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« Je sais serrer la vis »
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« Je sais serrer la vis »

« Je sais serrer la vis »

Sollicité par les médias depuis son élection, Serge Grouard a finalement accordé, vendredi dernier, un entretien conjoint à La Tribune HebdO, France Bleu Orléans et La République du Centre afin de répondre aux questions attenant à son début de mandat. Au milieu d’une pléthore de sujets, le maire d’Orléans a prévenu que l’année 2021 serait compliquée pour la Ville d’un point de vue financier. Et espère, quand même, des jours meilleurs...
Propos recueillis par Benjamin Vasset
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Masqué tout au long de son entretien avec trois représentants de la presse locale, Serge Grouard est apparu relativement détendu à l’heure de répondre aux interrogations sur son début de mandat, marqué par la recrudescence de la Covid dans le Loiret, mais aussi par un cafouillage au sujet d’une aide versée aux commerçants. Dans son propos liminaire, le maire d’Orléans, réélu pour la quatrième fois consécutive en juin dernier, a évoqué un « été chargé et occupé ». « L’équipe a bien pris ses marques, a-t-il relevé. C’est, selon moi, la première fois que cette alchimie entre anciens et nouveaux s’opère aussi vite et aussi bien. Cet été, il s’est passé beaucoup de réunions en interne ; c’est tout un travail qui ne s’est pas vu. Nous avons tout balayé. Le moment de la restitution va arriver prochainement. » 

En attendant ce grand déballage, Serge Grouard a expliqué être conscient de l’urgence à court terme. Il a certifié « vouloir participer » au plan de relance du Gouvernement, tout en soulignant la « difficulté d’y participer », une référence non-dissimulée à la fameuse aide aux commerçants mentionnée plus haut, et pour laquelle il a sollicité l’arbitrage d’Éric Dupond-Moretti et de Jean Castex. Puis, le maire d’Orléans a parlé de ses projets à plus long terme, au sein desquels la question écologique et énergétique reste centrale. « Notre détermination est absolue, car la dégradation n’en finit pas de se poursuivre. Il faut que nous changions de modèle. Cela demande une politique forte et volontariste, avec des actions concrètes, à commencer la forte réduction de l’émission de nos gaz à effet de serre. Sur ce sujet, je veux qu’Orléans soit en pointe. » Après cette introduction livrée sur un ton grave, Serge Grouard a, ensuite, répondu aux questions des journalistes présents.

 « Plutôt le masque que le reconfinement » 

Même si la décision sera prise par le Préfet, Serge Grouard n’en fait pas mystère : il est « plutôt avorable » à ce que le port du masque obligatoire soit prolongé au-delà du 30 septembre à Orléans. « Ma position, c’est : « plutôt le masque que le reconfinement ». Il faudra ensuite voir comment évolue le virus. Mais pour le moment, ça se passe bien en ville. Après, il ne faut pas tomber dans une sorte de psychose, et comprendre, aussi, que l’augmentation du nombre de cas vient aussi de la hausse du nombre de tests. Le marché de Noël ? Je ne sais pas encore s’il aura lieu. »

Son plan d’urgence : « Ce décret nous limite »

Serge Grouard s’est d’abord félicité de la reprise de la culture à Orléans, notamment via le festival Hop Pop Hop. « Les théâtres ont également repris, a souligné le maire d’Orléans, et nous recevons de bonnes nouvelles quant à la fréquentation des salles. Pour le reste, j’ai, comme je vous l’ai dit, un souci concernant un décret, celui du 20 juin, qui nous empêche pour partie de verser notre aide aux commerçants. Il limite nos possibilités d’aider. On ne peut pas être dans cette contradiction de dire que les collectivités locales doivent aider et passer un décret qui dit qu’on ne peut pas le faire, même si ce décret est plus subtil que cela. C’est la démonstration, une nouvelle fois, d’une intention gouvernementale louable en théorie et de sa traduction dans les faits, qui rend la chose difficile. J’ai demandé que ce décret soit modifié. Après, on va voir si on va pouvoir le faire ; je suis en tout cas dans l’optique que l’État nous réponde rapidement. Car le risque, c’est que des entreprises mettent effectivement la clé sous la paillasse. J’aurais dû prévoir cette situation ? Mais je ne pouvais pas anticiper un décret qui tombe le 20 juin ! »

