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Matthieu Schlesinger, maire d’Olivet : « Un développement agréable et harmonieux »

Matthieu Schlesinger, maire d’Olivet : « Un développement agréable et harmonieux »

Deuxième commune de la métropole d’Orléans et du Loiret en nombre d’habitants, Olivet va continuer à changer de visage durant les prochains mois, avec notamment la lourde restructuration de son centre-ville et l’aménagement de nouveaux quartiers. Maire d’Olivet depuis 2015, réélu au premier tour en 2020, Matthieu Schlesinger rappelle ici les grandes lignes de son projet et évoque aussi ses nouvelles prérogatives à la Métropole, où il est désormais en charge de la Transition écologique.
Benjamin Vasset
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Comment se porte Olivet en ce début d’année 2022 ?

Globalement bien, même si nous sortons, comme tout le monde, de deux ans de crise sanitaire. 85 % des actions que nous avions intégrées dans notre programme, il y a deux ans, sont déjà achevées ou bientôt lancées. 

Quels grands projets structurels vont changer le visage d’Olivet dans les prochaines années ?

J’en vois un, évidemment : l’opération du Clos du Bourg, dans le centre-ville. D’ici 2026, l’objectif est d’avoir réalisé le mail et la boucle commerçante. Il est prévu d’apporter 3-4 commerces complémentaires (bouche, artisans d’art, décoration) à ceux qui existent déjà, mais aussi de l’activité tertiaire. Le but est très clairement d’amener de la vie en centre-ville, avec également des cabinets d’architecture et d’avocats, des espaces de coworking, des locaux associatifs… À terme, ce sont également 300 logements qui vont être construits. Dès juin prochain, l’école du Poutyl va être livrée, elle accueillera 300 élèves. Le visage du centre-ville va être profondément transformé d’ici 2030. 

Les oppositions qu’il a pu y avoir sur ce projet sont donc éteintes ?

Je n’ai jamais eu de problèmes sur le projet en lui-même qui, je le rappelle, fait sens à Olivet depuis très longtemps. Après, il y a eu, c’est vrai, du débat avec une poignée de personnes sur les modalités de rachats de leurs biens. Il y a eu deux expropriations, et la SEMDO est entrée dans la dernière phase d’acquisitions de biens restants, avec peut-être des expropriations complémentaires. 

Quelle dimension nouvelle ce projet va-t-il apporter à Olivet ?

Il va agrandir le centre-ville, le relier et l’animer, parce qu’il y a l’impression que, le week-end, il n’est pas toujours très vivant. Or, il y a une aspiration des gens à se retrouver. Et pour qu’il y ait de la vie toute l’année, il faut des commerces de proximité, mais aussi des clients de proximité, donc des gens qui habitent le centre-ville. Avec le mail, physiquement et dans les têtes, nous allons réconcilier la ville, mais aussi faciliter les déplacements doux. Et en termes d’activités, nous allons également créer dans le parc du Poutyl un skate park qui sera le plus grand de la région, tout en conservant, dans ce lieu, un équilibre entre des jeux pour la partie « urbaine » du parc et la beauté des bords du Loiret. D’ailleurs, le festival La Bamboche, qui s’y est tenu l’an dernier, sera reconduit l’été prochain. 

À l’ouest, la commune va aussi se transformer…

Oui, c’est la seconde d’opération d’importance de ce mandat, avec l’implantation de quatre équipements publics dans cette zone de la Vanoise. Cela passera d’abord par une école – c’est déjà parti –, puis par un parc qui a vocation à devenir un grand parc public urbain, et l’ouverture d’une troisième maison médicale à Olivet. Nous partons sur une douzaine de cabinets médicaux. Il nous faut des généralistes et des infirmiers, mais parmi les attentes de la population, un pédiatre, un gérontologue et un psychiatre seraient bienvenus. Il y aura également une micro-crèche. 

Est-il encore possible pour de jeunes actifs de s’installer à Olivet, où les prix sont chers ? N’y a-t-il pas un risque de gentrification ?

Les chiffres de l’agence d’urbanisme TOPOS montrent un rajeunissement de la population d’Olivet. Les années 2010 ont notamment permis d’inverser les choses, grâce à la construction de lotissements plus petits qui ont permis d’attirer de jeunes couples. Les opérations d’urbanisme que nous menons avec le Clos du Bourg et le Clos de la Vanoise vont augmenter la proportion de logements sociaux, puisqu’ils vont représenter entre 20 et 30 % des logements dans ces deux opérations. Sur cette question, à Olivet, on n’arrivera jamais au chiffre global de 20 % édicté dans la loi SRU, parce que cela voudrait dire qu’il faudrait construire un millier de logements sociaux, ce qui signifie qu’on ne construirait pratiquement plus que ça pendant dix ans, ce qui est impossible. 

Est-il encore possible de construire dans une ville comme Olivet ? 

Cela reste possible, mais pas n’importe où et pas n’importe comment. Quand nous avons révisé notre PLU en 2017, nous n’avons pas rajouté de zones à urbaniser, nous avons même réduit les Zones AU (Zones d’urbanisation future). Et ce choix a été conforté dans le PLU métropolitain. Nous avons également mis des OAP (Orientations d’Aménagement et de Programmation) sur tous les terrains de plus d’un hectare d’un seul tenant. Sur cette quinzaine de terrains, cela veut dire qu’on peut construire, mais qu’il faut prévoir des parcs publics pour certains d’entre eux, ou bien 25 % de logements sociaux, des pistes cyclables ou encore permettre la construction d’une école. Mais nous ne sommes pas dans une course à l’agrandissement. Je ne mets pas d’ego dans la taille de ma commune. Ce que nous cherchons, c’est une ville qui se développe de manière agréable et harmonieuse.

