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L’EN-MÊME TEND

L’EN-MÊME TEND

Benjamin Vasset, rédacteur en chef
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S’il y a toujours un pilote dans l’avion, les passagers commencent à avoir de sérieux doutes sur sa faculté à faire atterrir la carlingue. C’est que, depuis un an, ils sont quand même ballottés dans tous les sens : un jour, on les presse d’enfiler le gilet de survie ; le suivant, on leur assure que ce n’était qu’un trou d’air et aujourd’hui, on ouvre les hublots en leur disant que c’est pour mieux respirer. Depuis un an, les Français ont été mangés à toutes les sauces : tous barricadés, puis tous dehors, puis enfermés encore, et maintenant confinés a minima. Le tout vendu avec une recommandation de s’aérer les bronches pour éviter, paraît-il, de saper définitivement le moral des troupes. 

Emmanuel Macron a été élu parce qu’il promettait le beurre et (surtout) l’argent du beurre, mais il serait peut-être temps, désormais, d’arrêter de ménager la chèvre et le chou dans ce qui ressemble, de plus en plus, à une mauvaise resucée d’Un jour sans fin. « Mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde », disait Camus dans une formule maintes fois reprise et plusieurs fois dévoyée : il y a un an, le Président avait renvoyé tout le monde a la casa sans prononcer une seule fois le mot « confinement » ; 365 jours plus tard, il tente de convaincre que ce nouveau « confinement » n’en est pas un. C’est aussi cela, le problème du moment : à force d’astérisques, d’alinéas et de dérogations lâchées à ceux qui crient le plus fort, voici un tiers du pays confronté à une situation lunaire, sans cap ni horizon, hormis la promesse, comme sortie d’un chapeau de magicien, que 30 millions de Français seront bel et bien vaccinés l’été venu. 

Bien sûr, la gestion d’une crise de cette ampleur, inédite ou presque dans notre histoire contemporaine, mérite de ne pas tirer sur le pianiste quand bien même il aurait du mal à tourner sa partition. Mais la symphonie est aujourd’hui si cacophonique qu’à défaut d’orchestre philharmonique, les Français semblent se retrouver face à une fanfare municipale menée vent de face par un soliste un brin largué. 

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