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Liaisons dangereuses

Liaisons dangereuses

Benjamin Vasset
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Il y a quelques jours, la mort de l’icône du football Diego Maradona faisait pleurer toute l’Argentine, où le président de la République décrétait d’emblée trois jours de deuil national. Des démocraties occidentales aux régimes autoritaires, des États-Unis à la Corée du Nord, le sport reste aujourd’hui l’une des dernières passions collectives qui puisse mobiliser les masses. Le pouvoir politique l’a si bien compris qu’il n’a pas attendu la télévision pour instrumentaliser le spectacle sportif et en faire un outil de propagande. À l’inverse, les athlètes ont assez rapidement su utiliser le miroir grossissant de la compétition pour faire passer des messages politiques : à ce jeu, Mohammed Ali, légende parmi les légendes, fut l’un de ses plus grands champions, distribuant autant de directs sur le ring que devant les micros.

Autre époque, autre échelle : aujourd’hui à Orléans, le sport professionnel est au cœur de luttes d’influence qui se déroulent dans un climat vicié. Rumeurs de « coups de pression », conflits judiciaires et répartition de subventions nourrissent les rancœurs tout en déliant les langues. Il y a cinq ans, l’OLB avait déjà été victime de ces antagonismes mêlant sport et politique, qui avaient fini par l’envoyer en deuxième division. Depuis quelques mois, c’est l’USO qui phagocyte les ambitions et les combats. Reste à savoir si la situation sportive du plus grand club de foot du Loiret est la conséquence de ces rivalités ou si sa réussite, puis sa chute, ont contribué à façonner cette atmosphère délétère. Si délétère, d’ailleurs, qu’en privé, les acteurs de ce conflit ne se privent pas pour se glisser des tacles assassins : au classement du fair-play, on n’est pas loin du zéro pointé. 

Chacun sait que la politique est un effort violent et que dans le sport, les coups font au moins aussi mal qu’en politique. Entre eux, ce n’est pas que de l’amour vache ; de temps en temps, ils s’aident même l’un l’autre quand leurs intérêts sont communs, puisque sport et politique sont les enfants jumeaux d’un même père possessif, qui s’appelle le pouvoir. 

Benjamin Vasset, rédacteur en chef

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