D’Olivet… à la Métropole

Qu’est-ce que les « économies » décidées à la Métropole vont « retirer » à Olivet ?

Nous n’allons pas pouvoir refaire le Carrefour de Verdun et les abords de la RD 2020, qui sont l’un des principaux lieux de bouchons dans la métropole : pour cela, il fallait entre 10 et 20 M€. Il y aura juste quelques centaines de milliers d’euros pour traiter deux points, à la sortie du Burger King et à la sortie des Aulnaies. Je veux préciser que ce projet « RD 2020 sud » a été retiré du PPI en août 2021 par Christophe Chaillou, alors qu’en octobre, il remettait la « RD 2020 nord », demandée par Saran… Quand j’ai employé à cette époque le terme de « clientélisme », je me basais donc sur des éléments concrets. Le deuxième effort, ce sera sur certains travaux de voierie. Après, je crois à la clause de revoyure que nous avons acté au conseil de Métropole. J’ai la conviction que la situation financière de la Métropole va s’améliorer, même si elle est soumise à l’évolution de la conjoncture économique nationale. 

Mais refaire la RD 2020 sud, ce n’était pas plus « d’intérêt métropolitain » que la requalification des mails
à Orléans ?

Les mails, c’est un projet sur lequel le maire d’Orléans s’était engagé, qui est d’intérêt métropolitain puisqu’il est cohérent avec le projet Porte-Madeleine. Il va transformer la ville, c’est une opération qui a du sens et qui, de mon point de vue, est modérée et équilibrée, car il aurait été excessif de refaire l’intégralité des mails. Évidemment, il y aura des travaux, dont tous les habitants, même ceux du sud de la métropole, vont subir les conséquences. 

En parlant de Métropole, vous êtes désormais le vice-président dédié à la Transition écologique. Quand allons-nous voir le résultat des Assises de la Transition dans le PPI de la Métropole et surtout, sur quoi ?

Le 7 avril, au conseil de Métropole, nous allons présenter officiellement les 500 actions issues de ces Assises, dont 90 actions phares permettront de bâtir une feuille de route. Avant le 7 avril, une conférence des maires, fin mars, validera ces documents qui comporteront un récit, un programme de dix actions pour chaque thématique (9) et un tableau de bord général. Le caractère nouveau et radical de cette feuille de route, c’est que les 90 actions clés vont mobiliser toutes les politiques métropolitaines. L’idée, en caricaturant un peu, c’est que pas un euro dépensé ne soit un obstacle à cette logique de transition. Enfin, parmi les deux aspects que je porte en propre, il y aura la rénovation énergétique des logements (10 M€ fléchés jusqu’en 2026) et la production d’énergies renouvelables (40 M€). 

Selon vous, y avait-il vraiment besoin de ces Assises pour arriver à cette feuille de route ? N’a-t-on juste pas perdu du temps au lieu de commencer à agir ?

Je ne pense pas. Ces Assises ont été doublement utiles, puisqu’elles ont d’abord permis une montée en compétence et une mise à niveau des acteurs. Elles ont aussi permis d’apporter un discours positif et de rendre les gens acteurs de la Transition. Je pense que ces Assises ont mobilisé. Le regret, c’est qu’elles se soient passées en pleine crise sanitaire alors que le but était justement d’en faire un exercice très participatif. Du coup, cela n’a pas touché tous les publics espérés.

Ces Assises vont-elles être, au niveau métropolitain, une sorte de Convention citoyenne pour le Climat qui, on le rappelle, ont été un peu édulcorés… ?

Il n’y aura pas de « censure », mais de la traduction. Je rappelle que plus de 900 propositions brutes ont été apportées, et que nous en gardons 500 ! Il y a tout un travail de reformulation à faire derrière, pour mettre ces propositions en corrélation avec les compétences de la Métropole. 

Dernière question sur votre engagement : aujourd’hui, où vous situez-vous politiquement ? Vous avez été LR, mais vous avez fait campagne lors des dernières régionales aux côtés de Marc Fesneau, ministre Mode
 du Gouvernement… 

Je suis toujours au même endroit depuis longtemps, c’est-à-dire dans une droite modérée. Mes deux référents politiques étaient Gérard Larcher et Alain Juppé, je n’ai pas changé. Mon regret, pour cette présidentielle, est qu’Édouard Philippe et Valérie Pécresse ne soient pas ensemble. Aujourd’hui, je ne suis pas adhérent à Horizons et à ce stade, je ne compte pas l’être. 

Si Emmanuel Macron l’emportait en avril, ce serait une mauvaise nouvelle pour la France, selon vous ?

Je pense qu’il n’a pas été un mauvais Président. Il a porté des réformes nécessaires, comme sur le droit du travail. Je regrette, par contre, que la réforme des retraites n’ait pas été jusqu’au bout. Sur la sécurité, la deuxième partie de quinquennat est meilleure que la première. Économiquement, la gestion de la crise par Bruno Le Maire a été plutôt positive, même si le « quoi qu’il en coûte » va laisser des traces dans les finances publiques.

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