Réouverture des écoles : les jours d’à peu près

Mardi, les petits Orléanais ont, pour une minorité d’entre eux, renoué (en partie) avec ce qui faisait leur quotidien d’avant confinement. Mais cette réouverture des écoles a laissé songeurs, pour rester poli, plusieurs parents d’élèves et certains élus.
Benjamin Vasset
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« Le vert, c’est la couleur de l’espoir » : le 8 mai dernier, dans une formule dont il a le secret, Pierre Pouëssel, le préfet du Loiret, a indiqué comment, selon lui, le Loiret devait envisager l’après 11 mai. La veille, les Loirétains avaient appris que leur département faisait partie de la « bonne » moitié de la France : celle qui allait pouvoir de nouveau gambader dans les parcs et les jardins ; celle, aussi, dont les plus jeunes enfants seraient autorisés à faire leur rentrée des classes dès le 12 mai. Ce grand jour a pourtant fait apparaître un « déconfinement à la carte », à moins que ce ne soit à plusieurs vitesses. Si le rectorat indiquait, le 8 mai, que 90 % des écoles seraient en capacité de rouvrir leurs portes cette semaine, moins d’un élève sur cinq a fait en pratique son retour, mardi, dans les établissements scolaires du Loiret. Des établissements où un protocole sanitaire de plus de 50 pages avait dû être infusé, en amont, par les services municipaux et les personnels enseignants pour mettre en pratique les nouvelles normes de distanciation physique. « On se demande quel crâne d’œuf du Ministère a pondu ce genre de trucs ! », pestait encore, la semaine dernière, une adjointe municipale de l’Orléanais en charge des affaires scolaires. Dans le même temps, la FCPE du Centre-Val de Loire disait, par voie de communiqué, ne pas être « convaincue » par les termes de cette rentrée : « quelles journées vont vivre nos enfants ?, s’interrogeait cette fédération de parents d’élèves. Pas vraiment de l’école, mais pas non plus un vrai plaisir de retrouver les copains qu’il sera interdit de toucher, de rapprocher et même de jouer avec. »

Une question de moyens ?

Résultat : devant cette foule de détails à mettre en place, deux communes de la métropole indiquaient ne pas vouloir –ou pouvoir – ouvrir leurs écoles à la date du 12 mai. Saran était la première à porter cette décision en place publique ; avant que Saint-Jean-de-Braye n’explique par la suite que « les conditions satisfaisantes pour assurer la sécurité sanitaire des élèves de la ville, des personnels et des enseignants n’étaient pas réunies » pour rouvrir le 11 mai. Un peu plus tard, Saint-Jean-de-la-Ruelle indiquait reporter la rentrée de ses écoles au 18. Bref, chacun faisait comme il voulait – ou comme il pouvait –, et même parmi les « bons élèves » qui reprenaient le 12, comme à Olivet, la séparation des classes entre « groupes A » et « groupes B » pour se partager la semaine laissait augurer de joyeuses prises de tête. 

Apparaissait cependant assez vite le fait que les « grandes » villes comme Orléans, c’est-à-dire celles avec des moyens et (donc) des personnels, avaient pu organiser beaucoup moins difficilement cette rentrée scolaire que les communes de taille plus modeste. Le principe d’égalité en prenait ainsi un joli coup, d’autant que celui du volontariat ne devait pas, lui non plus, contribuer à rétablir les inégalités sociales qu’avait justement creusées le confinement. Au niveau des collèges (qui reprendront lundi prochain pour les 6e et les 5e), le président du Département du Loiret, Marc Gaudet, affirmait ainsi que le sujet du « décrochage » était un véritable enjeu. Un principal de collège de la métropole notait à ce sujet que les élèves que les établissements scolaires avaient « perdus » durant ces deux derniers mois ne seraient, d’ailleurs, sûrement pas ceux qui allaient se presser devant les portiques des collèges le 18 mai. Rouvrir les établissements parce que « trop d’enfants, notamment dans les campagnes et les quartiers populaires » étaient « privés d’école sans avoir accès au numérique et ne pouvaient être aidés de la même manière par les parents » (Emmanuel Macron, 13 avril 2020) ? Beaucoup n’y croient toujours pas. Parmi le personnel enseignant, on n’était ainsi pas spécialement emballé à l’idée de faire de la « garderie » dans ces conditions. Cette rentrée de mai, Gérard Malbo, vice-président du Département du Loiret, la qualifiait finalement de « pré-galop d’essai » en vue des prochains mois . « Mais il est nécessaire de la faire si l’on veut qu’en septembre, tout se passe bien », expliquait-il.

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