|
|
|
Sondage exclusif – Élections municipales à Orléans

Sondage exclusif – Élections municipales à Orléans

Les résultats du sondage Ipsos-Sopra-Steria que nous publions cette semaine offrent deux enseignements majeurs. D'abord, l’ancien maire d’Orléans Serge Grouard arriverait assez largement en tête des intentions de vote si le premier tour avait lieu dimanche. Autre perspective : dans l’hypothèse d’une triangulaire au second tour, une victoire de Jean-Philippe Grand ne serait pas à exclure, bien qu’elle demeure, selon les analystes, assez peu probable.
Benjamin Vasset
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur email
Partager sur whatsapp
Sondage exclusif - Élections municipales à Orléans

SERGE GROUARD DEVANT, INCERTITUDES POUR LE SECOND TOUR 

À l’échelle locale, c’est une petite bombe. Serge Grouard en tête des intentions de vote au premier tour et Olivier Carré en retrait, à 32 % contre 24 % (attention aux marges d’erreur cependant, voir graphique p.7, ndlr). Quel observateur avisé pouvait imaginer une si grande marge entre les deux anciens amis des majorités de 2001, 2008 et 2014 ? Le duel à distance entre l’ancien maire d’Orléans et son successeur semble, pour l’instant, tourner à l’avantage du plus âgé des deux. Nul doute que la révélation de ces résultats va occasionner quelques maux de tête dans l’équipe d’Olivier Carré, qui a, ces derniers mois, affiché une certaine forme de sérénité, met- tant en avant un bilan qu’il jugeait excellent. En janvier, n’a-t-il d’ailleurs pas martelé que « 92 % des engagements » de 2014 avaient été tenus ? Olivier Carré n’a, en outre, jamais paru craindre la répercussion que pouvait avoir dans l’opinion la révélation de ses notes de frais par Le Canard En- chaîné, au mois de juin dernier. En privé comme en public, 

« Serge Grouard réussit À rassembler l’électorat traditionnel de droite, olivier carré peine À séduire largement l’électorat de la république en marche » 

il répétait à l’envi que les gens ne l’enquerraient pas de ce sujet. La séquence de la semaine dernière, au cours de laquelle il a été entendu par les enquêteurs de la police judiciaire, ne devrait pas être en mesure de renverser cette tendance, d’autant qu’un autre chewing-gum est venu se coller à sa semelle : jeudi dernier, France Bleu Orléans et La République du Centre révélaient qu’un peu plus de 11 000 € de frais d’avocat avaient été payés par la Ville d’Orléans pour défendre Olivier Carré dans les procédures le visant. Une « protection fonctionnelle » classique, à ceci près qu’elle n’a pas été votée en conseil municipal, comme il est de rigueur depuis 2012. Sauf que certains services de la Ville répliquent qu’il n’y avait pas eu de vote, non plus, lorsque Florent Montillot, Serge Grouard himself ou Michel Martin avaient sollicité cette protection dans d’autres procédures les concernant. Même si les trois larrons arguent, eux, in fine, que leurs affaires avaient elles à voir avec l’image de la Ville d’Orléans… Bref, un partout, balle au centre.

Que va faire Olivier Carré ?

Cependant, Olivier Carré est dans une mauvaise passe et, au-delà des éléments annexes, il y a peut-être d’autres explications à chercher. Sur la forme d’abord : la série de « grands débats » que le maire d’Orléans a organisés, sur le modèle de ceux qu’avait construits La République en Marche au niveau national pour déminer la crise des Gilets jaunes, n’a visiblement pas renversé l’opinion. Olivier Carré et son équipe s’en sont dit très contents, mais ils n’ont peut-être pas vu, ou voulu voir, que l’engouement populaire n’avait pas été tout à fait au rendez-vous. De plus, le style Carré, qui enjoint à une campagne mesurée, n’a, pour l’instant, pas imprimé les consciences. Au contraire de son rival Serge Grouard, dont le phrasé plus concis cible aussi souvent plus fort. Actuellement engagé dans une série de réunions publiques dans les quartiers, l’ancien maire d’Orléans avait, jusqu’alors, privilégié les « coups » (meeting d’annonce de sa candidature, inauguration de son local de campagne) et labouré les marchés. D’ailleurs, son socle électoral de base, les retraités, le suit dans sa démarche : Serge Grouard mobilise 40 % d’entre eux sur sa candidature, contre 25 % pour Olivier Carré ! Dans le camp de ce dernier, on s’est souvent moqués de l’âge avancé des « groupies » de l’ancien maire d’Orléans. Les résultats de notre sondage montrent que Serge Grouard a surtout réussi à mobiliser ceux qui l’ont toujours soutenu : au-delà des retraités, il est aujourd’hui plébiscité par l’électorat traditionnel de droite (68 % des électeurs de François Fillon en 2017 se dirigent vers lui, contre 25 % pour Olivier Carré). Les gens qui l’avaient (re)porté au pouvoir en 2014 semblent également le suivre lorsqu’il tonne que son successeur n’est qu’un « héritier » : Serge Grouard rassemble toujours 54 % de ceux qui l’avaient élu il y a six ans au premier tour des municipales, contre 32 % pour Olivier Carré. 

