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Le harceleur de la rue de Bourgogne

Le harceleur de la rue de Bourgogne

Durant presque deux ans, Mourad, 54 ans, a traqué Caroline, 25 ans, employée dans un bar d’Orléans, pour la convaincre de l’épouser. La semaine dernière, il a été condamné pour harcèlement. 
L.B.
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Après son divorce en Algérie en 2013, Mourad arriva en France pour se rapprocher de ses enfants en bas âge, conçus avec son ex-femme, qui avait elle-même rejoint la France. À l’époque sans emploi et vivant des minima sociaux, il attendit 2019 pour que le juge acceptât de lui confier la garde de ses filles un week-end sur deux. En juin 2020, il se rendit dans un bar d’Orléans et trouva Caroline, la serveuse, à son goût. Dès lors, il n’eut plus qu’une idée en tête : la séduire, mais… à sa façon. Il lui déclara d’abord sa flamme par courrier, auquel il n’obtint pas de réponse satisfaisante à ces yeux. Dans une deuxième missive, il expliqua à la jeune femme qu’il s’était battu pour elle. Peine perdue : Caroline refusa toujours ses avances. Mourad envoya alors ses deux filles, 8 et 11 ans, lui faire des cadeaux et lui parler. Mais ce fut encore non. Dès lors, il ne lâcha plus sa proie, alternant filatures et espionnage, s’installant au bar d’en face ou sur un banc près du domicile de la victime, seul ou parfois accompagné…. Caroline déposa quatre plaintes. Dans l’intervalle, sa famille, ses amis et ses collègues de travail se relayèrent pour la raccompagner chez elle ou l’escorter dans sa vie quotidienne. Troubles du sommeil et cauchemars faisaient désormais partie du quotidien de la jeune femme, dont l’expertise a révélé un traumatisme profond.Ce harcèlement caractérisé franchit une autre étape en début d’année. En mars 2022, Mourad, toujours en mode filature, attrapa Caroline par la capuche sur les bords de Loire. Elle filma l’agression et lui répéta à l’envi qu’elle ne voulait pas, qu’elle ne voudrait jamais et qu’il devait s’arrêter. Pour toute réponse, Mourad affirma qu’il allait l’épouser et qu’elle ne pourrait pas s’y opposer. Caroline appela la police, qui interpella finalement le prévenu.

« J’ai dragué, c’est tout… »

Lors du procès qui s’est tenu la semaine dernière à Orléans, la présidente du Tribunal demanda à Mourad ce qu’il ne comprenait pas dans le mot « non ». « Pour moi, j’ai dragué, c’est tout, répondit-il. Elle jouait avec les yeux ! J’ai vécu deux ans dans la rue en Algérie et je n’ai jamais harcelé mon ex-femme. Je ne comprends pas « harcèlement », je viens d’Algérie, je ne sais pas comment marche la loi en France. » L’avocat de Caroline a de son côté invoqué la « toute-puissance du prédateur ». Le tribunal a finalement condamné Mourad à six mois de prison ferme avec un sursis probatoire de deux ans.

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