 « La situation financière est tendue »

C’est la petite musique qui commençait à alimenter les gazettes depuis cet été, et Serge Grouard l’a confirmée au grand jour : la Ville d’Orléans fait face, selon lui, à des contraintes économiques qui sont autant le fait de la perte de recettes fiscales liées à la Covid que « d’engagements financiers importants » pris par la municipalité précédente. « Oui, nous allons devoir honorer beaucoup de dépenses sur un certain nombre d’opérations, confirme le maire. Le MOBE, par exemple, est passé de 5 à 15 M€, et il va falloir sortir cet argent. Le centre aqualudique, c’est aussi 20 M€ à assurer. Et cette semaine, nous inaugurons le centre nautique de La Source : c’est 20 M€ également Je rappelle au passage que quand j’avais lancé l’idée de sa réfection, on n’était pas sur ces chiffres-là… La Ville d’Orléans en est arrivée à une masse d’investissements qu’elle ne peut pas supporter à terme. Il va donc falloir faire des choix. L’objectif, c’est pourtant de stabiliser la dette, de ne pas augmenter les impôts municipaux et de générer des économies ici ou là. Pour l’instant, baisser les subventions aux associations n’est pas une piste, pas plus que celle de contraindre les agents de la Ville : il y a des dépenses sanctuarisées, celles-ci en font partie car à Orléans, la fonction publique fonctionne bien, il ne faut pas la perturber. Après, le mandat dure six ans. Si nous devions répondre à ces problèmes sur une année, je vous dirais : « ça, je ne sais pas faire. » Mais en six ans, les choses peuvent se lisser. Il faut passer la bosse 2021, et solder un certain nombre de choses en 2021-2022. Je sais serrer la vis : ce n’est pas le plus agréable, mais je rendrai les finances de la Ville en bon état. Donc oui, c’est tendu, mais ça l’est finalement moins qu’à la Métropole… »

Interrogé sur le fait que lui et un certain nombre de ses colistiers faisaient partie de l’exécutif précédent qu’il accuse d’être responsable de cette situation, Serge Grouard répond : « un budget, c’est complexe. Par exemple, je ne savais pas que le MOBE avait dérapé. Conseiller municipal, on n’a pas accès à ces données-là, on n’a pas l’équation générale. En tant qu’élu, j’ai posé des questions. Heureusement, les fondamentaux étaient quand même là, et Michel Martin (ancien et actuel maire-adjoint aux Finances) y a veillé. »

Ferme solaire : pas avant deux ans

Subséquemment à cet état des lieux plutôt morose, il a été demandé à Serge Grouard s’il devrait revenir sur un certain nombre de ses promesses de campagne, comme celui de réaliser une ferme solaire sur le territoire orléanais. « Pas question, répond-il. Ce projet sera lancé ; il nous reste à identifier les terrains et les lieux possibles pour sa construction. C’est un montage juridique complexe, qui prend là aussi du temps, malheureusement, avec des délais incompressibles. Je pense qu’il n’y aura pas de ferme solaire avant deux ans. »

Christophe Chaillou président ? « Je comprends qu’il y ait eu  un trouble »

Le conseil métropolitain d’installation, qui avait abouti à l’élection controversée de Christophe Chaillou, est resté dans les mémoires. « Évidemment, je comprends qu’il y ait eu un trouble, notamment au sein des LR, reconnaît Serge Grouard. Mais je me permets de réexpliquer en cinq temps comment les choses se sont passées : d’abord, je propose, pour présider la Métropole, un candidat LR qui est Michel Martin, parce que traditionnellement, la présidence de l’intercommunalité échoit à Orléans. Plusieurs maires de droite refusent cette candidature, et je propose alors une convergence, une transition, avec Michel Martin qui passerait ensuite la main au maire d’Olivet. Celui-ci refuse. C’est son droit, mais c’est un fait. Dans un troisième temps, je sollicite un autre candidat de droite, le maire d’Ormes, Alain Touchard, et je n’ai pas plus de succès. Du coup, je propose une nouvelle convergence entre Alain et Matthieu, qui ne marche pas non plus. Matthieu Schlesinger me propose alors un scénario où Orléans perd la présidence de la Métropole et dispose de quatre à cinq vice-présidences. Je suis conciliant, mais quand même… Ce n’étaient pas des choses acceptables, Orléans n’est pas une variable d’ajustement. De leurs côtés, les discussions avec Christophe Chaillou ont été nettement plus ouvertes. »

