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Une commune « privilégiée » ?
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Une commune « privilégiée » ?

Une commune « privilégiée » ?

Au sud de la métropole, Saint-Cyr-en-Val apparaît comme un village à la fois semi-rural et prospère. Il faut dire qu’avec les recettes fiscales apportées par les parcs d’activités mitoyens, le maire de la commune, Vincent Michaut, peut compter sur un petit trésor de guerre... benjamin vasset (avec gaëla messerli)
B.V
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Interview :  Vincent Michaud, maire de Saint-Cyr-en-Val 

Quel bilan faites-vous de vos deux premières années de mandat depuis que vous avez été élus, en mars 2020, après une victoire à… quatre voix près ?

Il y a eu un début de mandat un peu compliqué, principalement attaché à la gestion du Covid. Mais nous avons quand même réussi à mettre en place des choses, comme le lancement des travaux d’isolation de l’école maternelle, la restructuration du centre-bourg ou l’accroissement de l’offre de santé. Il y a
aussi eu de nouvelles circulations douces et des jeux d’enfants installés au domaine de Morchêne.

Aux conditions dans lesquelles vous avez été élus ont succédé, un an plus tard, des départs dans votre majorité municipale. Les deux événements étaient-ils liés et aujourd’hui, les cendres sont-elles éteintes ? 

Il y a deux ans, les Saint-Cyriens sont venus me chercher et ont voulu que je me présente. J’ai été élu au premier tour. Mon travail de maire se fait avec l’ensemble des Saint-Cyriens. Tous les recours au sujet de l’élection ont été rejetés, je veux maintenant qu’on sorte de ça. Il y a eu deux listes pour succéder à Christian Braux : cela aurait pu être évité, mais c’est derrière nous. Les personnes auxquelles vous faites allusion sont parties pour des raisons qui leur appartenaient. Le problème qu’on rencontre aujourd’hui, c’est que les gens n’ont pas envie de s’investir, ou pensent que le maire peut tout faire. Alors oui, ça peut entraîner un peu de frustrations.

Vous avez été premier adjoint, vous êtes maintenant maire. Si l’on ne naît pas maire, comment le devient-on ?

Premier adjoint, vous n’avez pas toutes les emmerdes du maire, mais vous êtes proche de lui, et vous savez où vous allez. Maire, vous avez plus de prérogatives et la responsabilité totale du personnel, mais vous devez vous appuyer sur de bons services. L’angle juridique doit être le maître mot. Moi, j’ai fait des études de droit, j’ai cette fibre-là et c’est nécessaire, parce que vous pouvez vous faire attraper pour tout et n’importe quoi. Un maire n’est pas spécialiste en tout, mais il est responsable de tout. Dans la gestion quotidienne, pour moi qui travaille dans une grosse entreprise, il est important de faire confiance à ses adjoints. Je délègue énormément. Les commissions thématiques, je n’y vais pas, même si j’ai la connaissance des dossiers. Être maire, c’est être le chef d’une grosse PME, avec, pour Saint-Cyr, 81 agents employés, 6 M€ de budget de fonctionnement, 2 M€ d’investissement et 4 000 personnes qui travaillent sur le territoire communal. Donc, on ne s’improvise pas maire, mais on peut le devenir.

Quels projets vont sortir de terre d’ici à 2026 ?

Sur Morchêne, dès 2023, des premiers travaux seront réalisés pour sécuriser les riverains du secteur par rapport aux risques d’inondations. C’est de la compétence de la Métropole, mais on essaye de voir ce qu’on peut faire en termes de budgets. Ensuite, le gros projet, ce sera la réalisation de bâtiments communs centre de loisirs / multi-accueil. Les études sont lancées cette année, on espère que les travaux commenceront en 2024. Les travaux d’isolation de l’école élémentaire sont aussi au programme. A priori, la rénovation de la salle des fêtes se fera, elle, sur le mandat suivant. 

Saint-Cyr-en-Val abrite un « Pôle Santé ». De quoi s’agit-il ?

