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Orléans, amie des animaux ?
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Orléans, amie des animaux ?

Orléans, amie des animaux ?

Depuis juillet 2020, Orléans compte en la personne de Capucine Fedrigo une conseillère municipale spécifiquement chargée des questions liées à la cause animale. Comment analyse-t-elle la place laissée aux animaux dans la cité johannique et quelles actions compte-t-elle prochainement mettre en place ? Éléments de réponse. 
Benjamin Vasset
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Juriste de métier, Capucine Fedrigo a fait son entrée au sein du conseil municipal d’Orléans en juillet 2020. Petite-fille de vétérinaire et cavalière, elle fut élue sur la liste de Serge Grouard, qui lui a proposé une délégation spécialisée en charge de la biodiversité et de la cause animale. Si les contours de sa délégation sont précis, Capucine Fedrigo n’a pas de service sous sa coupe. « Les deux agents avec qui je traite le plus sont rattachés au service hygiène et insalubrité », explique-t-elle. Sa vision se résume a un précepte simple : celui de « l’équilibre ». Pour elle, la « régulation » n’est pas un gros mot, et « il faut que tout le monde arrive à se respecter. On doit bien évidemment se questionner sur le bien-être animal, mais ne pas tomber dans des projections anthropomorphiques ».

 Y a tout pour les toutous ? 

Quand on parle de la place de l’animal en ville, l’image du chien arrive d’abord dans les esprits. D’ailleurs, les services de la municipalité avaient, jusqu’au Covid, l’habitude de recevoir à chaque printemps un questionnaire détaillé de la fondation 30 Millions d’Amis lui demandant à quelle sauce – façon de parler – les toutous étaient mangés à Orléans. En 2019, la mairie recensait ainsi une dizaine de parcs et jardins accessibles aux chiens, mais qui devaient être tenus en laisse : il n’y avait donc, à l’époque, aucun espace pour laisser ces quadrupèdes gambader en toute liberté. Depuis, la situation a quelque peu évolué, puisqu’un parc pour chiens, avec portail, obstacles pour « parcours d’agility » et « banc pour se reposer » a été créé parc de la Charpentière, rue Bellebat, dans le cadre du budget participatif de la Ville. Un deuxième équipement similaire devrait voir le jour dans le cadre de la création d’un parc urbain dans le quartier Sanitas, à Madeleine. « Il y aura bien un espace réservé pour les chiens », confirme Capucine Fedrigo. Mais ces espaces de « liberté » pour les toutous sont-ils en nombre suffisant ? L’élue orléanaise en charge de la cause animale explique que les bords de Loire sont d’autres alternatives prisées pour faire courir les chiens.

Qui dit chiens dit également déjections, un sujet souvent source de plaisanteries, mais que les maires prennent en général très au sérieux : ils savent qu’un trottoir constellé de crottes entraîne des mécontentements en cascades et potentiellement des voix en moins aux élections qui suivent. En 2019, Orléans comptait ainsi huit « canisites » où les chiens peuvent faire leurs besoins dans les six quartiers de la ville. Des distributeurs de sacs sont également à disposition des usagers. Si certains font remarquer qu’il leur arrive de manquer de recharges, Capucine Fedrigo assure, sur ce sujet de la propreté, « ne pas avoir constaté de soucis particuliers ».

 Chacun cherche son chat 

Avec la crise du Covid, la capture et la stérilisation des chats errants a été interrompue à Orléans, ce qui a entraîné leur « prolifération ». « Les chats se reproduisent aussi vite que les lapins », souligne ainsi Capucine Fedrigo. Sur le terrain, la municipalité délègue le ramassage et la capture des chats errants à l’Association des Chats Libres d’Orléans (APCLO) contre une subvention annuelle de 10 000 €. Un « marché »du même montant a été passé avec un vétérinaire orléanais pour la partie soins et stérilisation. L’APCLO s’occupe d’un refuge, situé avenue Secrétain, dans un bâtiment qui est propriété de… la Ville d’Orléans. Que deviennent les chats qui y sont « placés » ? « Nous évaluons ceux qui sont adoptables et ceux qui sont trop agressifs. Si c’est le cas, ces chats sont relâchés sur leur lieu de capture et suivis par l’association », explique Capucine Fedrigo. Il y a quelques mois, des chats avaient été victimes de tirs dans le quartier Saint-Marceau. Le ou les auteurs n’ont pas été retrouvés depuis, mais pour l’élue en charge de la cause animale, « il devait s’agir, au vu des balles extraites, de quelqu’un qui pratiquait le tir sportif ». Le battage fait à l’époque a visiblement empêché de tels actes de se reproduire…

Autre question d’actualité récente soulevée par les amoureux des félins : la pertinence d’un salon du chat dans la métropole, un concours de chats de race brocardé par certains défenseurs de la cause animale. « J’étais moi-même assez sceptique sur ce type d’événements, répond Capucine Fedrigo. Mais en fait, c’est d’intéressant d’y aller : on y voit des gens ultra-passionnés qui contribuent d’ailleurs à soutenir les associations locales s’occupant des chats errants. Il ne faut pas oublier non plus que les chats qui sont présentés sur ces salons sont les plus habitués à voyager. Après, c’est aussi aux visiteurs d’être respectueux… »

 Et la biodiversité ? 

Sur cette thématique faisant (aussi) partie de sa délégation, Capucine Fedrigo commence par renvoyer aux conclusions des Assises (métropolitaines) de la Transition, desquelles sont sorties dix « propositions » pour protéger la biodiversité. Parmi elles, la « réalisation d’inventaires de la biodiversité communale sur les 22 communes » de l’agglomération, le « développement des jardins partagés dans tous les quartiers » ou la « limitation de l’éclairage public » pour préserver les insectes. D’autres propositions semblent beaucoup moins concrètes, comme l’ambition de « développer de manière privilégiée des plans d’action ambitieux sur des sites qualifiés d’intérêt métropolitain en associant préservation, développement de la biodiversité et actions de pédagogie », de « préserver la petite faune locale, agir sur la flore grâce à des aménagements et des plans de gestion adaptés » ou de « créer un baromètre de la nature ». À Orléans, la Ville indiquait il y a deux ans à 30 Millions d’Amis qu’une trentaine de nichoirs à oiseaux avaient déjà été installés dans l’espace public et les espaces verts, de même que des refuges à insectes « dans une majorité de parcs et jardins de la ville ».

 Et sinon, quoi de neuf ? 

En 2013, un événement avait été organisé par la mairie d’Orléans intitulé « Mon chien et moi dans la ville ». S’il ne fut pas suivi de petits frères, Capucine Fedrigo aimerait désormais mettre en place un rendez-vous autour de « l’animal en ville », avec des associations expertes, où l’on pourrait retrouver les « bons gestes du quotidien ». D’autre part, et parce que l’animal est un « vecteur de bien-être pour les humains », l’élue réfléchit, en lien avec Gauthier Dabout, conseiller municipal chargé des aînés, à faire davantage entrer des animaux dans certains résidences autonomie d’Orléans. Parmi les autres propositions en gestation, Capucine Fedrigo aimerait que certains agents de la Ville puissent venir au travail accompagnés de leurs chiens, sur le modèle de ce que peut faire l’entreprise Mars à Saint-Denis-de-l’Hôtel. 

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