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ils suivent le Covid-19 à la trace

ils suivent le Covid-19 à la trace

Depuis le 11 mai, l’Assurance Maladie mobilise des agents volontaires pour identifier les personnes potentiellement atteintes par la Covid-19. Un travail d’enquête minutieux qui a débouché sur un gros millier d’appels passés en un mois et a sans doute contribué à la dilution progressive de l’épidémie.
B.V
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Dans les locaux de l’Assurance-Maladie du Loiret, à Orléans, l’ambiance est studieuse. Dans un open space où la règle de distanciation physique est de mise, une dizaine d’agents ont pour mission de casser les chaînes de contamination de la Covid-19. Une sacrée responsabilité pour ces travailleurs de l’ombre, réunis sous le vocable de « brigades sanitaires », et qui sont en fait les chevilles ouvrières du dispositif de « Contact Tracing » édicté par les autorités. Le principe est simple sur le papier : « identifier, suivre et isoler les personnes malades et contagieuses » (patients zéro) après signalement du médecin-traitant, puis recenser ensuite les « cas contacts ». Entre le 13 mai et le 11 juin, 983 appels ont été passés, avec un pic de 83 appels sur une journée lors de l’épisode Tradival.

24 heures chrono

Lydie est l’une de ces agents qui s’est portée volontaire pour remonter les chaînes de transmission. « Je suis fière de protéger », dit-elle dans une formule qu’un militaire ne renierait pas. Comme Lydie, entre 25 et 50 personnes se sont relayées depuis un mois, tous les jours de la semaine entre 8 h et 19 h, pour débusquer patients zéro et cas contacts partout dans le Loiret. Aujourd’hui, les effectifs ont baissé, signe que l’épidémie de Covid-19 est très clairement en train de battre de l’aile… et que les « brigades sanitaires » ont certainement bien fait leur boulot. « Parmi d’autres mesures, je pense que nous avons contribué à faire reculer l’épidémie », reconnaît Delphine Lévy, la directrice-adjointe de la CPAM du Loiret. Elle admet aussi que la mise en place du dispositif a été rapide. Trop ? « Nous avons eu une bonne semaine pour organiser la logistique, la planification… Oui, cela a été intense pendant quelques jours. » Des formations ont ainsi eu lieu en une journée montre en main. « Mais les agents qui se sont portés volontaires avaient déjà une certaine forme d’appétence pour la relation clients, indique-t-on. En deux jours, c’était rodé. » « On s’est dit que ça allait être un beau challenge, sourient Sophie et Julien, les deux managers de ces équipes. Entre autres objectifs, il fallait par exemple qu’en moins de 24 h, tous les cas contacts aient été identifiés. »

Si ceux-ci pouvaient a priori sembler innombrables, les brigades sanitaires en sont restées, disons, à l’entourage du patient zéro. Si celui-ci avait pris le tram, l’Assurance-Maladie n’a pas cherché à dénicher toutes les personnes qui auraient pu le croiser dans la rame. « Comme le port du masque était obligatoire dans les transports en commun, il était considéré qu’il n’y avait pas de cas contact, pas plus que dans la rue », indique Delphine Lévy. La directrice-adjointe considère en tout cas que l’Assurance-Maladie est dans son rôle pour mener ce travail d’enquête. « On n’est pas sur du médical, mais sur de l’administratif », justifie-t-elle. Pour l’instant, elle ne sait pas encore quand ces brigades sanitaires seront dissoutes. Mais au moins, « si une prochaine pandémie devait arriver, on sera prêt… », dit-on, un peu pince-sans-rire, dans les locaux de la CPAM.

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