A contrario, celui-ci paraît assis sur un siège particulièrement mouvant, à défaut d’être encore éjectable. Soutenu officiellement par LaREM, Olivier Carré ne mobilise que 40 % de cet électorat, 25 % de ce dernier avouant plutôt sa préférence pour la liste EELV de… Jean-Philippe Grand ! Olivier Carré s’est-il tiré une balle dans le pied en cherchant le soutien du parti macroniste ? Il serait tentant de le penser aujourd’hui. Sauf qu’à l’époque, c’est- à-dire au printemps dernier, LaREM obtenait plus de 26 % des voix aux européennes à Orléans…

Une surprise nommée Jean-Philippe Grand ?

En tout cas, Olivier Carré va devoir souquer ferme pour rattraper son retard sur Serge Grouard. Car si les résultats au soir du premier tour étaient conformes aux prospections énoncées par notre sondage, le maire d’Orléans n’aurait pratiquement aucune chance de l’emporter au second tour, dans l’hypothèse d’une triangulaire avec Serge Grouard et Jean-Philippe Carré. À moins évidemment, d’une alliance entre les deux frères enne- mis, ce qui paraît, aujourd’hui, très hautement improbable. Un élément pourrait cependant faire que la question se pose, quand même : le score de la liste « OSE », avec l’éventualité de voir Jean-Philippe Grand remporter la mise, et éjecter donc de l’exécutif local à la fois Serge Grouard et Olivier Carré. Le candidat écolo, qui fait campagne depuis deux ans, est parti tôt. Trop tôt, ont même dit certains à l’automne, plombé qu’il était alors par des négociations laborieuses avec le PS et le PC. Ceux-ci paraissant désormais loin derrière (7 % d’intentions de vote au premier tour), Jean-Philippe Grand montre qu’il peut être en capacité de rassembler une partie de la gauche sur son étiquette et sur son programme. Ce ne sera toutefois pas une mince affaire, le Parti Communiste ayant notamment donné de la voix, la semaine dernière, pour dénoncer la présence sur la liste « OSE » de Stéphane Cornée, passé un temps par Debout la France, puis La République en Marche, et qui est présenté comme le « Monsieur Sécurité » de Jean-Philippe Grand. Celui-ci sacrifiera-t-il son colistier pour accéder aux desiderata de la liste « Faire Respirer Orléans » en vue du second tour ? Ce n’est pas certain, tout comme il n’est pas encore gagné, c’est un euphémisme, que la liste des Insoumis et des Animalistes, créditée dans notre sondage de 6 % des intentions de vote, s’allie avec lui entre les deux tours. 

Cependant, Jean-Philippe Grand paraît avoir les cartes en main, mais il lui faudra faire preuve de trésors de diplomatie, puisqu’il peut aussi penser récupérer, au deuxième tour, quelques voix émanant de la liste menée par Nathalie Kerrien (à 6 % dans notre sondage). Enfin, dernier enseignement : au vu des intentions de vote qui lui sont promises, le candidat centriste Tahar Ben Chaabane pourrait ne pas maintenir sa candidature, d’autant plus qu’il poursuit un objectif intime : battre ou faire battre Serge Grouard. Il est possible qu’il se rapproche donc d’Olivier Carré, bien que son électorat puisse aussi aller voir du côté de Jean-Philippe Grand si d’aventure il se retirait de la course. 

Enfin, l’une des réflexions majeures de ce sondage est que ce sprint vers les municipales reste à la fois passionnante et indécise. Évidemment, il nous faut préciser qu’il ne s’agit, selon l’expression consacrée, que d’une « photographie à l’instant T ». Mais celle-ci donne déjà des indications sur ceux que l’on retrouvera prochainement au premier plan, ceux qui peuvent espérer s’en rapprocher, et ceux qui seront seulement sur l’image. Pour le reste, rendez-vous le 15 mars prochain. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Autres ARTICLES a lire
Yann Hervis, l’artiste orléanais à découvrir grâce à ses œuvres en bois uniques
À travers ses œuvres qui jalonnent le cœur historique du...
La Métropole Orléanaise offre des lieux et des temps d’écoute pour les aidants touchés par Alzheimer, handicap, troubles psychiatriques
Alzheimer, handicap, troubles psychiatriques… La maladie a des effets sur...
La Sainte Famille à Orléans installe La Boussole pour offrir un accueil non-médicalisé pour personnes bipolaires et schizophrènes
L’association La Sainte Famille a acquis à Orléans l’ancienne Maison...

Signaler un commentaire