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Questions pour un « troisième tour »
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Questions pour un « troisième tour »

Questions pour un « troisième tour »

Après la victoire d’Emmanuelle Macron à la présidentielle, les élections législatives vont soit lancer définitivement le nouveau quinquennat, soit accoucher d’un véritable séisme politique. Dans le Loiret, la majorité présidentielle fera-t-elle le grand chelem ? Les Républicains sauveront-ils des sièges de député ? Le RN gagnera-t-il une circonscription ? Et quelles sont les chances de la Nupes ? Autant de questions qui feront le sel du premier tour, ce dimanche.
Benjamin Vasset
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On ne va pas se mentir : la campagne de ces élections législatives aura été d’une remarquable atonie. La faute, principalement, à un calendrier qui a laissé trop de temps s’écouler depuis la réélection d’Emmanuel Macron, le 24 avril dernier. Comment remobiliser ses électeurs sans donner l’impression de refaire le même match qu’il y a sept semaines ? C’est la quadrature d’un cercle que personne n’a vraiment réussi à résoudre, à moins que quelques-uns ne s’en soient volontiers accommodés. En laissant par exemple courir le suspense sur le nom de sa Première ministre, Emmanuel Macron a déplacé le bruit médiatique sur les intrigues de couloir plus que sur un débat d’idées dont il estime visiblement avoir fait le tour. Sur les deux élections nationales majeures de la Ve République, le Président sortant et son parti auront proposé le service minimum en 2022. Cela a marché en avril dernier, et il est probable que cela soit aussi le cas au soir du 19 juin. Dans le camp de la majorité, on pense d’ailleurs qu’il n’y a aucune configuration dans laquelle Emmanuel Macron et ses alliés pourraient perdre ces élections législatives. Excès de confiance ? Plutôt le constat implacable que le mode de scrutin de ces législatives et le découpage des 577 circonscriptions favorisent le candidat du parti le plus modéré et/ou sortant. Ainsi, bien que les sondages aient placé plusieurs fois en tête au nombre de voix au soir du premier tour la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (Nupes), transformer cette tendance en élection de députés sera un exercice particulièrement compliqué pour cette union de la gauche nouvelle formule.

Une gauche maladroite ?

Cette alliance entre La France insoumise d’un côté, puis les Verts, le Parti communiste et le Parti socialiste de l’autre, aura été la grande affaire de ce début de campagne. Après plusieurs nuits blanches et des négociations de boutiquiers, la gauche a certes fini par se retrouver, se plaisant à affirmer qu’elle n’avait pas seulement signé un « simple accord électoral », mais un vrai programme de gouvernement. Mais si 22 % des électeurs ont voté Mélenchon au premier tour de la présidentielle, seront-ils tous prêts à vouloir désigner JLM « Premier ministre », comme ce dernier le demande depuis plusieurs semaines, en agaçant même parfois au sein de son propre mouvement ? Car il y a, quand même, beaucoup de « nuances », de circonvolutions et de périphrases dans le programme de la Nupes à même de brouiller un peu le message… Quelques propositions sociales fortes se dégagent toutefois et parleront aux oreilles de Français, toujours étranglés par les prix qui explosent et les factures qui s’amoncellent. Tous les partis promettent d’ailleurs, encore une fois, de répondre à la problématique du pouvoir d’achat, mais ils ont déjà tout dit, ou presque, lors de la campagne à la présidentielle. Pour sa part, le RN continue évidemment de faire de ce thème son dada, mais le parti lepéniste, pas forcément hyper motivé, sait qu’il ne gagnera pas ces élections législatives, puisqu’il dit officiellement viser entre 100 et 150 députés à l’Assemblée nationale.

Au moins un élu RN ?

Parmi les 577 circonscriptions françaises que le RN juge gagnables se trouve la 4e du Loiret, autour de Montargis. Le candidat du Rassemblement national, Thomas Ménagé, y trouvera face à lui la « star » de ces élections législatives dans le département : l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui aura bénéficié d’une large couverture médiatique : ses aventures de parachuté en pays montargois ont fait le plaisir de la grande presse parisienne, qui l’a marqué à la culotte. Reste à savoir si Jean-Michel Blanquer saura parler le même langage que ses électeurs : une défaite serait certes une vraie casserole pour lui, mais une victoire un joli butin pour la majorité présidentielle. Une majorité qui part du reste confiante dans les première, deuxième et sixième circonscriptions du Loiret, où les députés sortants – Stéphanie Rist, Caroline Janvier (Renaissance) et Richard Ramos (Modem) – font figure de favoris. Dans la Macronie pur jus, on aime cependant à dire que la circonscription de Richard Ramos n’est pas tout à fait assurée, puisque s’y présentent pas moins de 12 candidats, dont une proche de Serge Grouard (Chrystel de Filippi) ainsi qu’un candidat Insoumis expérimenté (Olivier Hicter). La majorité présidentielle sait aussi que la bataille sera rude dans la cinquième circonscription, qui englobe Fleury-
les-Aubrais et… tout le nord du Loiret (joie du découpage électoral), lequel a voté massivement pour le RN à la dernière présidentielle. La troisième circonscription, située au sud et à l’est de la métropole d’Orléans, sera aussi scrutée avec attention et malice par bon nombre d’observateurs : d’une part parce que la droite traditionnelle y part divisée (le député sortant LR Claude de Ganay face au maire UDI de Sully-sur-Loire Jean-Luc Riglet), et d’autre part parce que la désignation de la candidate de la majorité présidentielle, Karine Barbier (Modem), n’a pas fait que des heureux chez ses « amis »… Avec un tel plateau, difficile de dégager un pronostic dans cette circo, d’autant que la figure montante du RN dans le Loiret, Mathilde Paris, est considérée avec beaucoup de sérieux par ses adversaires.

Évidemment, le fort taux d’abstention qui est prévu dimanche pour ce premier tour pourrait bien entendu brouiller les cartes. Pour éviter d’en être étonné, choqué ou énervé, le mieux sera encore de se déplacer pour aller voter : avec 58 candidats sur la ligne de départ, les grincheux pourront difficilement dire qu’ils ne sont pas « représentés », à moins de faire preuve d’une insondable mauvaise foi. Ce qui n’est – comme chacun sait – pas du tout la caractéristique première du Français moyen…

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