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Le spectacle vivant ressuscité !

Le spectacle vivant ressuscité !

Durant tout le mois de mars – et dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes –, France Bleu Orléans diffuse quatre mini-concerts d’artistes orléanaises captés au domicile de particuliers. Une bulle d’air pour les musiciennes qui se sont produites, mais aussi pour les accueillants ayant participé à ces moments… hors du temps..
Benjamin Vasset
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Au bout du fil, Liz Van Deuq n’a pas la grosse pêche. « Comment je me sens ? Comme un restaurant fermé… », plaisante-t-elle. Cette chanteuse orléanaise est l’une des quatre artistes que France Bleu Orléans a sélectionnées dans le cadre d’une série de mini-concerts organisés au domicile de particuliers. Des concerts d’une grosse trentaine de minutes, dans les conditions du direct, dont les prochaines diffusions sont programmées les 15, 22 et 29 mars sur les antennes de la radio. L’idée de ces spectacles émane de Jean-Luc Vibet, le responsable des programmes de France Bleu Orléans. La Journée internationale des droits des femmes était pour lui l’occasion rêvée de mettre en avant des parcours de femmes (voir encadré) sur un temps plus long que sur le seul 8 mars. Et comme, depuis un an ou presque, les salles de concerts sont fermées, il lui est apparu judicieux d’allier, si l’on peut dire, l’utile à l’agréable… « À travers cette opération, nous voulions dire : « Le concert vient à vous « . De plus, on constate que malheureusement, il y a moins de femmes que d’hommes qui se produisent en concert. C’est comme ça, et ce n’est pas normal. Avec ces concerts, on a essayé de rééquilibrer un peu les choses… Ce fut un peu lourd à organiser, mais c’était, au final, un vrai bonheur. » Un bonheur pour les artistes, aussi, privées d’une partie de leur raison d’être depuis de (trop) longs mois. Jean-Luc Vibet raconte : « Une chanteuse m’a dit : « Rien que le fait, de pouvoir répéter, ça me rend heureuse . » »

Le « souffle coupé »

Liz Van Deuq considère que le concert auquel elle a participé fut une sorte de « bouée de sauvetage ». Cette « chanteuse à textes », comme on dit usuellement, ne cache pas qu’elle souffre énormément de la situation actuelle. « L’étiquetage « non-essentiel » m’a blessée, indique-t-elle. Aujourd’hui, je me sens en suspens, j’ai comme le souffle coupé. C’est très particulier de voir les autres travailler et d’être soi-même à l’arrêt. Il y a son lot de culpabilité à traîner. » La chanteuse, qui a un peu joué en visio pour des proches pendant le premier confinement, avoue aujourd’hui ne plus avoir l’énergie pour reproduire les mêmes efforts. « Bien sûr, pendant cet arrêt, j’ai pu me poser pour écrire un peu, raconte-t-elle. Mais cette période n’a pas non plus transcendé ma création. Même si je mange encore à ma faim, tout ce qui a trait aux plaisirs est court-circuité. Je ne vais pas vivre éternellement des réseaux sociaux pour diffuser ma musique. » D’ailleurs, dans son agenda 2021, Liz Van Deuq n’a pour l’instant qu’un concert de programmé, dans le Lot, en juillet prochain. Le reste est à l’avenant. « On aurait aimé un calendrier un peu plus précis pour la reprise, précise-t-elle. Je pense aussi qu’on pourrait être « utilisé » un peu plus souvent, par exemple dans les hôpitaux. Ma colère n’est pas tout à fait apaisée. »

« Une petite colère »

Dans ce contexte assez sombre, donner un concert fut pour Liz Van Deuq « un cadeau » ; la preuve qu’au « milieu du tumulte, on peut voir des étoiles dans ce ciel tout noir… ». Cependant, elle garde aussi dans la bouche comme un goût de trop peu. « J’ai eu l’impression que 90 % des gens du public étaient absents… », dit-elle. Cette impression, Isabelle, qui accueillait son concert, la reprend à son compte. « Je n’ai pas eu le sentiment d’être un public qui contentait totalement l’artiste », analyse-t-elle. Elle a pourtant adoré le contenu du spectacle. « Nous avons eu le sentiment d’être privilégiés », abonde-t-elle.

Cette Orléanaise fait partie de ces Français pour qui la fermeture des lieux culturels est un vrai crève-cœur. Familière des « petites » salles de concert, elle accueillait régulièrement, dans le monde d’avant, des artistes payés au chapeau qui venaient jouer chez elle dans le cadre de « Dimanche Itinérants Musicaux ». Alors, pour Isabelle, faire partie des quatre personnes sélectionnées par France Bleu Orléans pour recevoir un concert avait un sens, un vrai. « Selon moi, on envoie le message que le public et les artistes doivent un jour se rencontrer de nouveau », dit-elle. Professionnelle de santé dans le civil, elle va même plus loin : « Il serait grand temps qu’on applique des mesures pour que la vie reprenne sans mettre en danger les gens, à condition évidemment d’être masqués et de disposer d’une aération convenable. Techniquement, les salles ont eu le temps de s’adapter. Pour tout vous dire, je ressens une petite colère. Nous n’avons pas à renoncer à la culture ; nous avons besoin d’artistes qui donnent un point de vue et qui s’expriment. C’est de projet de société dont on parle ! »

En attendant que de nouvelles décisions soient prises par le Gouvernement, France Bleu Orléans réfléchit, elle, à étendre le concept de ses concerts à domicile bien au-delà du mois de mars. D’ici là, les mélomanes locaux pourront découvrir ou redécouvrir durant tout le mois, sur les ondes et les supports numériques de France Bleu Orléans, les chansons de Liz Van Deuq, Anita Farmine, Ivaanyh et Eléonore, les quatre artistes orléanaises qui ont participé à cette opération salutaire.

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