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Transition : on va voir ce qu’on va voir !
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Transition : on va voir ce qu’on va voir !

Transition : on va voir ce qu’on va voir !

Les élus métropolitains ont adopté à la quasi-unanimité (moins une abstention) un plan de transition écologique jusqu’à la fin du mandat, voire même au-delà. « Nous allons faire », promet Serge Grouard, président de la Métropole, qui annonce des « investissements massifs ».
B.V
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Serge Grouard a pris un ton grave, la semaine dernière, à l’heure de présenter le plan d’action présenté par la Métropole d’Orléans en matière de transition écologique. « Nous savons tous que nous allons dans le mur, a commencé le président de l’intercommunalité. Si nous ne respectons pas la trajectoire de + 1,5 °C en 2100, nous risquons d’aller vers un emballement du dérèglement climatique. Même si aujourd’hui, on ne nie plus l’évidence, ce n’est pas pour cela qu’on agit : or, il nous faut impérativement baisser de 50 % l’émission de nos gaz à effet de serre dans les dix ans qui viennent. » Voilà pour le constat, partagé aujourd’hui par la quasi-totalité de la classe politique frança. Néanmoins, le débat a été joliment escamoté lors de la campagne du premier tour de l’élection présidentielle. D’ailleurs, même si la candidate issue de son propre parti n’a pas spécialement contribué à élever le niveau sur la question, Serge Grouard (LR), lui, a visiblement fait de l’environnement son cheval de bataille au niveau métropolitain : à ce titre, son discours est pour le moins détonant. « Nous sommes dans un système qui est à bout de souffle sur les plans politique, économique et social. Avec la transition, c’est un nouveau système qui est en gestation. » Jean-Luc Mélenchon n’aurait pas dit mieux ! « Nous allons nous inscrire dans une démarche sérieuse, qui ne cherche pas le buzz et qui veut faire, a autrement promis Serge Grouard. J’attends les critiques, puisque nous ne pourrons pas avoir tout fait en six mois. Or, le délai est court : l’objectif, c’est 2030. »

Le paquet sur le solaire

Du temps, il s’en est déjà écoulé depuis que la Métropole a lancé, en 2020, ses Assises de la Transition écologique, dont le but était initialement de pouvoir faire échanger élus, experts, associations, entreprises et particuliers afin d’établir un diagnostic, des solutions et in fine une politique concertée. Le compte rendu de ces Assises a été livré en juillet dernier, mais depuis, rien n’avait été annoncé. Les atermoiements de l’automne 2021, avec un changement de pilote dans l’avion, n’ont pas spécialement fait, il faut le dire, pour une mise en route concrète. Finalement, une fois les moyens décidés lors du vote du Plan Pluriannuel d’Investissements en février dernier, les services et les élus ont pu apporter un point final à leur « Manifeste en faveur de la transition écologique », lequel dit s’appuyer sur « 90 actions concrètes structurées autour de 9 thèmes et 9 objectifs ». Les élus métropolitains disent en outre s’appuyer sur une somme rondelette de 250 M€ d’investissements sur les quatre ans à venir. Cependant, 143 M€ ont déjà été fléchés vers des projets lancés : ne restent finalement plus « que » 80 M€ orientés sur des projets « nouveaux » (soit environ 20 M€ par an), dont la moitié seront consacrées à la production d’énergie renouvelable. Un dossier qui est visiblement la grande cause du reste du mandat, avec, comme l’explique Matthieu Schlesinger, vice-président de la Métropole en charge de la Transition, la création d’une nouvelle société dont le nom et le statut juridique restent à préciser, mais qui sera le bras armé d’un vaste plan de solarisation du territoire. « Nous allons commencer par favoriser le photovoltaïque, car nous pensons que c’est une technologie mature », appuie Matthieu Schlesinger, qui dit cependant ne pas mettre de côté géothermie, méthanisation, biomasse… et même éolien. Maintenant, les entreprises de photovoltaïque vont devoir se partager le gâteau confectionné par la Métropole. Un Appel à Manifestation d’Intérêt sera ainsi lancé dès cette année pour coiffer certains bâtiments publics de panneaux photovoltaïques. L’élu écologiste Jean-Philippe Grand a applaudi des deux mains le lancement de ce plan de solarisation, mais a demandé à ce que l’on « puisse en priorité investir les toits avant d’aller au sol et de prendre sur les zones agricoles et naturelles » pour installer ces panneaux. 

