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Précarité : les assos sur le pont

Précarité : les assos sur le pont

Les besoins des personnes en situation de précarité ne faiblissent pas dans la métropole. Alors que l’inflation actuelle fait craindre le basculement de nouvelles populations dans la pauvreté, des associations continuent d’œuvrer – et d’innover – pour apporter aux plus fragiles un soutien constant et un accueil digne. Exemples au Relais Orléanais et au Secours Catholique du Loiret
Gaëla messerli
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Dans la métropole orléanaise, Plusieurs structures viennent en aide aux plus démunis

Depuis cet été, le Relais Orléanais et d’autres acteurs caritatifs constatent la présence de nouvelles familles à la rue. « Il ne s’agit pas de primo-arrivants, mais de personnes qui viennent d’autres départements. Orléans a une certaine “attractivité” », analysent ainsi des associations. Au Secours Catholique, qui propose un « accueil matériel, fraternel et spirituel quelle que soit la religion », le président de l’antenne loirétaine, Dominique Guy, est au premier rang pour rendre compte de cette précarité qui ne faiblit pas : « Aux Murlins, nous servons des petits déjeuners 7/7 jours et avons eu des pointes jusqu’à 200 personnes par jour. Actuellement, cela tourne autour de 100 personnes. » Avec l’inflation, le président du Secours Catholique du Loiret craint un basculement des personnes précaires. « Les gens n’ont plus les moyens de l’imprévu », ajoute Emmanuel Barbier, le délégué diocésain de l’association.

85 000 repas servis au Relais Orléanais

Rue du Faubourg-Madeleine, le Relais Orléanais accueille depuis de nombreuses années des populations en situation de précarité. Et cette année encore, il y a « malheureusement » foule. « On retrouve une population plus ancienne qui ne venait plus et qui aime l’ambiance un peu “cocooning” du Relais, mais également d’autres profils, comme cette dame de 75 ans, bien habillée, qui osait à peine demander si elle pouvait s’inscrire… », constate Étienne Delécrin, le président-bénévole de cette association où plus de 2 000 personnes sont aujourd’hui inscrites. En 2022, le Relais devrait servir plus de 85 000 repas. « Nous sommes montés jusqu’à 400 repas par jour à emporter ; aujourd’hui, nous servons 220 repas à table et encore 60 à emporter, relate Etienne Delécrin, Lors du surplus de charge, l’État nous a aidés, ainsi que le CCAS d’Orléans et le Secours Catholique. » Pour accueillir ces publics avec plus de dignité et de confort, le Relais a rénové ses bâtiments. Bardage bois, briques et lumière naturelle en constituent le nouveau décor. Une entrée sur le côté permet en outre aux plus démunis de ne plus faire la queue directement sur le faubourg. Des travaux améliorant désormais l’accueil de ceux qui viennent ici pour trouver un repas, une douche et une écoute. « L’isolation du bâtiment est très bonne, la température n’a jamais dépassé les 24 °C cet été », se félicite Étienne Delécrin, qui témoigne d’une ambiance « apaisée » depuis l’ouverture de la nouvelle salle de réfectoire. En plus des repas, vingt personnes sont accueillies chaque soir rue du Faubourg-Madeleine. « Nous avons fait réaliser un système de claustras mobiles par le Lieu Multiple afin d’offrir plus d’intimité, notamment pour les familles », explique-t-on au Relais. Dans la nouvelle structure, un coin change-bébé et des sanitaires pour femmes ont d’ailleurs été prévus. En effet, même si l’accueil nocturne initial du Relais Orléanais était plus orienté vers des personnes seules, la structure abrite surtout, actuellement, des familles envoyées par le 115. « Si des éléments de mobilier et de la vaisselle sont prévus pour les enfants, notre but n’est pas de garder toute la journée les personnes qui nous sollicitent, mais plutôt de les orienter vers d’autres structures, comme les Anim’Orléans », affirme Olivier Carreau, le directeur du Relais, qui rappelle que celui-ci reste ouvert à tous. L’association compte 80 bénévoles, mais cherche toujours des volontaires pour prêter main-forte aux salariés.

Dans la métropole orléanaise, le Secours Catholique du Loiret a lui aussi dû « innover » pour faire face aux différentes formes de pauvreté. Dernièrement, l’association a donc inauguré deux cuisines solidaires afin de permettre aux personnes en précarité de cuisiner dans de bonnes conditions et « de vivre des moments de fraternité ». Après Ferrières-en-Gâtinais, c’est à Orléans, aux Murlins et à La Source, que le Secours Catholique a déployé ce dispositif avec l’aide de l’État. « Nous militons pour une alimentation digne et avons mis en place des paniers solidaires avec des produits locaux, mais il faut avoir la possibilité de les cuisiner », justifie Dominique Guy, le président du Secours Catholique du Loiret, qui prévoit d’installer une autre cuisine solidaire dans le département, à Saint-Benoît-sur-Loire.

Cuisine, cafés et garages solidaires

Outre un « café solidaire » à La Ferté-
Saint-Aubin, l’association est aussi en train de monter un « garage solidaire avec l’appui d’une association tourangelle, Solidarauto. Ce service sera basé dans la métropole d’Orléans, mais ses services seront ensuite déployés également dans le département, décrit Emmanuel Barbier, délégué diocésain du Secours Catholique. Les particuliers pourront y faire don de leur voiture et les personnes en précarité faire réparer leur voiture à un tarif solidaire. Nous espérons ouvrir ce garage fin 2023. » Cette structure s’appuiera sur des salariés professionnels mais aussi sur des bénévoles, avis donc aux amateurs de mécanique… « Nous aidons déjà à la prise en charge d’une réparation de voiture. Cela peut éviter aux gens de perdre leur emploi », insiste Dominique Guy. L’autre grand projet du Secours Catholique pour le deuxième trimestre 2023 consistera en l’ouverture d’une maison des familles en lien avec le Diocèse d’Orléans. S’il y a déjà un projet Familya dans les tuyaux, l’association est en train de monter un accueil de jour dédié dans une ancienne résidence étudiante, rue du Bourdon Blanc, qui dispose de 11 logements. « Nous allons nous associer avec la Maison Sainte-Euverte qui accueille des femmes enceintes en précarité et se trouve à quelques mètres », ajoute Dominique Guy, dont l’association n’hésite pas à s’associer à d’autres acteurs, selon les besoins. C’est le cas pour Ésope, l’épicerie sociale et solidaire de La Source (voir notre édition de la semaine dernière), mais aussi avec les Restos du Cœur, pour de l’aide alimentaire à Ferrières.

2 réponses

  1. Dans un monde marqué par la violence, l’intolérance et le repli sur soi on ne peut qu’être admiratif et réconforté par ceux qui se dévouent pour les laissés pour compte. Merci à toutes ces associations, ces bénévoles et à votre journal pour avoir mis en valeur des actions essentielles.

  2. Un grand merci à toutes les associations qui font de le mieux pour venir en aide aux personnes en grande précarité.!!! Malheureusement ils sont de plus en plus nombreux !! Bravos a tous pour votre dévouement

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