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Économie circulaire, économie de demain ?
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Économie circulaire, économie de demain ?

Économie circulaire, économie de demain ?

En décembre dernier, l'Institut Territoires Circulaires a été officiellement lancé à Orléans. L'objectif de cette association à but non lucratif est de décloisonner et de faciliter la transition vers l'économie circulaire en région Centre-Val de Loire. Une ambition qui concerne l'ensemble de l'économie régionale.
Gaëla Messerli
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« Ne pas choisir entre croissance et décroissance, mais respecter les limites physiques de notre planète : cela passe par une modification des modes de consommation et de conception, territoriales par essence, mais également par l’expérimentation ». C’est par ses mots que Sabine Guillien, déléguée régionale d’Engie et présidente de l’Institut Territoires Circulaires, a présenté ce nouveau bébé régional officiellement baptisé en décembre dernier à Orléans. Cette association comptait lors de sa création, en juin dernier, une vingtaine de structures.

24 actions, quatre missions

À la direction de ce nouvel institut en région, on trouve Grégory Giavarina, co-fondateur de l’Institut National de l’Économie Circulaire puis délégué pendant quatre ans de cette association loi de 1901 à but non lucratif. « Notre but est d’agir en synergie avec les actions publiques et privées déjà en place, mais aussi d’accompagner les acteurs de terrain dans leur réflexion et de structurer un réseau de chercheurs », indique-t-il. Un développement d’outils est prévu pour favoriser l’économie circulaire, mais aussi des visites sur le terrain afin de partager les bonnes pratiques dès cette année. Parmi les 24 actions et quatre missions listées par l’association, il y a notamment la création et l’organisation de Trophées Territoires Circulaires en Centre-Val de Loire, une visite du BRGM ou encore un éclairage réglementaire sur ce sujet d’actualité. Sans oublier le développement de formations dédiées. Six groupes de travail s’intéresseront respectivement au réemploi et aux produits circulaires dans le BTP, mais aussi à la bioéconomie circulaire, à l’économie circulaire et aux plastiques, au réemploi et reconditionnement, au recyclage de mobiliers de bureau ainsi qu’à la réparation et au réemploi des vélos. Deux communautés doivent émerger de cet institut : l’une dédiée aux compétences en matière de formation de l’économie circulaire et l’autre consacrée à la recherche et l’innovation en économie circulaire.

Un vrai tournant ?

Parmi les membres de cet institut, on retrouve en vice-président à l’Innovation Francis Garrido, directeur adjoint de la Direction de l’eau, de l’environnement, des procédés et analyses du BRGM. Le conseil d’administration est quant à lui composé de représentants du Crédit Agricole Centre-Loire, de GRDF, du groupe La Poste, du cluster Nekoé ou encore de l’ISC Paris. Des structures qui sont plutôt des poids lourds dans l’économie régionale. Alors, cette initiative n’est-elle qu’une forme de verdissement marketing pour ces mastodontes ? C’est un peu plus que cela, comme tente de l’expliquer Carl Enckell, avocat spécialisé en droit public et en droit de l’environnement : celui-ci rappelle que le législateur s’immerge de plus en plus dans ce territoire de l’économie circulaire depuis 2015, et notamment avec la récente loi AGEC (Anti-Gaspillage Économie Circulaire). Ce texte va imprimer une petite révolution qui est en marche aujourd’hui en France sur le plan de la conception comme de la consommation, entre la disparition de certains suremballages plastiques, d’étiquettes collées sur les fruits, de jouets en plastiques offerts dans les fast-foods ou encore l’interdiction du gaspillage
non-alimentaire. 

Des emplois à créer

Lors de la présentation officiel de l’Institut Territoires Circulaires, Chloé Airaud a évoqué les leviers de la transition. Directrice de Reseco, association ayant pour but de favoriser l’intégration du développement durable dans les achats publics, elle va avoir du travail : avec la loi AGEC, 17 familles de produits doivent désormais être issues du réemploi ou de la réutilisation, ou bien intégrer des matières recyclées ! De quoi bousculer les commandes publiques et ouvrir de nouveaux marchés. D’ailleurs, avec l’économie circulaire, l’European Green Deal (Pacte Vert pour l’Europe) table sur 700 000 emplois créés d’ici 2030. « Et il s’agit d’emplois locaux, difficilement délocalisables », indique Pierre Barreaud, directeur délégué de l’ISC Paris Campus Orléans. Pour Emmanuel Vasseneix, patron de la Laiterie de Saint-Denis de L’Hôtel, le cadre réglementaire qui évolue n’est définitivement pas le seul levier d’évolution. « Les moins de 25 ans et les jeunes vont nous faire changer, exprime-t-il. Le consommateur fait plus bouger que les lois ! Après il reste encore de la pédagogie à faire. On ne peut pas vouloir des fraises en décembre et trouver en même temps la bouteille de lait en plastique recyclé trop grise… » 

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Orléans – Théâtre Gérard Philipe
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Orléans – Salle de l’institut
à 10 h 45
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