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Encore « blêmes » , leurs « HLM » ?
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Encore « blêmes » , leurs « HLM » ?

Encore « blêmes » , leurs « HLM » ?

Au-delà des images que renvoient régulièrement les médias audiovisuels lors d’événements tragiques, la vie « en HLM » ne semble pas être un enfer pour la majorité de ses habitants. À condition sans doute d’éviter les cités bien connues de l’Île-de-France, de Seine-Saint-Denis ou de Marseille, les 10 millions de locataires « HLM » dans l’Hexagone semblent plutôt contents de leur sort...
Laurence Boléat
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Contrairement aux idées reçues, les locataires de logements en « HLM » ne sont pas si sévères sur leurs conditions de vie dans leurs appartements ou leurs maisons.

Une étude menée en 2019 par l’Observatoire de la perception de la qualité de vie dans l’habitat éclaire en profondeur le niveau de satisfaction des locataires du logement social. Première surprise : ils sont 85 % à être satisfaits de leur logement et du quartier dans lequel ils habitent. Sur des questions plus précises, plus de 8 sondés sur 10 se disent également contents de la localisation, de la superficie, du nombre de pièces et du confort, ainsi que du fonctionnement général des équipements. La satisfaction baisse un peu lorsqu’on aborde le coût du loyer, des charges et la consommation d’énergie. Et passe en deçà de 70 % sur les questions d’isolation thermique et d’insonorisation, points noirs des constructions sociales depuis l’origine.

Ils sont cependant près de 25 % à juger les aménagements autour de l’immeuble – telles que les voiries, parkings, espaces verts ou local pour encombrants – mal conçus ou insuffisants. Idem pour le fonctionnement des portes d’immeubles ou de garages, les ascenseurs et l’entretien des espaces extérieurs, suivis de près par la propreté des parties communes.

« la satisfaction est élevée dans les zones rurales ; elle baisse dans les “zones tendues” »

Quelques variables entrent en jeu dans cette perception. La taille idéale de l’agglomération pour habiter un « HLM » se situe entre 20 000 et 99 999 habitants, ce qui permet de concilier espace et accès aux services. Le pouvoir d’achat joue aussi un rôle : plus il est élevé, plus le locataire est satisfait. Enfin, l’âge de l’immeuble entre aussi en ligne de compte. Dans les constructions récentes, les problèmes d’isolation thermique et d’insonorisation sont moins sensibles, sans toutefois dépasser les 75 % de satisfaction. Le problème demeure, malgré les efforts techniques apportés au fil du temps.

Plus surprenant, selon la trajectoire de vie : le ressenti sur le logement en lui-même se modifie. Les jeunes et les personnes âgées le perçoivent moins défavorablement que les tranches d’âge comprises entre 35 ans et 65 ans. Cette qualité de vie perçue à l’intérieur se dégrade à l’arrivée des enfants, avec un plongeon significatif à partir du troisième, et se manifeste au moment les plus forts de la vie active. 

« 79 % des sondés jugent leur relation “bonne ou très bonne” avec leur bailleur social »

Le rôle de l’environnement

Sans surprise, les locataires se sentent également mieux dans une maison à loyer modéré que dans un appartement, et le niveau de satisfaction est particulièrement élevé au sein des zones rurales, dans les villages de moins de 2 000 habitants, alors qu’elle baisse dans les communes classées « zone tendue ». Un autre critère qui influe sur cette perception est le niveau d’intensité du parc social dans l’habitat, la précarité du quartier et son taux de chômage. En clair, à appartement équivalent, l’environnement joue un rôle dans la perception de son confort. Autre constat intéressant : plus le locataire est ancien, plus il est satisfait de son logement, et moins il l’est de son quartier…

Les quartiers, autre sujet rebattu, s’en sortent bien mieux que l’image forgée dans l’imaginaire collectif. En termes d’accès aux services, aux transports et aux commerces, au voisinage et même à la sécurité des personnes, à nouveau 80 % des sondés se déclarent satisfaits. Sous cette barre, comprises entre 79 % et 62 %, apparaissent successivement la sécurité des biens, la qualité des établissements scolaires, les infrastructures culturelles et sportives, et enfin l’accès à l’emploi à proximité.

Des points à améliorer 

L’image projetée ou celle que les locataires ont de leur quartier s’érode légèrement dans les premières années d’occupation avant de se stabiliser. S’agit-il d’un sentiment profond qui s’estompe avec l’habitude ? Toujours est-il que l’image se dégrade plus intensément lorsqu’on s’approche des QPV (Quartiers Prioritaires de la Ville).

« 79 % des sondés jugent leur relation “bonne ou très bonne” avec leur bailleur social »

Et si tous ces sentiments, globalement positifs, étaient aussi liés à la relation des locataires avec leurs bailleurs ? À 79 %, les habitants jugent cette relation « bonne ou très bonne ». Les satisfecits commencent avec l’accueil qui leur est réservé, se gâtent un peu sur les questions de joignabilité et de réactivité, et remontent au niveau des informations transmises, notamment sur les travaux et la clarté des documents. À améliorer selon les locataires : le traitement des demandes techniques et l’efficacité sur les problèmes administratifs ou liés au voisinage. Mais tout de même, contre toute attente, avec de telles scores, le parc HLM français n’a, semble-t-il, pas à rougir.

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