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« On touche à la liberté d’instruction »

« On touche à la liberté d’instruction »

S’il a voté pour le projet de loi contre les séparatismes, le député loirétain (Modem) Richard Ramos a voté contre l'article 21 soumettant à autorisation l’instruction en famille. Pour lui, la liberté d’instruction est foulée aux pieds par ce texte.
Gaëla Messerli
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Vous êtes contre cet article 21 et avez même écrit une lettre ouverte à Jean-Michel Blanquer pour défendre l’instruction en famille. Pourquoi ?

Je suis pour la liberté d’instruction. Je suis allé rencontrer des familles qui ont choisi ce mode d’instruction. C’est une mauvaise loi : on répond à une question en punissant des personnes qui n’ont rien fait de mal. C’est se tromper de cible. Il fallait réécrire le projet de loi. Moralement, je suis à l’aise avec cette question, car je suis issu moi-même de l’école publique de Blois et mes enfants sont allés aussi bien à l’école publique que dans le privé. Avec cette loi, nous touchons à une liberté fondamentale.

Un article« anticonstitutionnel »

Pour vous, cette proposition de loi touche donc à la liberté d’instruction…

Oui, on veut niveler les familles, alors que la mission de l’Éducation nationale est l’instruction. C’est à la famille d’éduquer ! Je n’aime pas cette attitude de Gérard Darmanin de vouloir se positionner plus à droite que la droite dure. C’est du marketing politique ! Le but est de laisser une trace plus que répondre à un problème réel.

Le problème, pour vous, ce sont les « écoles islamistes » clandestines ?

Oui, d’ailleurs ces écoles ne sont pas loi de 1905 mais souvent loi de 1901 ! Ce ne sont pas des enfants en instruction en famille. Au niveau de l’Assemblée nationale, nous étions quelques députés MoDem à être contre. Il y a eu débat au sein même du groupe. J’ai voté en conscience.

Ce projet de loi touche aussi un peu à l’enseignement privé…

Le risque est d’arriver sur un terrain glissant dans le contexte actuel. Il ne faut pas rouvrir des guerres passées. Les gens sont tiraillés aujourd’hui entre la peur de la Covid et celle de la crise économique. Le danger, c’est la crise politique. Il faut que nous restions soudés.

Quel est pour vous l’avenir de texte qui doit passer désormais le 30 mars au Sénat ?

Je pense que l’article 21 est anticonstitutionnel. La saisine du Conseil constitutionnel est ouverte à au moins 60 députés ou sénateurs. Ils auront ma signature. J’attends que ce texte soit déclaré anticonstitutionnel.

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