Métropole : « Globalement, tout se passe bien »

Au-delà de l’imbroglio politique du conseil d’installation, on peut légitimement se demander, désormais, comment la Métropole d’Orléans va pouvoir fonctionner avec une alliance pour le moins baroque entre les socialistes et les élus de Serge Grouard, des Verts qui ne savent plus à quel saint se vouer et un groupe de centre-droit qui s’est solidifié la semaine dernière autour de Matthieu Schlesinger. Selon Serge Grouard, tout va pourtant très bien, madame la marquise ! « Il n’y a aucune perte de temps pour le moment, jure-t-il. Nous avons une seule structure administrative, avec un directeur général des services qui est à la fois celui de la Ville d’Orléans et celui de la Métropole. Globalement, sinon, l’ambiance est sereine. Vous savez, moi, je ne suis pas revenu pour être dans une bataille d’ego politique. Je m’en fous ! Je suis là pour faire du bon boulot, et un boulot collectif. Avec Christophe Chaillou, on se voit régulièrement, on discute. Il a remis la gouvernance en bon état. J’aime bien que les choses soient claires, et qu’on sache qui est où. Les maires de gauche sont à gauche, moi je suis aux LR, je n’ai pas été fricoter ailleurs. Le clivage droite/gauche a toujours sa pertinence, mais pourquoi ne pourrait-on pas s’entendre dans l’intérêt général ? Pourquoi une opposition systématique ? Je n’aime pas les girouettes, qui évoluent en fonction de la vitesse du vent politique. Je ne vise pas Matthieu Schlesinger, mais vous voyez bien que Macron fait ses courses ici ou là, comme un coucou. Et puis, à l’arrivée, on ne sait plus rien. La politique d’En Marche est désastreuse, c’est un mélange informe, c’est de l’opportunisme. Si Jean Castex m’appelait pour faire partie d’un Gouvernement ? Je le prendrais très mal ! »

 « Les tasers ? On réfléchit »

Pour Serge Grouard, les mesures que la Ville a prises cet été sur les bords de Loire faisaient pleinement partie du volet sécurité de son projet. Et à moyen terme, il a promis, lors de sa campagne, d’augmenter le nombre de policiers municipaux : « on va essayer de recruter sur les postes vacants, mais ce n’est pas évident : après les élections, beaucoup de maires cherchent à développer leur police municipale. Celle d’Orléans a toujours été attractive, et elle doit le rester. Il faut qu’elle soit pilotée, qu’elle sache où elle va, qu’elle se sente soutenue par ses élus. L’équiper en tasers ? On y réfléchit. Mais j’ai un autre souci : la baisse des effectifs de la Police nationale. Il y a un prisme, au ministère de l’Intérieur, qui dit qu’Orléans, c’est tranquille et que tout va bien chez nous. On a toujours pâti de cette impression fausse… Est-ce que le commissariat de La Source va être pérennisé ? Je suis intervenu, j’espère qu’il n’est plus menacé. Ce serait absurde. Maintenant, on attend la confirmation de l’État. »

Une réponse

  1. Bonjour,
    Moi je souhaiterais savoir si 2h du matin pour les fermetures de bars est elle toujours justifiée? Moi j’ai le petit Bocal dans ma rue, les distances de sécurité ne sont pas respectées les clients n’ont aucun respect du voisinage et la police municipale ne passe pas pour faire respecter la charte imposé aux gérants de bars!!! hier soir mercredi je vous dis pas le rassemblement de jeunes qu’il y avait encore à 23h. Comment voulez vous qu’on s’en sorte avec ce virus?

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