

En 2016, ce Cercottois avait personnellement vu tous ses meubles détruits et avait perdu toutes ses photos de famille. Pour lui, on passe d’ailleurs trop souvent sous silence « le choc psychologique » dont sont victimes les sinistrés. « En outre, en cas de catastrophe naturelle, le relogement n’est pas obligatoire, c’est au bon vouloir de l’assureur », complète-t-il. Sans compter, évidemment, le préjudice financier subi : le coût des dégâts peut ainsi aller de 2 000 € pour un « simple » mur de clôture à plusieurs centaines de milliers d’euros. « Nous avons par exemple le cas, à Montargis, d’une maison qui est actuellement en péril imminent et qui va être détruite », fait savoir Alexandre Thibaudeau. Certaines communes du Loiret sont confrontées à plusieurs risques naturels, car à celui de l’inondation vient s’ajouter, comme le prouve une nouvelle fois l’arrêté du 7 mai, le risque de mouvements de terrain en période de sécheresse. « Dans beaucoup de communes, la terre est argileuse », relève ainsi le président de l’ADASI 45.

Cinq ans après, le Loiret a-t-il tiré des leçons du funeste épisode des inondations de 2016 ? « C’était paraît-il exceptionnel, mais lorsque l’on voit la violence des orages et que l’on discute avec les anciens, on ne comprend pas pourquoi des constructions sont encore permises dans certaines zones… Cependant, à Cercottes, un arrêté a été pris pour ne pas construire sur les terrains sinistrés en 2016. » Alexandre Thibaudeau met également en exergue un point important : « Lorsqu’il y a eu une catastrophe naturelle, il faut normalement la marquer dans l’acte de vente. Mais rien ne dit que tous les travaux nécessaires ont été faits… Je le vois dans certaines maisons de Cercottes, qui sont encore bourrées d’humidité. » En cas d’envie d’achat dans des secteurs à risques du Loiret, posez-vous donc les bonnes questions, si vous pensez que le prix d’un bien est anormalement bas… λ

* Des secteurs sont en effet plus problématiques, comme à Chécy, dans la rue des Plantes, ou encore à Cercottes et Gidy..

e 7 mai dernier, la Préfecture du Loiret indiquait la reconnaissance de catastrophe naturelle pour plusieurs communes du Loiret pour sécheresse – réhydratation des sols (« mouvements de terrain différentiels »). Elle concernait la période allant du 1er juillet au 30 septembre 2020. Seize communes y figuraient, dont Orléans, Boigny, Fleury, Saran, Saint-Jean-de-Braye… Les assurés avaient dix jours pour déclarer leur sinistre à leur assureur et faire jouer la garantie « catastrophe naturelle ». Autant dire qu’il ne fallait pas traîner ! « Comme ce sont les communes qui font la demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, elles préviennent en général leurs administrés concernés », tempère Magali Bertrand, directrice de l’ADIL du Loiret.

Cette association loi de 1901 peut, d’ailleurs, renseigner gratuitement les habitants concernés par ces sujets. « En 2016, avec les inondations, nous avions eu beaucoup d’appels, poursuit la directrice. Pas seulement de propriétaires, mais aussi de locataires qui nous demandaient s’ils devaient continuer à payer leur loyer… » Ce terrible épisode dont se souviennent nombre de Loirétains avait également engendré la création de l’ADASI 45 (Association d’assistance aux sinistrés du Loiret) afin de venir en aide aux personnes touchées par les catastrophes naturelles. Cinq ans après les intempéries, « les dossiers sont clôturés, mais 3 % des 900 adhérents n’ont pas eu gain de cause* », indique Alexandre Thibaudeau, président fondateur de l’ADASI 45.

Conséquences à long terme

En 2016, ce Cercottois avait personnellement vu tous ses meubles détruits et avait perdu toutes ses photos de famille. Pour lui, on passe d’ailleurs trop souvent sous silence « le choc psychologique » dont sont victimes les sinistrés. « En outre, en cas de catastrophe naturelle, le relogement n’est pas obligatoire, c’est au bon vouloir de l’assureur », complète-t-il. Sans compter, évidemment, le préjudice financier subi : le coût des dégâts peut ainsi aller de 2 000 € pour un « simple » mur de clôture à plusieurs centaines de milliers d’euros. « Nous avons par exemple le cas, à Montargis, d’une maison qui est actuellement en péril imminent et qui va être détruite », fait savoir Alexandre Thibaudeau. Certaines communes du Loiret sont confrontées à plusieurs risques naturels, car à celui de l’inondation vient s’ajouter, comme le prouve une nouvelle fois l’arrêté du 7 mai, le risque de mouvements de terrain en période de sécheresse. « Dans beaucoup de communes, la terre est argileuse », relève ainsi le président de l’ADASI 45.

Cinq ans après, le Loiret a-t-il tiré des leçons du funeste épisode des inondations de 2016 ? « C’était paraît-il exceptionnel, mais lorsque l’on voit la violence des orages et que l’on discute avec les anciens, on ne comprend pas pourquoi des constructions sont encore permises dans certaines zones… Cependant, à Cercottes, un arrêté a été pris pour ne pas construire sur les terrains sinistrés en 2016. » Alexandre Thibaudeau met également en exergue un point important : « Lorsqu’il y a eu une catastrophe naturelle, il faut normalement la marquer dans l’acte de vente. Mais rien ne dit que tous les travaux nécessaires ont été faits… Je le vois dans certaines maisons de Cercottes, qui sont encore bourrées d’humidité. » En cas d’envie d’achat dans des secteurs à risques du Loiret, posez-vous donc les bonnes questions, si vous pensez que le prix d’un bien est anormalement bas… 

* Des secteurs sont en effet plus problématiques, comme à Chécy, dans la rue des Plantes, ou encore à Cercottes et Gidy..

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