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Violences

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Benjamin Vasset
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La semaine dernière, les images virales du tabassage de Michel Zecler par des forces de l’ordre ont provoqué une vague d’émotion et d’indignation justifiée. Sans présumer du travail d’enquête et du jugement qui sera rendu, il est choquant qu’un ou plusieurs représentants de l’État se laissent aller à de tels déchaînements de violence sur un homme seul. Rien, absolument rien, ne le justifie. Malheureusement pour eux, en agissant ainsi, les policiers incriminés tirent une balle dans les pieds de leurs collègues, car c’est ensuite toute une profession qui subit les retours de bâton d’une frange d’énervés qui n’en demandent pas tant pour expulser leur haine du flic. Et c’est ainsi que samedi dernier, des policiers se sont quasiment fait lyncher par des êtres qui n’ont visiblement plus d’humains que leur enveloppe corporelle. 

Cette recrudescence des tensions, alors même que le pays se débat face à une crise sanitaire et économique qui ne s’arrêtera ni devant le foie gras, ni devant la dinde, est problématique. Bien malin celui ou celle qui pourrait en donner les causes précises, tant elles semblent remonter à loin. Mais une chose est sûre : l’époque n’a pas tout à fait besoin de ces pyromanes à la petite semaine qui enflamment le débat alors qu’il fait déjà trop chaud. Ainsi, avec cet article 24 mal fagoté et mal embouché de la loi sur la sécurité globale, le ministre de l’Intérieur a manqué de modestie et de finesse. Mais en hurlant à la mort de la liberté d’une même voix bêlante, certains partis politiques n’ont pas aidé à ramener le calme. Samedi dernier à Paris, des manifestants ont ainsi affiché, sur des dessins et à la vue de tous, les visages des députés qui avaient voté le fameux article 24. Considérés comme des traîtres à la patrie, ils étaient symboliquement voués à la vindicte populaire, comme des condamnés accrochés à leur potence. Des images choquantes, là aussi, qui font appel aux heures les plus sombres de notre histoire, car elles montraient du doigt et accusaient sans débat. Si le combat pour les libertés doit rester une cause fondamentale dans nos démocraties, prenons garde à ce qu’il ne se transforme pas, sous la pression d’esprits mal intentionnés, en défaite de la dignité. 

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