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Les résistants de la lumière

Les résistants de la lumière

Malgré la flambée des coûts de l’énergie, quelques particuliers ont choisi de continuer à illuminer leur habitation durant ce mois de décembre. Quitte à se faire (parfois) incendier sur les réseaux sociaux !
Gaëla messerli
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Crise énergétique ou pas, certains continuent d’illuminer leur maison

Cette année, de peur que leur facture ne flambe ou au nom de la sobriété énergétique, plusieurs particuliers ont laissé leurs lumineuses décorations de Noël au garage. Malgré tout, il reste encore quelques irréductibles qui ne rateraient pour rien au monde ce compte à rebours des fêtes de fin d’année, parce qu’il s’agit d’un moment de partage avec leur voisinage ou avec des inconnus de passage. Ainsi à Boigny-sur-Bionne, depuis quatre ans, au lieu-dit Les Époisses*, Léo Vachet décore sa maison. Celle-ci fait d’ailleurs figure de phare dans la nuit dans cet endroit reculé de la métropole orléanaise. Une passion qui remonte à l’enfance pour ce chauffeur routier de 22 ans qui aime bricoler et réaliser lui-même ses nombreuses décorations. « C’est moins coûteux et il y a un vrai plaisir », affirme Léo Vachet, qui a transformé l’intégralité de ses décors en 100 % leds « tout en respectant les normes électriques », assure-t-il. Avec 50 m de façades décorées, ce passionné qui décorait au départ la maison de ses parents à Châteauroux a importé jusque dans l’Orléanais la magie de Noël. Même s’il doit, soupire-t-il, essuyer des remarques désagréables de certains internautes… « Les gens ne veulent pas comprendre, mais chacun fait ce qui lui plaît chez soi ! rétorque Léo Vachet. En plus, cette année, j’ai fait un effort en réduisant chaque jour le temps d’éclairage et en illuminant une semaine en moins. » L’an dernier, le jeune homme dépensait une vingtaine d’euros de plus sur sa facture du mois de décembre. À Sandillon, William Bouhier, 22 ans lui aussi, illumine également la maison de ses parents rue des Dhiots et l’ouvre au public pour la troisième année consécutive** jusqu’au 1er janvier. La consommation énergétique de ses décorations, ce jeune pompier volontaire en parle ainsi : « Avec trois appareils à raclette, vous consommez plus que mes décorations en deux heures ! » Jardinier paysagiste aux espaces verts de Saint-Jean-le-Blanc, le jeune homme a également installé 37 sapins dans le jardin de cette maison pour constituer des décors qui allient trois couleurs. Pour préparer ses installations, William Bouhier s’y est attelé cette année depuis le 20 septembre, ce qui représente des heures de travail. De quoi être attristé devant les remarques désagréables qui prolifèrent sur le Net et qui offrent cependant un contraste saisissant avec le sourire des 2 500 personnes qui ont franchi le portail de la maison, l’an dernier.

« Tout est en leds »

À Saint-Ay, rue des Hortensias, Pierre et Chéryl Coquereau décorent leur maison depuis dix-neuf ans***. Depuis neuf années, le couple l’ouvre au public, avec toujours une boîte à dons au profit d’une association. Cette année, l’association choisie est Tom-Pousse, qui vient en aide à Tom, un enfant polyhandicapé qui souffre d’une infirmité motrice cérébrale. À l’origine, Pierre n’était pas un passionné de déco, mais son épouse américaine, Chéryl, a « déteint » sur lui… Désormais, Pierre est un mordu qui songe un an à l’avance au thème de l’année suivante. « L’an dernier, on était dans les sucreries, cette année, nous avons transformé la maison en cadeau ! » annonce le maître des lieux, qui a embauché toute sa famille pour les installations. « Les enfants et beaux-fils viennent aider car nous commençons, dès le mois d’octobre. » Avec plus de 60 000 leds, Pierre Coquereau dit avoir choisi d’être écoresponsable. « Tout est en leds, même les ’’lucioles’’ », raconte ce particulier, qui affirme participer à l’effort de sobriété énergétique en éteignant ses décors plus tôt. Pour lui, les remarques désagréables ne reflètent heureusement pas le sentiment de ceux qui viennent admirer et visiter son logis. Néanmoins, Pierre Coquereau explique qu’une des maisons voisines décorées a été victime d’un acte de malveillance. « J’ai donc mis depuis ma maison sous vidéosurveillance », souligne cet habitant, qui a commencé à illuminer sa demeure le 1er décembre et éteindra tout le 1er janvier, comme chaque année.

* Jusqu’au 3 janvier, de 18h à 20h30.

** Du lundi au jeudi ainsi que le dimanche de 17h30 à 20h, de 17h30 à 20h30 les vendredis et samedis.

*** Du lundi au jeudi 17h30-19h30 ; du vendredi au dimanche 17h30-20h30.

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