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« Un texte dans l’intérêt de l’enfant »

« Un texte dans l’intérêt de l’enfant »

Après son passage à l'Assemblée, le texte concernant la loi contre les séparatismes devrait être présenté le 30 mars prochain au Sénat. Jean-Pierre Sueur, sénateur (PS) du Loiret, renouvelle son attachement à « l’école de la République ». Il pense que l’article 21 ne bafoue pas la liberté d’instruction.
Gaëla Messerli
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Quel est votre regard sur cette loi sur les séparatismes et notamment la partie concernant l’instruction en famille ?

Avant d’aborder l’instruction en famille, je tiens à souligner, concernant ce texte, que je suis attaché à la liberté de religion. Il ne revient pas à l’État d’organiser les religions. 

Et concernant l’article 21 sur l’instruction en famille ?

Le droit à l’instruction en famille date de Jules Ferry, c’est une loi de 1882. Je suis pour ma part attaché à l’école publique. Quel que soit le milieu social ou les idées des parents, les enfants sont assis sur les bancs d’une même école : l’école de la République. Ils y apprennent les idées et les vertus de la République. On y apprend aussi le vivre-ensemble ; on bénéficie des enseignements des professeurs dans leur diversité. On a ainsi tous certaines références historiques, géographiques, mais également la même langue. C’est dommage pour les jeunes qui n’ont pas la chance d’aller à l’école et d’avoir des camarades. Car c’est à l’école aussi que l’on apprend à avoir un esprit ouvert et critique, ce qui est d’autant plus important à l’heure des réseaux sociaux, où l’on trouve tout et n’importe quoi sur Internet !

Vous êtes donc contre l’instruction en famille ?

Bien entendu, il y a des cas où l’éducation en famille est justifiée : le handicap ou la santé, une pratique sportive ou artistique, l’éloignement, la vie nomade ainsi que s’il y a une situation propre à l’enfant… Toutes ces raisons sont évoquées dans cet article. Je comprends l’inquiétude des familles si l’on supprimait l’instruction en famille mais là, il s’agit de la maintenir avec une autorisation justifiant pourquoi l’enfant est privé du bienfait d’aller à l’école. Il faut également que la personne en charge de l’instruction soit qualifiée. Ce texte est rédigé dans l’intérêt de l’enfant et maintient la possibilité de l’instruction en famille. Je ne fais pas de procès d’intention aux familles qui la pratiquent, mais l’idée est d’éviter les dérives, comme l’endoctrinement.

Cette proposition de loi est-il une manière de remettre en cause l’enseignement privé ?

Non, l’école privée doit respecter les lois de la République, qu’elle soit sous contrat avec l’État ou non. Pour moi, ce texte ne porte pas atteinte à la liberté d’enseignement. La liberté
reste entière.

Pour le député Richard Ramos, cet article 21 est anticonstitutionnel. Qu’en pensez-vous ?

Non, je ne pense pas. Il fixe un cadre. La loi de 1882 n’est pas la Constitution. Toutes les lois peuvent être modifiées. Ce serait différent si la loi interdisait de manière radicale l’instruction en famille mais là, ce sont juste des justifications qui sont demandées.

Qu’allez-vous voter ?

Je ne sais pas encore, cela dépendra des amendements déposés. Cet article 21, tel qu’il est rédigé, je ne m’y oppose pas. Je vais certainement proposer une quarantaine d’amendements, car il y a des choses qui peuvent être améliorées.

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