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« Je ne suis pas du genre à lâcher »
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« Je ne suis pas du genre à lâcher »

« Je ne suis pas du genre à lâcher »

Alors que son centre touristique – le Parc de Loire – s’apprête à accueillir cet été encore plusieurs dizaines de milliers de visiteurs, Saint-Jean-le-Blanc a vécu un premier semestre compliqué sur le plan politique : trois fois au cours des huit derniers mois le budget 2022 n’a pu être voté, la faute à une fracture ouverte au sein de la majorité. Françoise Grivotet, la maire de la commune, évoque ces difficultés dont les Albijohaniciens sont, dit-elle, les premiers à en payer le prix*.
Benjamin Vasset
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Françoise Grivotet, que se passe-t-il aujourd’hui à Saint-Jean-le-Blanc ?

Il se passe que nous nous sommes retrouvés avec quatre-cinq « frondeurs » dans la majorité municipale. Ces gens n’ont qu’une idée : changer de maire et prendre sa place. D’ailleurs, ils n’ont pas voté le budget 2022 en pensant que cela allait me faire partir. Ils me reprochent mon « autoritarisme », mais ils ne donnent que bien peu d’exemples. Cette situation est vraiment dommageable, car des projets d’investissements sont en suspens, comme la Maison de santé (voir encadré), le restaurant scolaire, les réfections de la salle polyvalente et de l’école de musique, la vidéo-protection… Bien sûr, un budget a été préparé par la Chambre Régionale des Comptes, mais il est très limité. 

Nous sommes donc uniquement sur des problèmes de personnes ?

Complètement. Ces « frondeurs » se sont chacun crus « maires » dans leur spécialité, cloisonnant leurs délégations, et il ne fallait surtout pas que je voie ce qu’il s’y passait. Mais un projet d’un million d’euros pour les nouveaux vestiaires du stade de foot, j’ai quand même le droit d’aller à la première réunion de présentation avec les architectes, non ? J’ai aussi le droit de regarder où implanter la nouvelle Maison de santé et de rappeler les contraintes urbanistiques à respecter. Tous ces projets, je veux les valider, ils sont de la responsabilité du maire. Car je rappelle que si ça se passe mal, c’est le maire qui est condamné, pas son adjoint ! (lire p.22, ndlr)

N’aviez-vous pas anticipé ce problème durant la campagne des dernières municipales, en 2020 ?

Pas du tout. Quand nous avions démarré la campagne, j’avais dit à mon futur premier adjoint : « Si tu veux y aller, pas de problèmes. » À l’époque, il m’avait dit non, mais il faut croire que c’est plus facile de prendre la place de maire quand le conseil municipal a été élu que se faire élire… Plus grave : aujourd’hui, ces frondeurs se sont alliés à l’opposition la plus virulente que nous avions face à nous pendant la campagne. C’est lamentable.

Et maintenant, comment le conseil municipal de Saint-Jean-le-Blanc peut-il se sortir de cette situation* ?

Pour l’instant, nous exécutons le budget de la Préfète, et après, nous aviserons. Renouer le dialogue ? Mais le budget a déjà été refusé trois fois ! Après le premier refus, je les (les « frondeurs », ndlr) ai reçus chacun à leur tour pour comprendre ce qu’ils voulaient changer dans ce budget, et ils m’ont dit : « Non, non, c’est très bien comme ça » (sic). Mais ils ne l’ont voté ni la deuxième, ni la troisième fois. En réalité, il n’y a rien, aucun désaccord de fond. 

Vous n’envisagez donc pas de démissionner ?

Pour moi, personnellement, non. 

Vous sentez-vous soutenue par les Albijohaniciens ?

Oui. Après, même si je subis une trahison, je ne suis pas là pour me victimiser. Mon objectif, c’est de continuer à faire ce pourquoi les Albijohaniciens m’ont élue. Cependant, les habitants ont bien du mal à comprendre l’attitude des frondeurs. Maintenant, il faut positiver, même si j’en ai ras-le-bol de tous ces bruits qui courent. Personnellement, cela a été très déroutant à vivre au début, car vous vous sentez trahie par des amis. Mais après, on se rebooste et on se dit : « Si le premier adjoint veut devenir maire, il se fera élire, c’est tout. » Moi, je ne suis pas du genre à lâcher. 

UNE COMMUNE ATTRACTIVE ?

Sortons de cette querelle politique et parlons de votre commune. Aujourd’hui, qu’est-ce qui ferait que quelqu’un vienne habiter à Saint-Jean-le-Blanc plutôt qu’ailleurs dans la métropole ? 

Déjà, parce que nous sommes très près d’Orléans et que nous sommes bien desservis en termes de mobilités. Notre cadre de vie est magnifique au niveau environnement, je pense par exemple au parc du château, aux aires pour enfants… Nos écoles fonctionnent également très bien, et nous avons plus de 50 associations. Il y a aussi la proximité du Parc de Loire. Bref, nous sommes dans une ville en ayant l’impression d’être à la campagne. 

