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En Sologne, les enfants Vanier Veulent réhabiliter la chasse
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En Sologne, les enfants Vanier Veulent réhabiliter la chasse

En Sologne, les enfants Vanier Veulent réhabiliter la chasse

Montaine et Loup Vanier, enfants du réalisateur Nicolas Vanier, ont profité des longues semaines des confinement passées ensemble pour créer Tuchassou, un concept destiné à promouvoir une chasse éthique et libérée des clichés. Nous les avons rencontrés chez eux, dans la propriété familiale de Sologne du Loiret, où le projet est né
Laurence Boléat
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La fille et le fils du célèbre explorateur et réalisateur lancent un concept innovant

Ils ont plaqué leur job dans leurs entreprises. Commerciale dans la publicité digitale, Montaine Vanier, 28 ans, travaillait à Paris avec d’illustres agences de communication. Son frère Loup, 25 ans, ingénieur de formation et chef de projet, œuvrait à Lyon dans une filiale d’EDF. La Sologne, où ils ont passé leur enfance avant de la quitter pour cause d’études, était devenue depuis longtemps la résidence du week-end entre copains. À l’arrivée de leur petit frère, la famille s’était davantage installée à Paris pour concilier écoles des enfants et activités de leur père dans ses bureaux parisiens. La ferme solognote est un temps devenue résidence secondaire et les allers-retours, nombreux. « Nos grands-parents avaient une maison près de Brinon-sur-Sauldre et notre mère a vécu ici toute sa vie, se souvient Montaine Vanier. Nos parents se sont mariés à l’âge de 20 ans et ont toujours vécu en Sologne. Pour ma mère, Paris, ce ne fut pas évident… »

Farouchement attaché à ses racines, son frère Loup a gardé un contact plus étroit que sa sœur avec la Sologne. Il y revient d’ailleurs tous les week-ends et les vacances scolaires. « J’avais tout le temps besoin de revenir ici », déclare ce dernier. Pas étonnant que le premier confinement ait cueilli le jeune homme, ravi de redevenir « prisonnier » de sa terre d’enfance. « On s’est retrouvé tous les deux ici. Montaine a retrouvé ce goût de la nature qu’elle avait enfoui depuis des années à Paris », rappelle Loup Vanier.

Par nature

Pendant toute cette période de confinements, la fratrie a donc redécouvert les plaisirs de la Sologne, et notamment celui de la chasse. Loup Vanier pratique depuis toujours, tandis que Montaine aime marcher et observer les animaux. L’an dernier, ils n’ont pas acheté de viande et ont préféré cuisiner du gibier en famille. Ils ont appris aux petits cousins à pécher et à construire des cabanes ; Loup a également érigé une palombière dans les arbres. « La chasse, ce n’est pas que le tir, c’est beaucoup plus, rappelle Montaine Vanier. C’est surtout la nature et passer de bons moments ensemble. C’est pourquoi nous voulions communiquer sur tous ces à-côtés. »

Les questions existentielles sont
ainsi remontées à la conscience, et les conclusions se sont imposées dans l’esprit de l’ainée : « Je me suis demandé quel était le sens de mon travail et pourquoi je faisais ça, explique Montaine Vanier. En réalité, je n’aimais pas mon métier, il fallait que je m’arrête. » « Je me suis dit aussi que nous avions de la chance de pouvoir se balader sur notre territoire, alors que tous nos copains parisiens étaient confinés dans leur appartement », renchérit Loup. Quand ils vivaient à Paris, les deux frangin(e)s
ont caché une partie de leur identité,
refusant notamment de mettre sur la table le fait qu’ils chassaient. Loup Vanier s’en amuse aujourd’hui : « Entre amis, ça parlait plutôt PlayStation, vêtements. Et si nous évoquions la chasse, c’était : “Oh la la, mais vous tuez des petits lapins !” Nous passions pour des meurtriers, au point que j’ai arrêté d’en parler… » Plus tard, à l’adolescence, Loup Vanier a invité ses copains à une chasse à la bécasse ou à une passée au canard et les a initiés à la traque en forêt. Conquis, nombre d’entre eux ont fini par passer le permis. Montaine Vanier a quant à elle convaincu ses amies, pures Parisiennes, qui rechignaient à marcher dans la boue. « Dès qu’elles ont connu la réalité, elles ont complètement changé d’avis, dit-elle. C’est vraiment un problème de connaissance. »

L’avenir de la chasse ?

De fil en aiguille est donc née l’idée de mettre en relation, à travers un site Internet, ceux qui cherchent une action – ou une simple journée – de chasse avec ceux qui en proposent et d’inciter les domaines de chasse à inviter des jeunes peu fortunés, mais qui pourraient dans l’avenir devenir la relève d’une population vieillissante. À condition, des deux côtés, de respecter une certaine éthique. La sélection des territoires concerne ceux qui pratiquent une chasse naturelle, sauvage, et hors enclos. Les chasseurs, eux, doivent aussi être dans cet état d’esprit. Dans la tête des deux entrepreneurs, tout est clair : « Nous n’acceptons ni le lâcher ni les parcs où le gibier ne peut pas circuler librement. La chasse est extrêmement attaquée et nous voulons lui redonner une image positive. D’ailleurs, ceux qui ne partagent pas ce point de vue ne vont pas plus loin avec nous. » Exit, donc, les chasses avec tableaux obligatoires…

Après six mois de réflexion et de prises de contact tous azimuts, et avec l’appui de la métropole d’Orléans, le frère et la sœur se sont lancés sans se fixer de deadline. Pour l’heure, ils sillonnent la France pour rencontrer les territoires et les fédérations, portés par l’enthousiasme et la confiance en leur idée. Et cela semble marcher : les jeunes chasseurs sont de plus en plus friands d’une chasse où l’on ne se contente pas d’une battue. Ils veulent découvrir différents paysages et modes de chasse, profiter de la nature et se donner de la peine pour rapporter du gibier. Les responsables de chasse, de leur côté, accueillent avec bienveillance l’initiative, ravis de rajeunir les équipes. Un seul point noir cependant pour l’instant : l’absence d’une bonne connexion Internet dans leur village, qui les oblige à quitter fréquemment leur Sologne… Du côté des parents, l’unique inquiétude est venue de leur célèbre aventurier de papa, Nicolas Vanier, qui ne craignait qu’une chose : une éventuelle dispute entre frère et sœur. À voir la complicité affichée par Loup et Montaine, la force du lien qui les unit paraît solide, toutefois.

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