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Incendies : c’est grave, docteur ?
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Incendies : c’est grave, docteur ?

Incendies : c’est grave, docteur ?

Cercottes, Bouzy-La-Forêt… Même si les feux de forêts dans le Loiret n’ont pas connu la même ampleur qu’en Gironde, ils ont tenu en alerte les pompiers comme les forestiers, qui craignent des incendies beaucoup plus importants, dans le département, lors des prochaines années
Gaëla Messerli (avec B.V.)
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L’été n’a pas été de tout repos pour les pompiers du Loiret. Fin juillet, 225 départs de feux de forêt ou espaces naturels avaient déjà été dénombrés par le SDIS 45 (Service d’Incendie et de Secours du Loiret), tandis que 170 hectares de végétation étaient déjà partis en fumée. Certes impressionnants, ces chiffres locaux restent cependant nettement moins spectaculaires que ceux décomptés sur d’autres territoires sinistrés en France cet été (62 000 hectares incendiés au 20 août, ndlr). 

Dans le Loiret, ce bilan (encore provisoire) est aussi nettement moins important qu’en 2020, année lors de laquelle 612 départs de feux avaient été enregistrés et 570 hectares réduits en cendres. Mais les pompiers du Loiret se rappellent aussi du 25 juillet 2019, journée noire lors de laquelle 16 feux partaient simultanément dans le département, avec au bout plus de 640 hectares détruits. « Nous avons tiré les enseignements du passé et avons adapté nos moyens », explique le contrôleur général Christophe Fuchs, directeur du SDIS 45. Jusqu’à récemment, l’indice de risque incendie était en effet calculé de manière départementale. « Nous le calculons désormais quotidiennement pour chacune de nos sept unités territoriales, car il n’y a pas forcément le même niveau de risque à chaque endroit », précise le représentant des pompiers. Cinq niveaux constituent l’échelle de cet indice de manière à pouvoir, au besoin, « pré-positionner des sapeurs-pompiers à proximité des massifs sensibles ». Le principe est simple : attaquer le feu naissant rapidement et massivement pour éviter sa propagation. À titre d’exemple, le week-end du 15 août, 28 engins, sept chefs de groupe et 110 personnels ont été mobilisés sur les sept unités territoriales pour armer les groupes « Feu de forêt » lorsque l’indice de risque était fort. Ce dispositif a également permis aux pompiers de réaliser de la prévention en rappelant les arrêtés d’interdiction de circuler en forêt pendant ces périodes. Et peut-être, donc, de s’éviter quelques catastrophes. 

Un territoire à (hauts) risques

On a un peu de mal à l’imaginer mais, pour les pompiers du SDIS 45, le risque incendie court de… février jusqu’à la fin du mois de septembre. Statistiquement, les pompiers répertorient comme feux de forêt et d’espaces naturels tous les feux de maquis, broussailles, friches et autres landes ainsi que les feux de culture
et feux de chaume. « Les incendies sont une menace tout à la fois pour les vies humaines mais aussi pour les habitations, les outils de productions, l’environnement, la faune et la flore », rappelle à juste titre Christophe Fuchs. Plusieurs zones dans le département sont d’ailleurs particulièrement sensibles à ce risque, à commencer par les feux de culture. « L’orge et le blé sont les plus sensibles, alerte le directeur du SDIS. Un feu peut démarrer à cause de l’outillage, d’un silex… et progresser très vite avec le vent. » Dans le Loiret, la forêt, qu’elle soit domaniale
(domaine public) ou privée, est aussi un motif d’inquiétude. « La forêt d’Orléans n’est certes pas aussi sensible que la Sologne, mais il n’y a pas zéro risque », constate Christophe Fuchs. « Avec le réchauffement climatique, la forêt d’Orléans est de plus en plus sensible au risque incendie », corrobore Thomas Wrobel, responsable ONF (Office National des Forêts) de l’unité territoriale d’Orléans. Dernièrement, l’incendie de Bouzy-la-Forêt a d’ailleurs « léché de près la forêt », tandis que fin août, l’incendie de Cercottes (type feu de tourbe) qui s’était déclenché le 14 juillet, n’était pas totalement terminé et reprenait à différents endroits tous les deux jours (deux hectares et demi ont été touchés par le feu initial pour quatre hectares finalement touchés, ndlr) ! Dans le Loiret, bruyères et fougères desséchées qui constituent le sous-bois peuvent en effet vite s’embraser avec la sécheresse d’autant qu’en Sologne – où la forêt est majoritairement privée – s’ajoute la présence du pin sylvestre. Dans le massif solognot, le morcellement des propriétés privées et leur fermeture sont aussi source d’inquiétude. « En Sologne, dans certaines réserves de chasse, il peut y avoir trois clôtures…, commente Christophe Fuchs. On constate également parfois un défaut d’entretien des chemins communaux ou privés, et cela peut freiner l’intervention ». En juillet, la Région Centre-Val de Loire a d’ailleurs profité des fortes chaleurs et des premiers incendies en France pour rappeler que l’engrillagement en Sologne pourrait avoir des conséquences désastreuses si des méga-feux se déployaient sur le territoire… 

Comment se prémunir ?

Face à ce risque qui se rapproche, faudra-t-il, à l’avenir, se doter d’avions bombardiers d’eau ? Si le directeur du SDIS 45 ne se prononce pas sur ce sujet, il souligne cependant la présence d’un pélicandrome avec des pompiers formés à Châteauroux. Faut-il encore que ces avions ne soient pas mobilisés par d’autres feux… Pour l’heure, l’objectif pour les pompiers est déjà d’avoir des points de pompages d’eau répartis de manière régulière dans l’ensemble des massifs forestiers. L’appel à la responsabilité et les messages de prévention sont les autres armes déployées. « L’activité humaine est à l’origine de neuf feux sur dix », rappelle ainsi Christophe Fuchs. « Tout le monde doit avoir conscience que le moindre mégot, le moindre feu de camp, le moindre tesson de bouteille chauffé ou la moindre fermentation de déchets végétaux abandonnés peuvent déclencher un incendie, ajoute Thomas Wrobel pour l’ONF. Se garer avec un pot catalytique chauffé par le soleil sur un espace enherbé peut également dégénérer. Je rappelle que la forêt d’Orléans, plus grande forêt domaniale de France, est aux portes de la métropole. On pourrait vite se retrouver avec plus de 20 000 hectares brûlés, soit la moitié des massifs qui partiraient en cendres… » Si, pour alerter le public, l’ONF a cet été multiplié les panneaux au niveau des entrées de forêt et renforcé la présence des gardes à différents horaires, l’organisme teste aussi déjà, sur une trentaine d’hectares au total, l’implantation de chênes que l’on trouve aujourd’hui en Gascogne, des cèdres ou encore de l’exotique liquidambar, afin de rendre la forêt loirétaine moins inflammable…

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