Moins de déchets, mieux de déchets

L’autre jambe dessinée par la Métropole en termes de Transition énergétique, c’est visiblement l’accompagnement des acteurs du territoire pour mener à bien cette politique publique. Dans le jargon : créer un écosystème. Car si la collectivité va financer un « guichet unique » de la rénovation énergétique adossé à l’ADIL qui servira de relais pour s’assurer que les travaux vendus par des professionnels tiennent la route, la Métropole veut aussi que la demande puisse rencontrer une offre. Or, selon les élus, celle-ci n’est pas encore assez importante pour répondre aux besoins et aux objectifs de rénovations lourdes qu’elle se fixe : « Par exemple, nous n’avons pas encore de métiers type coordinateurs de travaux énergétiques, et pas encore suffisamment d’entreprises spécialisées », énonce Matthieu Schlesinger. Le but est donc de s’entendre avec les autres partenaires institutionnels, et notamment la Région Centre-Val de Loire, pour que l’offre de formation évolue afin d’alimenter des entreprises locales en compétences nécessaires. 

Autre axe de cette politique métropolitaine en matière de transition : l’optimisation de la gestion des déchets. « Nous ne sommes pas bons là-dessus, nous en produisons beaucoup trop, notamment des déchets plastiques », argue Serge Grouard. Vice-président de la Métropole en charge de ce dossier, Thierry Cousin abonde : « En matière de poubelles, les Français sont de vrais Gaulois », se désole le maire de Saint-Pryvé, qui met en avant la récente rénovation du Centre de Tri de Saran (un autre projet « acquis ») et la livraison, prévue à l’automne 2022, d’une déchetterie nouvelle génération à… Saint-Pryvé, qui fera office de quai et de comptoir du réemploi. D’autre part, même si les solutions ne sont pas encore définies, la Métropole va également devoir muscler ses actions de récupération des biodéchets. En effet, la loi imposera en 2024 que « tous les particuliers disposent d’une solution pratique de tri à la source de leurs biodéchets ». « Et si nous ne faisons pas ces efforts, nous devrons payer un impôt », prévient Thierry Cousin. Dans une même logique circulaire, la Métropole annonce également que d’ici à 2023, « les eaux usées de la station d’épuration de La Source seront réutilisées pour l’arrosage du Parc Floral » pour un coût estimé à 1,3 M€. 

« Sentinelles de la transition »

Si la feuille de route de la Métropole en termes de transition a d’autres ramifications, notamment en termes de transports (voir ci-contre), elle fixe aussi la façon dont il faut y parvenir. Et dans ce domaine, l’interco ne va pas à contre-courant des tendances actuelles, puisqu’elle veut associer des acteurs de la société civile. Ainsi, quatre fois par an, « 22 sentinelles de la transition » tirées au sort dans les communes de la métropole se réuniront pour évaluer la politique menée. Cette vingtaine de chanceux seront accompagnés par deux représentants issus du Conseil de Développement de la Métropole et par « trois élus issus du groupe des élus engagés pour la transition ». L’histoire ne dit pas explicitement si les conclusions de ces « vigies citoyennes » seront uniquement consultatives. Mais ce qui pourrait ressembler de loin à un nouveau « machin » rassure ceux qui réclament plus de démocratie participative : même si l’heure est à l’urgence absolue, il est encore permis de prendre (perdre  ?) un peu de temps pour se mettre autour d’une table. À plus large échelle, un « Village de la Transition » aura aussi lieu chaque année début juillet pour « réaliser un point d’étape en toute transparence ». « C’est un plan important, et je pense sincèrement qu’on va y arriver », a conclu « l’écolo optimiste » Jean-Philippe Grand. Les Orléanais sont sauvés !

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