L’Hôtel du Sauvage, dans la rue de Bourgogne, est fermé depuis le 29 novembre 2019. Les raisons ? Mise en danger de la vie d’autrui et habitat insalubre. Outre la descente de police qui a donné lieu à cette fermeture administrative, l’hôtel avait déjà fait les gros titres, en juin 2019, pour avoir été la dernière demeure d’un mineur isolé de 17 ans. 

Le constat dressé lors de la descente de police et rappelé jeudi dernier à la barre fait peur : extincteurs enfermés à clefs, tableaux électriques défectueux, matelas dans les parties communes… Et, dans les sous-sols de l’annexe, une chapelle dédiée au culte de « l’église de la Montagne de feu et des miracles, une secte nigériane ». 

Des « marchands de sommeil » ?

À cela s’ajoute le témoignage d’une cliente, qui décrit la dégradation de l’établissement et son sentiment d’insécurité : « les portes n’étaient fermées que vers minuit, des gens dormaient dans les parties communes… » Si les femmes de ménage ramassaient « le gros des déchets, je n’ai jamais entendu le bruit de l’aspirateur… », a expliqué la témoin. Les épaisses fumées de cannabis ne déclenchaient pas non plus les détecteurs de fumée, comme l’ont observé des policiers municipaux venus sur les lieux, en janvier 2019, pour contrôler un tapage nocturne. 

« Quand on voit les photos, vous ne deviez pas avoir d’avis positifs sur Tripadvisor ! », a souligné la juge du Tribunal. « Ce n’était pas en bon état, on était en train de le fermer », a reconnu le gérant, indiquant qu’il n’y avait plus que « quatre chambres occupées, et on était squatté » (sic). Pourtant, l’hôtelier n’avait pas porté plainte. « C’était une erreur », a-t-il admis à la barre, reconnaissant en outre qu’il s’octroyait le rôle de gardien de nuit et qu’un de ses employés réalisait régulièrement des travaux. Pour ce qui est du lieu de culte incriminé, le gérant s’est abrité derrière le fait que la salle pouvait « accueillir 19 personnes ». Sa fille, quant à elle, s’est défendue de savoir ce qu’il se passait au Sauvage. « On essaye de les faire passer pour des marchands de sommeil », s’est plainte leur avocate. Si la procureure de la République a requis 80 000 € d’amende pour le gérant et 40 000 € pour sa fille, c’est en raison notamment de l’âge du gérant et des comptes de la société qui ne présentent pas de difficulté, mais aussi car la SARL dont L’Hôtel du Sauvage dépend a encaissé en 2019 près de 250 000 € de l’AIDAPHI, l’association en charge, avec le Conseil départemental, des mineurs isolés et jeunes majeurs hébergés dans l’établissement. Le verdict est attendu le 25 mars.

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