C’est un bâtiment qui n’est pas sous l’égide de l’ARS. Ce n’est pas une MSP classique ; ce Pôle s’autofinance. Il y a 21 professionnels de santé, avec une vraie pluridisciplinarité. Il y a eu une période un peu compliquée début 2021, avec un médecin généraliste qui a arrêté et des remplaçants qui ne sont pas restés. Aujourd’hui, on a des remplaçants et on fait tout pour qu’ils s’installent, mais je ne suis pas un lobbyiste. Un secrétariat a été mis en place en mars dernier, financé par une association au niveau de ce Pôle Santé. Il y a eu aussi la création d’une association de soins primaires qui regroupe des professionnels de santé, le pharmacien… afin de mieux travailler ensemble. Mais globalement, bien que nous manquions de deux médecins traitants, je vous mets au défi de trouver beaucoup d’autres communes de 3 300 habitants sur le territoire français qui peuvent compter 21 professionnels de santé…  

Votre commune est l’une des rares qui n’a pas cédé à la mode du budget participatif…

Non, je préfère rajouter 60 000 € dans le budget d’un projet s’il y en a besoin plutôt que de créer un budget participatif. C’est un choix. 

Qu’est-ce qui fait les forces de Saint-Cyr-en-Val : son parc d’activités et son cadre rural, si l’on résume un peu ?

Il y a ici une ambiance village aux portes de la métropole. Les gens se plaisent à Saint-Cyr. La preuve : il y a très peu de turn-over de biens. Nous avons toutes les commodités sans les inconvénients de la ville, nous sommes desservis en transports, le centre-ville d’Orléans est à dix minutes (sic) et nous avons, c’est vrai, de gros aspirateurs commerciaux. Oui, dans un sens, nous sommes des
privilégiés. 

Que représente le Parc d’activités de La Saussaye dans l’économie de votre commune ? 

C’est un parc de 70 ha, qui va encore s’accroître. Il emploie aujourd’hui environ 3 500 personnes. Clairement, c’est la première recette fiscale de la commune. Mais il n’y a et il n’y aura pas, à l’avenir, que de la logistique à tour de bras. L’objectif est de diversifier les activités de la zone. Et la priorité, c’est d’avoir un parking pour les camionneurs, pour qu’ils puissent être dans un espace sécurisé. Car cette zone, il faut le dire, s’est développée sans prendre en compte la problématique des camions. Il y a des nuisances. 

Où en est le dossier Hitachi, dont une partie du site se trouve sur votre commune ?

J’ai toujours dit qu’il n’y serait pas fait un deuxième Cap Saran du sud. Je ne veux pas non plus qu’on mette de la logistique sur cette zone. Le bâtiment d’Hitachi est un « site blanc » ; je trouverais intéressant qu’une activité médicale puisse s’inscrire dedans. Mais que les gens se rassurent : on ne fera pas n’importe quoi. 

Saint-Cyr-en-Val est-elle impactée par les « économies » décidées à la Métropole ?

Non, pas forcément. Sur ce sujet, plus globalement, je partage les orientations de Serge Grouard (voir p.4). Pour ma part, je ne souhaite pas forcément financer des petits projets, mais des vrais projets d’intérêt métropolitain – un bac à fleurs, ça n’a pas d’intérêt métropolitain – avec une bonne répartition entre le sud et le nord de l’agglomération. 

En quoi consiste réellement votre délégation métropolitaines (16e vice-président aux politiques contractuelles, aux fonds européens et à la solidarité territoriale), où l’on vous entend assez peu en débat public ? 

Il s’agit, en gros, d’aller chercher des subventions du Département, de la Région, de l’Europe ; bref, aller chercher tous les financements possibles. On référence à la Métropole tous les projets sur toutes les communes qui peuvent faire l’objet d’un accompagnement budgétaire. On en a trouvé 200. Alors certains se feront, d’autres pas. Ce travail n’existait pas avant, c’est une vraie révolution, mais aussi un vrai exercice. Car oui, il y a de l’argent, notamment avec le plan de relance, mais parfois aussi de grandes complexités. Avec cette délégation, on est dans l’efficacité pure et dure. De toute façon, moi, je ne cherche pas à briller. 

Vous êtes proche du maire d’Olivet, Matthieu Schlesinger. Au niveau de la gouvernance, la Métropole n’a-t-elle pas perdu un an, entre juillet 2020 et octobre 2021 ? 

Dire cela signifierait que Christophe Chaillou n’a rien fait durant sa présidence, ce qui n’est pas vrai. Cela dit, nous étions dans une forme d’ambivalence, qui nécessitait une gymnastique compliquée. Je n’ai pas envie de tirer à boulets rouges sur les uns et les autres. L’apaisement à la Métropole doit s’opérer. Et même si je pense qu’on n’a pas perdu un an, on se doit, aujourd’hui, d’avancer plus vite.

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