Et au niveau du dynamisme commercial ?

A contrario, nous sommes ici pénalisés par le fait que nous sommes proches d’Orléans. Les commerces qui sont installés marchent bien, mais nous avons du mal à en attirer d’autres. En revanche, nos zones d’activité économique, avec des activités sans nuisance et des petites PME, tournent bien.  

Y a-t-il encore du foncier disponible à Saint-Jean-le-Blanc ?

Pas beaucoup, parce que nous sommes en zones inondables dans pas mal de coins de la commune. Il y a quelques années, plusieurs terres de maraîchers ont été vendues et on a construit dessus. Du coup, il est compliqué de trouver aujourd’hui un terrain à Saint-Jean-le-Blanc. Nous avons encore quelques programmes en phase de lancement en entrée de ville, vers la rue Demay mais surtout, à terme, avec le projet du site SGE, avec un peu d’habitat (plus d’une centaine d’habitations) et d’activité économique. 

Quand vous avez été élue, vous aviez annoncé planter 1 000 arbres. Vous en êtes à combien aujourd’hui ?

Exactement, je ne peux pas vous dire, mais dès qu’on peut, on en plante. C’est une action pas très compliquée à mettre en place, qui certes ne va pas apporter grand-chose (sic), mais si tout le monde fait la même chose, cela peut avoir un impact important. Après, ce n’est pas moi qui vais changer le dérèglement climatique, je suis un peu impuissante par rapport à ça. Les
micro-forêts ? Ça me semble intéressant si les lieux s’y prêtent, cela amène une qualité de vie meilleure pour les habitants, même si ça ne va pas faire baisser la température de la France de deux degrés… 

Le Parc de Loire s’étend en grande partie sur votre territoire ; à la Métropole, vous êtes également l’élue en charge de ce dossier…

C’est le plus beau projet de mon mandat, un projet essentiel de parc naturel urbain à 2 km d’Orléans qui est en train de bien monter en puissance, avec plus de 50 % de fréquentation en cinq ans, et 300 000 personnes accueillies en haute saison. 

L’an dernier, un petit garçon y est décédé accidentellement en se baignant. Cette année, les conditions de surveillance seront-elles renforcées ?

Cette noyade n’était pas due à un manque de moyens, il y avait ce jour-là un nombre suffisant de maîtres-
nageurs. Nous, ce que nous allons faire cette année, c’est travailler surtout sur les incivilités -des jeunes qui se baignent n’importe où, des barbecues sauvages, des rassemblements…- en mutualisant notamment les trois polices municipales d’Orléans, de Saint-Jean-le-Blanc et de Saint-Denis-en-Val. Nous faisons également appel à une société de sécurité, à des médiateurs, et nous allons aussi essayer de faire repasser la police à cheval. 

Cet été, promettez-vous qu’il n’y aura pas de jours de fermeture de baignades… ?

L’an dernier, comme l’été n’était pas très chaud, nous n’avons pas eu ce souci. Nous avons planté des roselières pour filtrer l’eau. Mais bon, sur les fermetures, on ne peut rien garantir (sic). 

Comment faire évoluer ce Parc de Loire ?

L’objectif est d’en faire un poumon vert et un lieu de biodiversité, d’animations, de détente et de sport. En termes d’activités, un terrain de « disque-golf » a ouvert, avec un parcours de neuf trous qui ne dénature en rien le paysage. Il n’y aura pas de logements touristiques, puisque nous sommes en zones Natura 2000 et Unesco ; on ne peut rien implanter de dur. Des cabanes dans les arbres ? Ce n’est pas non plus dans les tuyaux. Après, sur la restauration, une nouvelle guinguette (L’îlot-4) s’est ouvert, ainsi qu’un food truck… 

À l’avenir, le Parc de Loire pourrait-il s’agrandir au nord du fleuve, comme certains maires l’avaient envisagé sous la présidence de Christophe Chaillou ?

Les budgets étant limités, il faut mieux finir quelque chose que nous avons commencé… Après, pourquoi pas, mais ce projet Parc de Loire a été validé lors du mandat précédent. Finissons-en sur cette partie-là, et nous verrons plus tard. 

Un mot, pour terminer, sur l’ambiance actuelle à la Métropole ?

Tous les maires ont très envie que ça fonctionne, nous sommes là pour dynamiser le territoire et pas pour se faire la guerre. Il y aura toujours des querelles politiques, c’est normal, mais il faut passer outre et se dire que si un projet est viable, il faut le suivre.

* Cet entretien a été réalisé avant le dernier conseil municipal, qui s’est déroulé le 28 juin au au soir.

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