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Le nanard à l’honneur
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Le nanard à l’honneur

Le nanard à l’honneur

À Orléans, l’association Nanani-Nananard, née en 2018, en pince pour les mauvais films, nanards ou autres navets. Ce vendredi, elle organise même une projection d’un des musts du genre, le méconnu Deadly Prey, au Jardin de la Charpenterie. Si vous voulez rigoler un coup avant la rentrée, c’est par ici que ça se passe.
Benjamin Vasset
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Les Guerriers du Bronx, Gymkata, Star Crash, La Revanche de Samson… Ces noms de films ne diront probablement à celles et ceux qui ont l’habitude d’user leurs culottes dans les salles d’art et d’essai. Il est peu probable, également, que vous ayez pu les déguster en famille, un dimanche soir d’automne, sur une chaîne grand public. Et pour cause : ces « œuvres » sont autant de nanards auxquels certains passionnés vouent une tendresse infinie. Acteurs inexpressifs, dialogues indigestes, réalisation bâclée… : ils représentent la quintessence de ce que le 7e art, notamment des années 80, a pu offrir de pire. Le paradoxe du nanard, développe Clément Seigneuret, président de l’association orléanaise Nanani-Nananard, repose sur un paradigme de base : « Il y a au départ, chez ceux qui en sont à l’origine, l’intention de faire un bon film. Mais pour X ou Y raisons, principalement d’ordre budgétaire, cela finit par un très mauvais film. » Avec en plus, cerise sur la bouse, des doublages français effectués dans des arrière-cuisines, avec un son désastreux et des acteurs à côté de la plaque. Bref, on atteint en fin de compte des summums de médiocrité qui, regardés au deuxième ou au troisième degré, finissent par faire rire aux éclats. Il existe ainsi en France un vrai public de ces chefs-d’œuvre à l’envers, symbolisés par le site Internet Nanarland, qui les recense et les classifie. Un travail de Romain, tant les navets ont poussé à un rythme industriel dans les années 80-90. 

À Orléans, l’association Nanani-Nananard regroupe des passionnés du genre. Histoire de donner un écho plus large à ces catastrophes artistiques, elle a même organisé, il y a deux ans, une projection au Jardin de la Charpenterie dans le cadre des animations de Loire. Rebelote ce vendredi, avec la présentation du méconnu Deadly Prey, un sous-Chuck Norris où on se massacre dans tous les sens autour d’un scénario affligeant. Nanani-Nananard, qui ambitionne de mettre sur pied cinq à six projections par an dans la métropole orléanaise, n’a pas encore bouclé son programme post-27 août. L’association, qui n’a pas des moyens illimités, reste prudente dans le contexte sanitaire que nous connaissons. D’autre part, elle explique qu’il n’est pas toujours simple de remonter aux ayants droit des nanards en capacité d’être projetés. En attendant, on se satisfera de cette séance aoutienne de « cinéma » en plein air, qui permettra de partager un bon moment sans se prendre au sérieux. Et si jamais d’autres amateurs existent dans l’agglomération, peut-être qu’un jour, un festival international du nanard sera créé à Orléans… Voilà qui ferait assurément « rayonner » la cité johannique sur le plan culturel et ravirait certainement les élus !

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